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LA GAZETTE UTOPIA - N°275 ( DU 1ER NOVEMBRE AU 12 DÉCEMBRE 2017) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA - N°274 ( DU 27 SEPTEMBRE AU 31 OCTOBRE 2017) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA DE RENTRÉE - N°273 ( DU 16 AOÛT AU 26 SEPTEMBRE 2017) À TÉLÉCHARGER
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LA GAZETTE UTOPIA 272 ( DU 21 JUIN AU 1ER AOÛT 2017) À TÉLÉCHARGER
Couv-272.jpg, juin 2017 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 272 ( DU 21 JUIN AU 1ER AOÛT 2017) À TÉLÉCHARGER...

Avant-première exceptionnelle le lundi 8 mai à 20h30 à St-Ouen l'Aumône suivie d'une rencontre avec le jeune réalisateur russe Andreï Zaïtsev
et précédée à partir de 19h30 d'un petit apéritif russe surprise en participation libre.

14 ANS, PREMIER AMOUR

Écrit et réalisé par Andreï ZAÏTSEV - Russie 2016 1h46mn VOSTF - avec Gleb Kalyuzhny, Ulyana Vaskovich, Olga Ozollapinya, Alexey Filimonov...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

14 ANS, PREMIER AMOURAlex a une petite gueule d'ange et l'air de se foutre de tout. Il promène, mains dans les poches et nez au vent, l'inconsciente naïveté du gars pas tout à fait sorti de l'enfance mais de toute évidence pas non plus totalement entré dans le soit-disant « bel âge », bien pénible en vérité, de l'adolescence rebelle et torturée. Alex a quatorze ans, Alex va au lycée, Alex vit seul avec sa mère, Alex est un gentil garçon. Alex aime encore les jouets mais maîtrise l'art de bricoler son ordinateur. Alex trompe son ennui en surfant sur les réseaux sociaux, écoute très fort de la musique dans son casque, dessine dans les marges de ses livres pendant les cours, se désintéresse résolument du monde auquel les adultes le préparent. Après le lycée, Alex traîne parfois ses guêtres en ville, en (petite) bande, avec deux-trois copains. Alex voudrait bien faire plus que son âge, être plus assuré et mieux considéré, mais se retranche confortablement derrière l'écran de son smartphone pour observer, anonyme, le monde qui l'attire et qui l'effraie. Mais il va bien falloir se bouger. Il y a des signes.

D'abord, sa mère, qui pourtant s'efforce de ne pas trop le voir grandir (de peur de se voir vieillir), tente une approche d'une subtilité rare en lui fourguant un livre du genre « la sexualité pour les nuls », illustré pour les nuls, aussi. Et il y a Vika. Qui étudie dans un autre lycée de la ville – un lycée « ennemi », avec lequel, entre costauds, s'organisent à l'occasion des règlements de comptes musclés. Vika qui traîne, elle aussi, avec ses copines, dans les mêmes quartiers, les mêmes terrains vagues. Vika et sa frange, sa frimousse, son regard en coin, son sourire éclatant ou sa moue boudeuse. Vika qui, son profil en ligne en fait foi, n'a pas d'amoureux. Elle serait, avec ses copines, « chasse gardée » des petits durs de sa cité. Vika qui obnubile tellement Alex. Oui, il va bien falloir se bouger.
Mon dieu que ça fait du bien ! Une incursion, tout en finesse, dans les premiers émois – maladroits, attendrissants – de deux ados. Pour peu qu'on soit en plein dedans (ou pas bien loin), ou qu'on ait gardé quelque chose de ces années-là, c'est un très chouette miroir universel qui nous est tendu. De la douceur, de l'innocence – mais aussi l'apprentissage de la douleur (bah oui, on peut se prendre une dérouillée par amour, ça fait mal mais ça se soigne), c'est un peu le premier pied que l'on met dans l'âge adulte. Avec la certitude de tout réinventer et la ferme intention, en tous cas, de ne jamais reproduire les âneries de ces crétins d'adultes tous fatigués, tous plus ou moins blasés. Surtout ceux qu'on a sous la main, les profs et, évidemment, les parents.

Oubliés les tristes aperçus sur la Russie moderne, la violence endémique, la désespérance urbaine, les ravages de l'alcool. L'ouverture du film, un générique au rythme enlevé sur une théorie de façades de grands ensembles impersonnels, a plus des airs de comédie italienne que de sombre drame social russe. Andreï Zaïtsev, affichant un rare talent d'équilibriste, parvient à amuser, émouvoir, faire trembler sans jamais, à aucun moment, verser dans la mièvrerie. C'est qu'il la dessine avec une fraîcheur revigorante, accompagnée par une B.O. éclectique et énergisante, mais aussi avec infiniment de sérieux, cette belle chronique adolescente. Sans hauteur, sans jugement – sans idéalisation excessive non plus – il nous entraîne avec ses jeunes héros dans les méandres familiers d'une éducation sentimentale à l'heure d'internet, de la 4G et de la communication instantanée. Et la seule certitude que l'on puisse en tirer, c'est que, définitivement, de ce côté-là, qu'importent les révolutions, sociétales ou technologiques, rien ne change jamais vraiment : on n'est pas trop sérieux, quand on a quatorze ans.