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Séance exceptionnelle le jeudi 7 décembre à 20h30 à Utopia St-Ouen l'Aumône
autour de la criminalisation du combat syndical suivie d'une rencontre avec la réalisatrice Sylvestre Meinzer, et Jean-Pierre Levaray , ouvrier syndicaliste, écrivain libertaire ( auteur entre autres du cultissime Putain D'Usine ), collaborateur au journal CQFD et coordinateur de l'ouvrage Le Havre La Rebelle
Soirée soutenue par la CGT , le NPA 95 et Alternative Libertaire

MÉMOIRES D'UN CONDAMNÉ

Sylvestre MEINZER - documentaire France 2017 1h25mn - avec la voix de Pierre Arditi.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MÉMOIRES D'UN CONDAMNÉEn ces temps sombres où l’ère Macron nous annonce comme dans Game of Thrones que l’on s’enfonce dans le grand hiver des droits sociaux, avec son cortège de régression et de répression du combat syndical, voilà un film historique qui arrive à point nommé.
Il y a de grandes chances que jamais vous n’ayez entendu parler de Jules Durand. Un homme qui n’avait rien pour rentrer dans la grande histoire. Au début du xxe siècle, Jules Durand est un modeste ouvrier charbonnier du port du Havre, comme on appelait autrefois les dockers, déchargeant des ballots de plusieurs dizaines de kilos en provenance des iles britanniques. Mais Jules Durand, malgré le travail pénible qui l’emprisonne une bonne dizaine d’heures par jour, a lu et pas n’importe qui : Proudhon, Louise Michel et Emile Pouget, fondateur du Père Peinard. Et il s’est forgé une conscience syndicaliste révolutionnaire.
En 1910, il prend la tête du syndicat des charbonniers face à la mécanisation des docks, luttant pour la réduction du temps de travail entre autres. Le patronat voit ça d’un très mauvais œil et va chercher à le piéger. Une machination judiciaire, autour d’une bagarre entre grévistes et non grévistes où un homme perd la vie, entraîne Durand devant les tribunaux alors qu’il n’était pas même présent lors des faits. Le verdict hallucinant tombe : malgré la défense d’un jeune avocat, René Coty, qui sera plus tard président de la République, la peine de mort est prononcée.
Une mobilisation internationale sans précédent va faire rentrer Durand dans la Grande Histoire : des manifs d’ouvriers vont se dérouler de Chicago à Sidney, et au Havre, évidemment, la mobilisation est énorme et ne sera jamais égalée. Le grand Jaurès déclarera que c’est l’affaire Dreyfus des ouvriers. Cette mobilisation paiera puisque le président Fallières fera commuer la peine en 7 années de prison. Mais il est déjà trop tard : l’oubli dû à la Grande Guerre, le sentiment monstrueux d’injustice et les conditions terribles de détention auront raison de la santé mentale de Jules Durand, qui finira ses jours à l’asile psychiatrique, même si son décès en 1926, 16 ans après les faits, sera l’objet d’une marche funèbre impressionnante réunissant toute la population havraise.

La cinéaste Sylvestre Meinzer, qui disposait de très peu d’archives, a fait un très beau choix en s’immergeant dans la culture militante et ouvrière du Havre. Une culture encore bien vivace dans cette ville portuaire où les dockers font encore trembler la police ! Les images urbaines, les rencontres, la visite fantomatique dans l’ancienne prison du Havre désaffectée, sont habitées par la lecture des très belles lettres de Jules Durand à sa femme, lues par Pierre Arditi. Et se dessine ainsi la réhabilitation d’un homme de combat, qui vient de tout récemment donner son nom à un square parisien, inauguré par Christiane Taubira. Un homme qui incarne la grandeur et la nécessité impérieuse, aujourd’hui comme hier, du combat syndical face à une justice de classe.