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L’USINE DE RIEN

(A FABRICA DE NADA) Réalisé par Pedro PINHO - Portugal 2017 2h57mn VOSTF - avec José Smith Vargas, Carla Galvao, Njamy Uolo Sebastiao, Joachim Bichana Martins... Un film de João MATOS, Leonor NOIVO, Luísa HOMEM, Pedro PINHO et Tiago HESPANHA. Festival de Cannes 2017, Quinzaine des Réalisateurs : Prix de la Critique Internationale.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’USINE DE RIENCe sont de vrais ouvriers qui occupent l'écran… après avoir occupé leur entreprise ! Licenciés, ces Portugais se sont retrouvés devant une caméra, jouant leur rôle dans une usine d’ascenseurs menacée de délocalisation et dès lors reprise à leur compte par les travailleurs ! Ainsi commence L’Usine de rien, à la fois documentaire à chaud et fiction bouillonnante, essai politique et comédie syndicale. Un truc de fous fabriqué par un collectif de jeunes cinéastes portugais. Un énorme pavé (3 heures !) dans la mare du cinéma traditionnel, fut-il social et de gauche !
Au départ, donc, l’usine ferme. Mais les ouvriers y restent, s’accrochent à leurs postes au lieu de prendre des primes pour disparaître. Et comme les machines sont à l’arrêt, le travail continue sans produire quoi que ce soit. Ce symbole du monde d’aujourd’hui, la Néerlandaise Judith Herzberg l’a imaginé dans une pièce de théâtre. Autour de ce motif central, les Portugais de « Terratreme », coopérative cinématographique à l’écoute du monde, se sont mis à broder joyeusement.

Ils ont fait venir les ouvriers, les vrais, avec leurs histoires authentiquement tragiques. Ils ont invité un cinéaste, un faux, sorte d’intello de gauche exalté qui débarque dans l’usine avec des citations de Marx dans les poches et une idée de comédie musicale pour redonner de l’élan à tout le monde. De quoi ne jamais savoir sur quel pied danser face à ce film qui s’emploie à nous parler de l’emploi sans nous donner de mode d’emploi.
Tout en croyant à une farce, on voit cet Usine de rien prendre de la force. Le rien que produit l’usine devient néant incommensurable dans une réflexion sur l’absurdité de tout le système capitaliste. Embarqués dans des discussions sans fin, les personnages défont et refont le monde d’aujourd’hui. Des hypothèses sur l’avenir sont lancées, comme celle, étonnante, qui prédit une société divisée en trois classes : la stratosphère (où les gens planeront en comptant leurs millions), le niveau des gens juste assez riches pour consommer (et faire marcher l’usine), et puis les égouts, où sera rejeté le reste de la population…

A coup de citations, le film se fait collage, porte-voix, chambre d’écho de toutes sortes de débats. A la multiplicité des approches répond un cinéma agile, sérieux quand il faut et illuminé dès que c’est possible, fantaisiste mais qui ne perd jamais la foi et ne se laisse enfermer, finalement, dans aucun discours. Cela fait de L’Usine de rien une expérience stimulante et instructive. Ce que défend par-dessus tout ce film de João Matos, Leonor Noivo, Luísa Homem, Pedro Pinho et Tiago Hespanha, fruit de leur travail en commun et réalisé par Pedro Pinho, c’est le collectif. Le groupe pour échanger et pour se disputer, pour affronter les moments difficiles et partager les bons, pour garder de la joie même en parlant de crise économique et de démantèlements tous azimuts. Le groupe ! Un mot d’ordre non seulement sympathique mais qui produit aujourd’hui quelque chose de nouveau, d’intrigant, d’unique. L’Usine de rien, ce n’est pas rien !

(F. Strauss, Télérama)