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UNE FAMILLE RESPECTABLE

Écrit et réalisé par Massoud BAKHSHI - Iran 2012 1h30mn VOSTF - avec Babak Hamidian, Mehrdad Sedighian, Ahoo Kheradmand, Mehran Ahmadi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE FAMILLE RESPECTABLEC’est à la fois un thriller psychologique prenant et une plongée fascinante dans l’absurdité d’un pays miné par ses contradictions, son passé non assumé, une corruption qui gangrène tous les étages de la société. C'est cette réalité que découvre, avec les yeux d’un candide horrifié, Arash, jeune universitaire qui vit depuis plus de vingt ans en Occident où il a fait ses études et qui est revenu à Chiraz, loin de Téhéran, pour soutenir sa mère tandis que son père se meurt et pour donner des cours à la fac.
Arash se heurte à la difficulté d’enseigner dans un pays où l’on ne peut pas utiliser n’importe quel texte, beaucoup étant censurés, où l’on ne peut pas aborder l’histoire iranienne de n’importe quelle façon, les censeurs veillant là encore au grain. Il affronte aussi une histoire familiale compliquée. Sa mère a quitté depuis longtemps son père qui menait une double vie avec une autre femme et un autre enfant, un père à qui son épouse n’a jamais pardonné la mort de son fils cadet, tombé en martyr lors de la guerre Iran/Irak, poussé par son père à s'engager. Le père est donc mourant et, rongé par le remords, il a décidé de léguer à son ex-femme et à Arash sa fortune, en grande partie constituée de l’indemnité de guerre de son fils défunt. Mais la mère refuse obstinément cet argent souillé selon elle par le sang de son cadet. Arash rencontre alors son demi-frère Jafar, devenu un homme d’affaires redoutable, son épouse Zoreh, ancienne compagne de jeux d’enfance d’Arash et devenue depuis une femme très pieuse, obsédée par la pureté, et enfin son neveu Hamed qui semble vouloir l'aider dans toutes ses démarches et réconcilier l’ensemble de la famille.

Mais tous ces gens ont ils de si bonnes intentions envers Arash ? Comment expliquer le meurtre mystérieux du notaire de famille ? Pourquoi Zoreh semble -t-elle détester son fils, nettoyant tout derrière lui de manière compulsive ? Pourquoi Hamed est-il si empressé de l’aider dans ses démarches pour obtenir son passeport qui lui permettra de revenir en France ?
Massoud Bakhshi sait parfaitement distiller l’ambiance délétère qui s’installe au cœur de la famille. Il décrit bien le cheminement d’Arash qui, arrivé pour repartir le plus vite possible, découvre peu à peu, avec inquiétude mais aussi avec passion, la violence et la complexité de la société iranienne dont il avait peu d’idées en tant qu’Iranien de l’étranger et dont il comprend peu à peu qu’elle est aussi sienne. Le réalisateur installe son personnage via des flashbacks intelligemment répartis dans ce passé cruel, cette enfance puis cette adolescence passées durant la guerre Iran/Irak qui prit à chaque famille son lot de martyrs. Une guerre qui marqua irrémédiablement toute une génération, celle justement de Massoud Bakhshi.
Une autre force du film est la place qu’il réserve aux femmes. Alors que les hommes sont souvent des lâches, des salauds ou des victimes plus ou moins résignées, les femmes sont là et bien là, figures de la résistance : la mère d’Arash, bloc de dignité et de ténacité que l’argent ne peut corrompre, Zoreh, qui s’est réfugiée dans la piété pour refuser d’être complice de l’avidité et de la duplicité de ses proches, et même la jeune Hoda, nièce d’Arash, qui représente le pendant positif d’Hamed, une jeunesse qui aspire à la vie et à l’ouverture. Et c’est bien vers cette ouverture que se tourne peu à peu Arash, et le film, parti pour être sombre, devient au final porteur d’un bel espoir…