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LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Luis BUÑUEL - France 1964 1h41mn - avec Jeanne Moreau, Michel Piccoli, Françoise Lugagne, Georges Géret, Daniel Ivernel... Scénario de Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière, d’après le roman d’Octave Mirbeau.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBREÀ voir ou revoir de toute urgence, ne serait-ce que pour Jeanne Moreau, impériale mante religieuse, sensuelle et glaciale, implacable et calculatrice dans sa révolte contre ceux qui l'asservissent. Et surtout pour Buñuel bien sûr, grand maître de cette cérémonie destructrice, Buñuel qui a choisi pour ce film le classicisme le plus pur, la simplicité la plus aiguisée pour atteindre encore mieux sa cible : la société bourgeoise dans toute son ignominie… Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun : la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le fétichisme gâteux du beau-père… Des escarmouches ont lieu avec le voisin, le colérique capitaine Mauger. L'intendant, Joseph, qui complote sourdement contre tout le monde, propose à Célestine de l'épouser. Elle est plutôt fascinée par cet être brutal qui est à mille lieues d'elle… Mais on apprend le viol et l'assassinat d'une fillette, Claire, dans les bois tout proches. Et Célestine soupçonne aussitôt Joseph… Tout est feutré, sinistre, glacé.

Pour peindre la violence bourgeoise, Buñuel met sa propre violence en sourdine. La vie provinciale est décrite comme une machinerie, une machination aussi, lente mais impitoyable : sous-bois grisâtres, cours et parcs déserts, ombres furtives, courants d'air dans les rues mornes, brumes sur les routes de campagne. C'est derrière les murs, derrière les volets que tout se trame, se noue puis se déchire… C'est le monde bourgeois dans ce qu'il a de plus terne, de plus médiocre, de plus rance qui nous est montré. Tous les personnages ont une vérité saisissante. Ils sont tous horriblement crédibles. Buñuel frappe fort et juste, sans détour, sans fioriture. Dans Le Journal d'une femme de chambre comme dans tant d'autres films, il se montre un peintre social d'une lucidité rare en même temps qu'un pamphlétaire hors-pair. Vive Don Luis !