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ATTENTION DIMANCHE: CHANGEMENT D'HEURE !!!!PETIT-DÉJEUNER DÉCOUVERTE DIMANCHE 25 MARS EN AVANT-1ÈRE à Utopia Saint-Ouen ( rendez-vous au café Stella à 10h45, séance à 11h15 )
LE CONCEPT : à vous les croissants, à nous le chocolat chaud, le thé et le jus d'orange Tarif unique : 3,50 euros
Suivie d'une rencontre / dédicace avec le réalisateur / journaliste / écrivain Nadir Dendoune ( dont les aventures au sommet de l'Everest ont inspiré le film à succès l'Ascension ) et sa maman Messaouda Dendoune, à l'occasion de la sortie en poche du livre «  Nos Rêves de Pauvres »

DES FIGUES EN AVRIL

Nadir DENDOUNE - documentaire France 2017 57mn - avec l’incroyable Messaouda Dendoune et les autres membres de la famille Dendoune, et la participation involontaire de l’émission « les Douze coups de midi » de Jean Luc Reichmann...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DES FIGUES EN AVRILÇa aurait pu être juste le film d’un mec un peu célèbre et au parcours atypique qui a eu envie de filmer sa mère… Et ça n’aurait pas eu vocation de sortir de son smartphone… Mais même si c’est un peu ça, c’est beaucoup beaucoup plus que ça ! D’abord parce que Nadir Dendoune est inclassable, ingérable, et plein d’autres qualificatifs qui commencent en in. Grandi comme bien d’autres au sein d’une famille kabyle dans une cité de l’Ile Saint Denis, il aurait pu suivre le parcours classique des jeunes immigrés de deuxième génération frappés par le déterminisme social : galère et comme perspective maximale un pavillon Bouygues et un boulot de contremaître. Mais voilà, Nadir est une mule et a eu la chance de faire la bonne rencontre. Un génial animateur de quartier, Salah, l’incite à monter un projet pour passer du bon temps à vélo en Australie, il y restera huit ans ! Puis devenu journaliste, boosté par un pote qui organise des treks en Himalaya, Nadir, certes sportif mais novice en alpinisme, se lance comme défi de gravir l’Everest ! Il manque d’y rester, mais il y parvient. Il raconte son aventure dans Un tocard sur le toit du monde. Plusieurs années plus tard, une jeune productrice du 93 s’en empare pour en faire un film, L’Ascension, avec Ahmed Sylla qui incarne Nadir, énorme succès : 1,2 millions d’entrées. Malgré sa notoriété dans les quartiers, Nadir ne renie rien, ni son engagement obstiné pour la Palestine (il fait deux films dont un pour défendre le prisonnier franco-palestinien Salah Hamouri), ni son combat pour la reconnaissance de la génération de ses parents, ces Maghrébins qui ont tant donné à la France qui leur a tellement peu rendu.

Son livre Nos rêves de pauvres, où se révèle la conscience sociale d’un Ken Loach, l’humour et une once de poésie en prime, parle de son enfance dans cette France des laissés-pour-compte des années 80. Gros succès encore, désormais édité en poche, parce que des générations de gens issus des quartiers populaires parfois gaulois s’y reconnaissent. Des figues en avril, qui dessine le portrait drôle et bouleversant de sa mère Messaouda, est la continuation du livre et c’est pour cela qu’il est important. Au-delà de la personnalité attachante, malicieuse, déterminée et passionnée de la vieille dame de 82 ans, que l’on découvre dans le quotidien de son deux pièces cuisine de l’Ile Saint Denis, toujours habité par la présence invisible de l’absent, son mari Mohand obligé d’être placé en établissement et à qui elle rend visite chaque jour, le film déroule des thèmes fondamentaux : il y a l’exil intérieur des Chibanis, qui ne se sont jamais sentis totalement là et qui ne sont plus vraiment bienvenus dans l’Algérie d’aujourd’hui, ni la France ni leur pays d’origine n’ayant su être à la hauteur de leurs efforts. Il y a cette double culture forcément, Messaouda restant bercée par les chanteurs kabyles emblématiques, comme Slimane Azem, tout en étant fière du devenir en France ou même ailleurs de ses enfants. Mais surtout Nadir Dendoune parle, en laissant de côté les questions identitaires débiles, du déclassement de ces classes populaires ghettoïsées dans les quartiers, toutes origines ethniques confondues. En cela, tout en faisant un film drôle et tendre sur sa mère, Nadir Dendoune fait œuvre politique essentielle, et on en ressort galvanisé et bouleversé.