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3 JOURS À QUIBERON

Écrit et réalisé par Emily ATEF - Allemagne 2018 1h55mn VOSTF - avec Marie Baümer, Birgit Minichmayr, Charly Hübner, Robert Gwisdek, Denis Lavant... Triomphe aux Lola 2018 (l'équivalent outre-Rhin de nos César). Meilleur film, Meilleure réalisatrice, Meilleure actrice, Meilleurs seconds rôles féminin et masculin, Meilleure photographie, Meilleure musique.

Du 10/06/18 au 10/07/18

3 JOURS À QUIBERONC'est un magnifique portrait d'une magnifique actrice, qui vit dans nos souvenirs grâce à ses rôles au cinéma bien sûr mais sans doute au-delà d'eux, par son charme hors du commun, par son regard insondable, par son sourire douloureux…
Romy Schneider fut très longtemps, trop longtemps, en particulier en Allemagne et en Autriche, son pays d'origine, cantonnée à son rôle de Sissi, la princesse autrichienne adolescente dont les aventures un peu gnangnan ont émerveillé des millions de petits cœurs romantiques.
Mais voilà, Romy est une femme libre, souffrant d'être étouffée par une mère qui veut contrôler sa carrière, et très jeune, après une rencontre avec Alain Delon, elle fuit le bercail pour entamer une carrière internationale. Pendant des années, l'opinion publique et les médias allemands, malgré sa filmographie splendide, s'intéresseront plus à sa vie privée mouvementée, à ses dépressions alcooliques et aux drames de sa vie (son ex-mari, père de son fils David, se suicide en 1979).

3 jours à Quiberon n'est pas un biopic mais s'intéresse comme le titre l'indique à un épisode bien particulier, quand, en 1981, profondément déprimée et encore marquée par la mort de son ex-mari, elle est contrainte de faire une cure de repos et de sevrages divers sur la charmante presqu'île du Morbihan. Alors qu'elle y séjourne, elle est rejointe par une amie d'enfance qui a tenté et tentera encore de la protéger de ses démons. C'est à ce moment-là qu'elle est contactée par le célèbre magazine allemand Stern, qui n'a pas toujours été clément envers elle, pour une interview exclusive. Malgré une méfiance légitime, elle accepte parce que le photographe Robert Lebeck est un ami très proche en qui elle a toute confiance. Et contre toute attente, elle va se livrer totalement sur l'ambivalence de sa personnalité, icône glamour mais femme fragile et brisée, marquée par une absence de reconnaissance de son pays d'origine, enfermée dans un rôle de jeunesse qu'elle a fini par rejeter.
Emily Atef a construit son film autour de cette interview exceptionnelle et les quelques 580 photos qu'elle a pu récupérer auprès de la famille de Robert Lebeck. Une matière impressionnante pour comprendre la personnalité d'une figure essentielle du cinéma. La force saisissante du film tient autant à son actrice qu'à la mise en scène. L'actrice, c'est Marie Baümer dont la ressemblance avec Romy est impressionnante, mais qui en outre a travaillé longuement pour rendre à l'écran une Schneider sans filtre, laissant clairement apparaître le désespoir qui l'habitait et qui la conduisit à l'issue tragique que l'on connaît, un an plus tard, après la mort accidentelle de son fils. Emily Atef a su à la fois travailler un noir et blanc classieux qui donne une dimension purement cinématographique à son portrait et faire respirer ce huis-clos parfois étouffant lié à la dépression (qui évoque parfois Une femme sous influence de Cassavetes) par des échappées lumineuses, comme cette séance photo sur les rochers ou cette fête épique dans un bar populaire breton où Schneider rencontre un poète local inspiré (génial Denis Lavant).

Avec le récit de ce petit épisode de la vie de Romy Schneider, Emily Atef et sa splendide comédienne Marie Baümer rendent un magnifique hommage posthume à cette actrice que l'on aurait rêvée éternelle.