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LA GAZETTE UTOPIA 277 (DU 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2018 ) À TÉLÉCHARGER
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THE RIDE

(LA CHEVAUCHÉE) Stéphanie GILLARD - documentaire USA/France 2017 1h27mn VOSTF - avec Jesse James White, Jimmy White,, Manaja Hill, A.J.Agard, Ron His Horse is Thunder...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE RIDEVoilà un fascinant road movie (ou plutôt ride movie) documentaire qui tend à prouver deux choses : la littérature tout comme le cinéma nous ouvrent sur le monde ; et la persévérance, quand on est un jeune artiste, paie toujours bien plus que la précipitation. The Ride, étonnante immersion dans une chevauchée indienne contemporaine, ne serait jamais né sans le grand écrivain Jim Harrison. La documentariste française Stéphanie Gillard en était fan et elle découvrit il y a quelques années un livre de photos préfacé par le maître où l'on voyait un reportage sur des Sioux engoncés dans des manteaux d'hiver sur leur chevaux, au cœur du blizzard des grandes plaines par -20°… Le livre datait d'il y a une vingtaine d'années et donnait à voir une marche ou plutôt une cavalcade rituelle que pratiquaient depuis plus de 100 ans les Indiens lakotas, héritiers du prestigieux Sitting Bull, entre la réserve de Standing Rock et Wounded Knee, situé à 450 km, dans l'actuel Dakota du Sud, où les dernières tribus Sioux résistantes avaient été rejointes et arrêtées, le 28 décembre 1890, par le septième régiment de cavalerie avant d'être massacrées une fois désarmées, sonnant la fin tragique des guerres indiennes.

Stéphanie Gillard se renseigna et découvrit que la marche se pratiquait encore. En 2009, elle y a participé une première fois sans caméra, aidant au quotidien à la préparation des chevaux, aux repas, à l'organisation des bivouacs, le tout dans des conditions extrêmes où les corps étaient soumis en permanence à l'attaque du froid, tout ça le temps d'être intégrée aux Sioux.
Quelques années plus tard, elle revient pour filmer cette aventure. Il y a un vieux proverbe africain qui dit « Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse continueront à glorifier le chasseur ». Pendant de longues décennies, l'histoire des Native Americans, en particulier au cinéma à travers le western, a tristement correspondu à l'adage africain. La conquête de l'Ouest ne racontait que le courage de l'homme blanc face au monde indien, sauvage et déshumanisé. Dans les années 70, on reconnaît enfin, avec des films comme Soldat bleu, l'Indien comme la victime d'un génocide, mais c'est justement toujours en victime et non en acteur de son histoire. Le film de Stéphanie Gillard donne à voir, à travers cette reconstitution annuelle de la marche tragique, la réappropriation par les Indiens de leur propre histoire, loin des clichés contemporains sur les méfaits de l'alcoolisme ou les ravages de l'acculturation de la société de consommation américaine. Que ce soit chez les ancêtres ou les plus jeunes, on découvre une société qui certes a acquis les atours de la modernité – les gros pick-up, les moyens de communication… – mais qui n'en a pas moins gardé la connaissance des traditions et d'une histoire que chacun connaît, qui accompagnent une conscience de classe et de race loin d'être éteinte.

Au-delà des magnifiques plans qui montrent les cavaliers franchissant coûte que coûte les obstacles sur leur route, se glissant dans les interstices de la civilisation américaine, se faufilant parfois sous les échangeurs d'autoroute, on retiendra un jour de pause, cette hilarante séquence d'enfants sioux regardant le génial western Little Big Man et se réjouissant de manière jubilatoire de la branlée infligée par leurs ancêtres aux yankees menées par Custer à Little Big Horn. Même si cela n'est pas directement abordé dans le film, aujourd'hui les Indiens Lakota, autour entre autres de Ron His horse his thunder et de plusieurs autres protagonistes du film, ont mené une bataille mémorable contre le Dakota Access Pipeline, monstrueuse canalisation pétrolifère qui menace les réserves d'eau ancestrales dans le bassin du Missouri, prouvant s'il en était besoin que l'esprit de résistance incarné par Sitting Bull est resté intact.