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MOI, TONYA

Craig GILLESPIE - USA 2017 2h01mn VOSTF - avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan, Paul Walter Hauser, Julianne Nicholson... Scénario de Steven Rogers.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MOI, TONYAQui se souvient de Tonya Harding ? Bientôt vous ne serez pas près de l’oublier ! Grâce à ce film épatant qui raconte son histoire si particulière et va vous transporter dans un véritable tourbillon de vie ébouriffant. L'histoire d’une petite fille qui avait tout pour devenir, qui est même devenue l’espace d’un instant, envers et contre tout, la meilleure patineuse artistique du monde avant de tomber dans la disgrâce et dans l’oubli. Il faut dire que soudoyer une bande de crétins pour aller briser la jambe de sa rivale (Nancy Kerrigan) avant les jeux olympiques de 1994, ce n’était pas très fair play. Mais est-ce bien la vérité ? Où est-elle ? Existe-t-il une vérité univoque ? N’est-elle pas plus complexe que les médias l’ont décrété à l’époque ?
Remontée dans le temps qui commence façon faux documentaire. Face caméra : interview de la mère Harding. Interview de l’ex-mari Jeff Gillooly. Interview du garde du corps Shawn Eckhardt. Interview de Tonya… Toutes aussi drôles, intrigantes, contradictoires, chacun essayant de redorer son blason. Quatre versions différentes des mêmes faits… Auxquelles viendront s’additionner une cinquième, une sixième… puis celle du FBI, puis une énième interprétation : la vôtre en tant que spectatrice ou spectateur. Toutes aussi crédibles que discutables. C’est une des trouvailles de ce film pêchu : ne jamais rétrécir les pistes de l’enquête. Il nous trimballe simultanément dans chaque récit, juxtapose les témoignages bruts, les anecdotes et laisse chacun se forger son intime conviction. On se pique vite au jeu : Tonya Harding est un sacré personnage !

1974, Tonya glisse sur une patinoire sous l’œil glaçant et les sarcasmes cruels de sa mère Lavona, qui la bouscule sans ménagement malgré ses quatre ans. Longtemps Tonya n’aura d’autre choix que de subir, d’intégrer que sous les rudoiements se cache l’amour maternel, qu’ils en sont le témoignage. Lavona se comporte avec tous en véritable peau de vache intrépide, vulgaire. Et c’est évidemment ce qu’elle fait ce jour-là avec la prof de patinage classieuse à laquelle elle essaie de refourguer la petite. D’abord Diane Rawling refuse : Tonya est trop jeune, mal fagotée, le cours est complet… Mais Lavona ne cède pas et fait patiner sa fille devant ce beau monde, cette classe sociale qui n’est pas la leur. Est-ce la technique de la fillette qui fait fléchir la volonté de Diane ? Ou un élan de commisération envers ce bout de chou pour lequel le patinage sera « le seul moyen de se sortir du ruisseau » ? Commence alors un parcours plein de suspens et de revers de médailles entre le coach et l’enfant indomptable qui devra apprendre à se policer, à sacrifier tout ce qui n’a pas trait à sa passion. Un véritable combat à coups de patins, pendant des années, pour faire partie de l’équipe nationale, se sortir de sa condition, mais surtout gagner l’estime d’elle-même, refuser la voix de sa mère dans sa tête qui lui serine qu’elle n’est « qu’une bonne à rien qui patine comme une grosse gouine ». Ni les pirouettes, ni les sauts, ni les révérences ne suffiront à la faire taire, cette voix. Il lui faudra atteindre l’excellence, réussir ce qu’aucune patineuse n’a jamais réussi. Mais Tonya aura beau devenir la meilleure, quelque chose au dessus d’elle planera toujours, comme une sorte de plafond de verre.

Moi, Tonya est une véritable tragédie contemporaine, d'une énergie folle, qui égratigne plus sûrement le rêve américain qu’une lame la glace. Son rythme trépidant, aussi agité que la vie de son héroïne, tient en haleine de bout en bout. L’ambiance des entraînements et des compétitions – les scènes de patinages sont époustouflantes – est reconstituée avec une précision bluffante. Les scènes de la vie quotidienne de Tonya, ses relations houleuses avec un mari immature et violent, sont tout aussi riches et crédibles, tous les acteurs sont formidables. L’analyse est fine et lève le voile sur les dessous peu glorieux d’un sport de haut niveau et d’une société qui exigent des athlètes non seulement d’être les meilleures mais en plus de représenter l’éternel féminin désirable, docile et bien élevé…