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Avant-première exceptionnelle le lundi 18 septembre à 20h30 À Utopia St-Ouen l'Aumône suivie d'une rencontre avec le réalisateur iranien Mehrdad Oskouei
avec le soutien d'Amnesty International

DES RÊVES SANS ÉTOILES

Mehrdad OSKOUEI - documentaire Iran 2016 1h18mn VOSTF - avec les filles formidables du centre de détention et de réhabilitation pour mineures de Téhéran... Prix Amnesty International, Festival de Berlin 2016 • Prix Nanook, Festival Jean Rouch 2016.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DES RÊVES SANS ÉTOILES« Prénom : sans abri / Nom : personne / Prénom de la mère : gare à toi / Nom du père : supplice / Chef d’Accusation : être née / Peine : vivre /Adresse : rue du vagabond / Numéro : inconnu, voilà le journal de ma misérable vie. » (Complainte d’une des pensionnaires)

Jamais vous n’oublierez les regards tristes, et pourtant vifs et plein d’espoir, de ces jeunes filles incroyablement intelligentes, lucides, émouvantes, qui vous retourneront jusqu’au plus profond votre petit cœur même si vous vous croyiez relativement insensibles. Ces jeunes filles encore mineures sont toutes les pensionnaires – forcées, est-il besoin de le préciser – d’un des centres de détention et de réhabilitation pour mineures de Téhéran et il fallu au documentariste Mehrdad Oskouei pas moins de 7 ans de démarches pour parvenir à faire entrer sa caméra dans cet établissement très fermé où vient s’échouer toute une misère que voudrait bien méconnaître le Régime iranien. Une dizaine de jeunes filles sont là, dans un dortoir unique, partageant chaque instant de vie, échangeant les secrets de leur lourd passé, libérant leur rage contre ceux qui les ont fait tant souffrir et qui très souvent les ont conduites là, mais aussi s’épaulant dans l’adversité, évoquant leurs espoirs et leurs craintes de ce qu’elles pourront découvrir dehors.

Le film commence par les témoignages saisissants des jeunes filles sur les circonstances qui les ont amenées dans le centre et on imagine le travail incroyable accompli par le réalisateur pour gagner leur confiance. On découvre ainsi toute une face cachée de la société iranienne et de ses laissés pour compte dont les filles sont la part la plus fragilisée. Il est question ici de parents toxicomanes et délinquants, entraînant dans leur misère et leurs excès ses toutes jeunes filles, dont certaines ont été contraintes, à peine sorties de l’enfance, aux braquages, à la prostitution, et dont beaucoup ont été en outre victimes des abus et des violences des hommes de la famille. Une anecdote de tournage résume à elle seule la situation : croyant dans un premier temps devoir trouver en tant qu’homme un stratagème pour se faire accepter, le réalisateur avait demandé aux filles de le considérer comme un oncle, ce qui eut l’effet contraire, les terrorisant plutôt, puisque plusieurs avaient été abusées par un oncle.
Mais ce qui est formidable dans le film, c’est que, paradoxalement, malgré le tableau apocalyptique de toutes ces vies a priori gâchées, il donne au final un formidable sentiment d’espoir. Car ce lieu d’enfermement est aussi le lieu de toutes les rigolades, d’un formidable élan de solidarité mutuelle, de gestes d’affection et de soutien quand le moral bascule, et tout ça fait de ce groupe un exaltant exemple de sororité. Et le groupe est même tellement soudé qu’on finit par redouter le moment de la libération, les sortantes ne sachant pas forcément ce qui les attend, celles qui restent étant déjà tristes de voir partir leurs co-détenues devenues bien plus que cela.

Battant en brèche tous les clichés possibles sur les femmes iraniennes et leur prétendue soumission – avec notamment cette scène géniale où des jeunes filles s’interrogent auprès d’un éducateur sur la possible féminité de Dieu – Des rêves sans étoiles est une magnifique leçon d’humanité et d’intelligence.