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DAPHNÉ

Peter MACKIE BURNS - GB 2017 1h27mn VOSTF - avec Emily Beecham, Tom Vaughan-Lawlor, Nathaniel Martello- White, Geraldine James... Prix Hitchcock au festival du film de Dinard, Prix de la Meilleure Actrice au Festival d’Edimbourg.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DAPHNÉC’est un peu comme si le regretté et très new yorkais John Cassevetes s’était réincarné de ce côté-ci de l’Atlantique. Un homme qui sait faire de si jolis portraits de femmes libres tout en filmant aussi admirablement sa ville avec amour et lucidité, dans tous ses atouts et ses côtés sombres, on croyait ça plié depuis la disparition de John. Mais Peter Mackie Burns, cinéaste de long métrage sur le tard, est arrivé.
Au cœur du récit mais surtout de presque tous les plans, sinon tous : Daphné, une jolie rouquine trentenaire totalement londonienne, comme les héroïnes de Cassavetes étaient totalement new-yorkaises. Une jeune femme qui brûle la vie avec l’intensité de la cuisine qu’elle concocte la journée dans un restaurant branché du quartier à la mode d’Elephant and Castle. La nuit, elle traîne dans les bars qui fleurissent à une vitesse exponentielle, où elle s’enivre souvent à l’excès avant de finir la nuit au bras d’inconnus pour des rendez-vous sans lendemain. Un peu cynique, maniant un humour ravageur et des répliques souvent assassines, elle dégage rapidement d’une boutade tout garçon qui ferait mine de s’attacher. Elle fait notamment mine de ne pas comprendre à quel point le patron plutôt séduisant de son restaurant la dévore des yeux et la protège. Côté familial, elle ne déborde pas non plus d’attentions envers sa mère un peu collante, la rabroue même quand elle s’obstine à l’inviter. Elle préfère, lors de ses rares moments de sérénité, se réfugier seule dans son appartement aussi rangé et coquet que sa vie est désordonnée, et se plonger dans un livre de Slavoj Zizek, philosophe marxiste un peu misanthrope dont on se demande si elle fait mine de l’apprécier par réel intérêt ou par provocation.
Et puis, comme souvent dans une vie que l’on croyait vouée à la répétition, un truc se passe qui change le cours des choses. Pas quelque chose qui la touche directement, juste l’agression d’un épicier qu’elle manque de voir mourir dans ses bras. Et insidieusement, petit à petit, elle va se laisser gagner par un regard différent sur autrui, sur ses soupirants, sur sa mère malade, et même sur l’homme qui a survécu à l’agression.

Emily Beecham, magnifique actrice révélée essentiellement par des séries à succès et un passage dans Ave Cesar ! des frères Coen, incarne formidablement tous les états d’âme et les métamorphoses de cette jeune femme tardivement gagnée par l’âge adulte. Mais la beauté du film tient aussi à la manière dont le réalisateur filme Londres, et pas n’importe quel quartier, celui d’Elephant and Castle, vieux quartier populaire métissé en pleine mutation et gentrification, quartier d’effervescence d’une nouvelle économie la journée, quartier nocturne parfois très/trop animé, à la mauvaise réputation qui s’estompe peu à peu. Mackie Burns sait magnifiquement filmer toute la complexité de ce quartier mais aussi à quel point la vie, qui semble trépidante, renvoie finalement les jeunes adultes londoniens à leur solitude. Et l’alchimie du jeu d’Emily Beecham et de la mise en scène fait de ce film un petit bijou impressionniste.