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LA GAZETTE UTOPIA - N°286 ( du 23 janvier au 26 février 2019) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA - N°28 ( du 12 décembre 2018 au 22 janvier 2019) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA - N°284 ( du 31 octobre au 11 décembre 2018) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA - N°283 ( du 26 septembre au 30 octobre 2018) À TÉLÉCHARGER
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« 19èmes journées nationales des prisons »MARDI 27 NOVEMBRE à 20h30 à UTOPIA Saint-Ouen: Séance exceptionnelle organisée et animée par le groupe local Concertation Prison Précédée de la diffusion du court métrage « Bleu Ciel » réalisé par Agnès Caffier dans le cadre du dispositif Culture et Prison et d’un projet mené avec l’Abbaye de Maubuisson et des détenus de la Maison d’Arrêt du Val d’Oise d’Osny, et en présence de Agnès Caffier et d’anciens détenus partie prenante du projet.

LE DÉMÉNAGEMENT

Catherine RECHARD - documentaire France 2012 54mn - avec les détenus de la Maison d’arrêt de Rennes... Musique des Têtes Raides.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE DÉMÉNAGEMENTQuand on habite à deux dans moins de 9m2, c’est sûr que le moindre détail a son importance et en premier lieu la largeur de la fenêtre, son point de vue, seule ouverture vers le monde extérieur. Evidemment vous aurez compris que l’on parle de la prison, de la zonzon, du trou, du gnouf. En l’occurrence nous sommes à la Maison d’arrêt Jacques Cartier de Rennes, un endroit où la vie et ses rituels sont chronométrés, millimétrés, et s’écoulent jour après jour, aujourd’hui pareil à hier et à demain. Mais ces prisonniers s’apprêtent à vivre un bouleversement : tout le monde va déménager ! Adieu la vieille prison aux murs de brique un chouïa vétuste qui rappelle les pénitenciers du 19ème siècle avec ses coursives sinistres et ses filets de protection. Direction un établissement flambant neuf en périphérie, bâtiment coloré avec douche dans chaque cellule et optimisation de l’espace.
Catherine Réchard a filmé ce changement fondamental dans la vie des détenus, elle est allée à leur rencontre mais aussi à celle du personnel pénitentiaire. Elle écoute les prisonniers raconter de manière parfois bouleversante les petites choses qui les font tenir et leur angoisse face au changement. L’un raconte comment dans sa vieille prison du centre ville il a pris l’habitude de dire bonjour à une inconnue dans un immeuble en face qui lui rend son salut, ce petit rien égayant sa journée.

La fenêtre, c’est aussi le moyen pour les détenus de s’envoyer via le « yoyo » des petites choses qu’ils s’échangent (café, cigarettes, sucre…) Alors bien sûr la future prison sera bien plus confortable et permettra à chacun plus d’intimité mais les grillages sécurisés en forme d’alvéole aux fenêtres limiteront terriblement la vision sur l’extérieur. Et puis l’ancienne prison à petite échelle, avec son bâtiment central, permet une relative libre circulation des détenus et un contact privilégié avec les gardiens. Alors que la nouvelle prison immense, aux ailes éloignées les unes des autres, oblige à une circulation très complexe et ultra-sécurisée qui amènera les détenus à rester la plupart du temps dans leur cellule, le personnel pénitentiaire reconnaissant lui-même que les contacts avec les prisonniers seront restreints.
Et derrière les angoisses légitimes des prisonniers et du personnel, se dégage une vision nouvelle assez terrifiante du système carcéral : celle d’un tout sécuritaire, où la dimension humaine disparait, où le prisonnier doit être avant tout canalisé (éventuellement par la camisole chimique) et dans une bien moindre mesure réinséré. Un système qui fait la part belle à la privatisation.

Nous sommes d’autant plus fier de présenter ce documentaire éclairant qu’il fut victime de la pression de l’administration pénitentiaire qui exigeait le floutage des détenus qui avaient pourtant souhaité apparaitre à visage découvert, mais aussi de la lâcheté de France Télévisions qui laissa le film sur les étagères.