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LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE
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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

Veolia attaque Water makes money !
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Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
Les nouveaux chiens de garde sera disponible dès le 4 décembre (en HD) : venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges. 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD. Vous pouve...

PAPERBOY

Lee Daniels - USA 2012 1h48mn VOSTF - Avec Zac Efron, Matthew McConaughey, Nicole Kidman, John Cusack... Scénario de Lee Daniels et Pete Dexter d’après son roman éponyme disponible en Point poche.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PAPERBOYLe film est né du rapprochement de deux auteurs et de deux univers. Il était probable que la collaboration de Lee Daniels, auteur doublement oscarisé, que nous avons découvert avec le très déroutant Precious, et l’auteur de romans noirs Pete Dexter, déja adapté au cinéma avec Rage (1991 avec Dennis Hopper et Ed Harris) ou à la télévision avec la série Deadwood, n’allait laisser personne indifférent. On peut sans doute expliquer le scepticisme de certains critiques par le fait que peu d’entre eux ont lu le bouquin de Dexter dont est tiré le film. Pourtant rarement une adaptation n’avait rendu ainsi l’atmosphère et la couleur d’une écriture. Ou peut-être Cronenberg quand il adaptait Crash. Une autre œuvre sombre, sensuelle et dérangeante. Mais la comparaison s’arrête là, autant Crash était froid et minéral, autant Paperboy est chaud, intense et résolument animal. Le metteur en scène nous invite à une promenade nonchalante dans la Floride profonde de la fin des années 60. Ward Jensen (Matthew McConaughey), journaliste au « Miami Times » en mal d’adrénaline professionnelle, revient dans sa petite ville natale pour enquêter sur le meurtre d’un shérif, prétendument assassiné par un chasseur d’alligators vivant dans les marais putrides du coin (John Cusack). Sur place, Ward retrouve son jeune frère Jack (Zac Efron), rongé par ses frustrations érotiques, et l’invraisemblable Charlotte (Nicole Kidman), qui entretient une correspondance sentimentalo-pornographique avec le présumé meurtrier, menacé par la chaise électrique.

Sur cet argument, Lee Daniels, très loin des figures imposées du film judiciaire, trousse une chronique poisseuse, décalée et cocasse où il se passionne pour ses protagonistes, tous barrés, et tire en passant un portrait acerbe et amusé de l’Amérique de l’époque, embarrassée par le racisme et ce que l’on n’appelait pas encore le « politiquement correct ». Lee Daniels s’intéresse surtout aux désirs de ses personnages. Aux désirs charnels évidemment, le film charrie avec lui une tension érotique permanente, mais aussi aux désirs sociaux et politiques de chacun des protagonistes. Le film, avec ses outrances assumées, tire le meilleur profit de ses acteurs et a la bonne idée de ne pas en rajouter côté « performances », mention spéciale à Nicole Kidman, qui incarne avec une relative sobriété son héroïne sur-maquillée qui pense avant tout avec son cul.

Au final, Paperboy ne se résume pas uniquement à son intrigue, mais dresse le portrait haut en couleurs d’une société au sortir des années 60, après l’avènement des droit civiques, peinant à éliminer les scories d’un racisme culturel qui avait pignon sur rue, et celui d’individus qui découvraient une sexualité débridée. Le film par sa singularité et sa bizarrerie peuvent séduire ou désarçonner mais en aucun cas ne vous laissera de marbre. Entre Tennessee Williams et John Waters, entre film noir, comédie trash et thriller,  Paperboy est un vrai plaisir de cinoche comme peu d’auteurs osent nous en offrir.