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LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE
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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
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Veolia attaque Water makes money !
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Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
Les nouveaux chiens de garde sera disponible dès le 4 décembre (en HD) : venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges. 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD. Vous pouve...

LA PIROGUE

(Trente destins, un même rêve) Moussa TOURÉ - Sénégal 2012 1h27mn VOSTF - avec Souleymane Seye Ndiaye, Laïty Fall, Malamine Dramé, Balla Diarra... Scénario d’Abasse Ndione, Eric Névé et David Bouchet.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA PIROGUEParmi les mille et une merveilles qui enchantent le visiteur découvrant les rivages du Sénégal, le pays de la Teranga (« l’hospitalité » en wolof, et pour nombre de Sénégalais ce n’est pas un vain mot), il y a, sur toutes les plages, ces pirogues élancées et chamarrées aussi typiques du pays et colorées que peuvent l’être les camions multicolores du Pakistan ou les taxis jaunes à New York. Des pirogues qui furent longtemps l’outil de travail pour une des activités principales du pays, la pêche – qui apporte le célèbre thiep, base alimentaire du Sénégalais du littoral. Mais voilà, à cause de la surpêche, faute aussi à la concurrence déloyale des surplus alimentaires déversés à bas prix par les agricultures européennes sur les marchés africains, la mer ne nourrit plus ses enfants.
Et désormais la pirogue, de tous temps source de vie, est devenu instrument de la fuite pour de nombreux jeunes Sénégalais sans avenir, et souvent même synonyme de mort. Le moyen de rejoindre les Canaries espagnoles qui paraissent – faussement – si proches, au risque d’y perdre la vie, en cas de panne de moteur ou de trop grosse tempête, ou même de piraterie. Baye Laye est le capitaine d’une de ces pirogues. Il se refuse depuis longtemps à faire ce dangereux voyage, tentant coûte que coûte de faire vivre sa famille en restant au pays, mais la pression se fait de plus en plus forte autour de lui et il finit par accepter de prendre une trentaine d’hommes pour ce périple vers l’Europe tant espérée.

Le réalisateur sénégalais Moussa Touré, qui voulait rendre tous les aspects dramatiques et complexes de cette émigration désespérée dans laquelle se jettent de nombreux jeunes de son pays, a choisi le parti pris, radical mais extrêmement fort et efficace, d’un huis clos étouffant à bord de la pirogue, un huis clos d’autant plus étonnant qu’il se déroule au beau milieu de l’océan, immense, sans fin.
Le temps de cette périlleuse traversée, les malheureux voyageurs vont subir le soleil implacable, puis la tempête, enfin la panne et avec elle, la faim et la soif. Au fil du périple, les comportements vont évidemment s’exprimer dans leur vérité crue, entre égoïsme et solidarité, entre courage et folie. C’est ainsi que vont s’affirmer des personnages très différents mais que la succession des épreuves va rapprocher. Différents par l’ethnie : sur le bateau se côtoient Toucouleurs spiritualistes, Wolofs plus individualistes, Guinéens n’ayant jamais affronté la mer. Différents par leurs aspirations : il y a ceux qui veulent simplement faire survivre leur famille, d’autres rêvent d’un avenir glorieux de musiciens en Europe, d’autres aspirent aux études, d’autres encore veulent rejoindre leurs proches… Et puis il y a le passeur qui ne pense qu’à accumuler de l’argent sur le dos de ses concitoyens mais que le réalisateur a l’intelligence de ne pas totalement condamner. On s’arrête aussi sur cette femme passagère clandestine que certains veulent rejeter à la mer…
Et puis, la durée de la traversée aidant, il y a les discussions passionnantes entre les candidats à l’exil, certains finissant par se demander si le jeu en vaut la chandelle. L’Eldorado tant fantasmé n’est peut-être qu’un mirage, un leurre… En contrepoint il y a ce personnage qui, épinglant le discours de Sarkozy à Dakar, nous dit : « Je suis un homme africain qui a décidé d’entrer dans l’histoire ».

Alors, dans une filmographie africaine devenue malheureusement exsangue faute de financements, saluons avec enthousiasme le film émouvant et brillant – mise en scène tendue, photo magnifique, acteurs impeccables – de Moussa Touré qui éclaire d’un regard nouveau l’exil des jeunes Africains, et qui est accessoirement une réponse cinglante et pleine de panache au mépris de notre ancien président.