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LA GAZETTE UTOPIA DE RENTRÉE - N°273 ( DU 16 AOÛT AU 26 SEPTEMBRE 2017) À TÉLÉCHARGER
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PSICONAUTAS

(Psiconautas, los ninõs olvidados) Écrit et réalisé par Alberto VASQUEZ et Pedro RIVERO - film d'animation Espagne 2016 1h15mn VOSTF - D'après le roman graphique d'Alberto Vasquez. PAS DU TOUT POUR LES ENFANTS.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PSICONAUTASSur une île ravagée par une catastrophe écologique, les habitants tentent de survivre vaille que vaille ; les adultes veules ou malades en niant la réalité, leurs enfants en rêvant de s'enfuir par tous les moyens, fussent les plus dangereux. Birdboy s'envole à tire d'aile dans les paradis artificiels quand sa meilleure amie Dinky entreprend une quête périlleuse dans les zones dévastées, à la recherche d'une embarcation pour mettre les voiles vers de plus vertes prairies. Mais partout le danger rôde, et plus pernicieuse encore, la désolation, qui transit les cœurs et dévore les espoirs…
Rien n'est plus difficile que d'avoir les mots juste pour bien parler de poésie, et Psiconautas, tout à la fois fable dystopique sur notre monde finissant et portrait de la génération qui en hérite, en est un exemple chimiquement pur : un poème d'une beauté poignante, dont le résumé de l'intrigue ne donne aucune idée des merveilles qu'il recèle.

A la croisée des chemins entre le conte (les personnages sont des animaux anthropomorphiques : Birdboy un oiseau, Dinky une souris, leurs amis une lapine possédée par un démon et un cochon trafiquant de drogues : ce sont eux, les psychonautes, ces « enfants perdus » du titre original, dont le récit choral nous parle à mots couverts de notre propre monde.) et le film post-apocalyptique (on en retrouve les principaux tropes : l'isolation, la fin du monde, les luttes entre clans, la dégénérescence et la violence), Psiconautas invente sa propre forme en y instillant une mélancolie traversée de fulgurances visuelles au service d'un récit complexe et psychologiquement profond, qui évoque tour à tour les questions de la filiation, des responsabilités qui échoient aux générations futures et à l'impossibilité d'y faire face, aux antipodes du tout-venant de la production « mainstream » qui caresse le public dans le sens du poil, surtout quand il est question de films d'animation, par essence destinés à un jeune public (enfin, dans l'esprit de la plupart des producteurs et, soyons juste, dans celui de beaucoup de spectateurs).
Psiconautas est rugueux, âpre et désespéré, à l'image de son personnage le plus emblématique, Birdboy, l'oiseau mutique au regard vide qui gobe des cachets dans l'espoir de fuir le passé et sa destinée christique, aux risque de libérer ses démons intérieurs ; à l'image aussi de son parti-pris esthétique, refusant la facilité de l'animation numérique au profit d'un dessin crayonné tantôt monochrome, charbonneux, tantôt pétant de couleurs, qui vous happe et vous entraîne dans des hallucinations cauchemardesques dont ous sortirez encore moins indemne si vous gardez à l'esprit que cette île est notre monde, celui que nous avons bâti et détruit, et qu'il n'en existe pas d'autres.

Si certains ont évoqué à l'occasion d'une projection dans les festivals où ce film a concouru (et remporté de nombreux prix) les influences de Lewis Carrol et Guillermo Del Toro, j'y retrouve pour ma part davantage celle d'un Dali, et surtout celle encore plus espagnole d'un Goya, pour ne pas mentionner le « climax » du film qui m'évoque implacablement le Guernica de Picasso, rien que ça ! Psiconautas est un chef d’œuvre à marquer d'une pierre blanche, et si vous ne me croyez pas, tentez l'expérience, croyez-moi on en reparlera !