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BLANCA NIEVES

Pablo Berger - Espagne 2012 1h44mn VOSTF - Avec Maribel Verdu, Macarena Garcia, Angela Molina, Daniel Gimenez Cacho... Scénario de Pablo Berger d’aprés le conte des frères Grimm.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BLANCA NIEVESSud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/ Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

Des trois versions de Blanche-Neige tournées l’année dernière, celle-ci est de loin la plus inventive, la plus audacieuse et la plus exaltante. La plus risquée aussi puisqu’il s’agit d’un film muet en noir et blanc. Mais contrairement à The Artist, qui revisitait cette forme d’expression avec respect et application, le film de Pablo Berger la revisite avec un dynamisme extraordinaire, tant par le récit, qui nous mène de surprise en ébahissements, que par la forme, extrêmement forte et maîtrisée. Bien que située au début du xxe siècle, cette transposition du conte des frères Grimm a des connotations très modernes.

Alors qu’une série de hasards amène Carmen/Blanche-Neige à affronter des taureaux dans l’arène, elle assume l’héritage de son père et contribue à redéfinir le rôle de la femme dans la société espagnole. C’est non seulement un défi à une tradition machiste, mais également au pouvoir corrompu qu’incarne la marâtre (Meribel Verdù, incroyable) dont les penchants SM et le narcissisme exacerbé résonnent de manière très contemporaine. Le cinéaste espagnol a manifestement assimilé les enseignements des grands maîtres de l’expressionisme (Lang, Murnau), tout en empruntant des éléments à Bunuel et à Browning lors des incursions dans le monde du spectacle, peuplé de ces inévitables Freaks.
Muni de sa grille de motifs formels et thématiques, Pablo Berger détoure ce qui, à partir du conte, construit un imaginaire autre, tour à tour plus naïf ou plus sombre, tout d’un coup décollé de la figure éthérée et archétypale de la Blanche-Neige des livres d’enfants, pour s’incarner dans les yeux sombres de Macarena García. Il est plaisant de retrouver le parcours du conte – et les petites trahisons qui lui sont faites –, le cinéaste parsemant le récit de ses artefacts indispensables, parmi lesquels nains et pomme empoisonnée. De la trame originale, Berger choisit de faire ressortir avec violence le caractère œdipien, à travers un père à la fois faible, bon et éminemment désirable, dont « Blanche-Neige » ne peut bien entendu qu’être séparée.

Mais c’est dans ses parties d’écriture libre que le film se révèle pourtant le plus proche de la poésie qu’il entend faire naître : les premières années de « Blanche-Neige », sur laquelle repose toute la première partie du film, est une peinture miniature de sensations, de matières et de rythmes associés à l’enfance. Le canevas du conte est ici moins pesant, et accorde aux personnages l’espace dont ils ont besoin pour réellement exister.
Beau et cruel jusqu’à la dernière larme, ce conte de fée sorti de nulle part est l’une des très bonnes surprises de ce début d’année.