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La Justice se raconte
"Autour des longues peines"

Mardi 6 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen : Séance unique en avant-première suivie d’une rencontre avec Stephane MERCURIO, la réalisatrice du film, Madame BOTSCHI juge d’application des peines du TGI de Pontoise, Anaïs BENGUIGUI, éducatrice spécialisée au CHRS Hermitage pour ESPERER 95 qui accompagne des longues peines et Etienne NOEL, avocat pénaliste spécialisé sur les dossiers des détenus longues peines.

En présence de Madame Joly-Coz, Présidente du TGI de Pontoise, de Maître Frédéric ZAJAC Avocat au Barreau du Val d'Oise, d’Eric Bourlion, Bâtonnier du Val d'oise et des membres de l'association ESPERER 95.

APRÈS L'OMBRE

Stéphane MERCURIO - documentaire France 2017 1h33mn - avec des anciens détenus de longues peines et Didier Ruiz, autour du spectacle Une longue peine...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

APRÈS L'OMBREAprès À l’ombre de la République et À côté, Stéphane Mercurio poursuit avec ce documentaire l’exploration du système carcéral français et comme à chaque fois, le résultat est poignant. Poignant de justesse et d’humanité, poignant parce que toujours digne et pudique bien que révélant une réalité brute et souvent très violente, poignant enfin par le dispositif même qui a été choisi pour aborder la question complexe des longues peines.
C’est une scène de théâtre ordinaire. On répète avant les premières représentations. Le metteur en scène est là, avec son assistante, il dirige, donne des indications, des conseils, suit depuis les gradins ce qui se joue face à lui. Et ce qui se joue ici et maintenant n’est pas tout à fait ordinaire : les comédiens, quatre hommes et une femme, ne sont pas professionnels et les mots qu’ils nous livrent ne sont pas ceux d’un auteur. Ce sont des anciens détenus et une compagne de détenu qui ont vécu l’enfermement pendant de longues, très longues années et l’histoire qu’ils racontent, celle d’une interminable peine, est la leur. Ils nous la livrent de façon brute, sans détour et sans artifice, sans effet de manche, sans voyeurisme déplacé, avec leurs tripes, leur émotions et la distance juste que permet le dispositif théâtral et que cadre toujours le metteur en scène.

Stéphane Mercurio filme avec délicatesse cette drôle de représentation, elle va suivre les corps malmenés de ces personnes brisées par des années d’enfermement, des répétitions aux séances d’expression corporelles où le mot « espace » prend ici tout son sens, pour ces anciens détenus habitués à n’avoir que quelques mètres carrés comme unique horizon. Alors se raconte la douleur, celle de l’isolement, celle de ne pas avoir pu assister aux obsèques d’une mère, d’un frère, d’un fils, celle de ne plus voir le soleil, celle de vivre un jour comme une année, une année comme une minute, une minute comme mille ans. Alors se raconte aussi la difficulté à retrouver du sens, une fois sorti, quand il n’y a plus de famille, plus d’amis, plus de liens, pas de main tendue, pas d’aide… l’impression d’être nu comme un enfant qui vient de naître, de ne plus être personne, ni celui que l’on était en rentrant, ni celui que l’on aurait pu être, ni celui que l’on était en prison.
Le film raconte enfin, loin des murs de la prison, la façon dont elle grave dans les chairs des marques indélébiles et invisibles, la façon dont elle casse sans donner le sens ni les outils qui reconstruisent, la façon dont elle broie ceux qui sont dedans, et toutes celles et ceux qui attendent dehors.

On ne saura rien ou pas grand chose du pourquoi de ces longues peines, ce n’est pas le propos du film, on aura simplement accès à cette parole mise en scène mais jamais trafiquée, d’un humain détenu à un humain spectateur. Un film fort, indispensable pour ceux qui cherchent à comprendre, à réfléchir, à aider.