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BÉCASSINE !

Bruno PODALYDÈS - France 2018 1h31mn - avec Emeline Bayart, Michel Vuillermoz, Karin Viard, Denis Podalydès, Josiane Balasko, Bruno Podalydès, Vimala Pons, Isabelle Candelier... Scénario de Bruno Podalydès, d'après les albums de Caumery et Joseph Pinchon. Pour les enfants à partir de 6 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BÉCASSINE !Bécassine naît dans une modeste ferme, un jour où des bécasses survolent le village. Devenue adulte, sa naïveté d’enfant reste intacte. Elle rêve de rejoindre Paris et de monter sur la Tour Eiffel mais sa rencontre avec Loulotte, petit bébé adopté par la marquise de Grand-Air, va bouleverser sa vie. Elle en devient la nourrice et une grande complicité s’installe entre elles. Un souffle joyeux règne dans le château. Mais pour combien de temps ? Les dettes s’accumulent et l’arrivée d’un marionnettiste grec peu fiable ne va rien arranger. Mais c’est compter sans l'intervention de Bécassine qui va prouver une nouvelle fois qu’elle est la femme de la situation.

Après nous avoir enchantés avec ses versions gentiment « perchées » des aventures de Rouletabille, Bruno Podalydès adapte à nouveau au cinéma un personnage de papier de son enfance avec tendresse et bienveillance. Le malheureux ne s'imaginait sûrement pas qu'en réalisant une œuvre grand public d'une belle intelligence, de laquelle émane un parfum désuet, il déclencherait les foudres d'indépendantistes bretons qui voient dans Bécassine une atteinte à la dignité des femmes – et plus spécifiquement des Bretonnes. « Bécassine, c'est quand même un personnage qui représente les femmes arriérées des campagnes, il est temps de tuer ce personnage tel qu'il est montré aujourd'hui », écrivent-ils. Et d'appeler incontinent au boycott du film sur l'ensemble du Duché – pardon, de la Région Bretagne. Comme dirait un compatriote de papier de la-dite Bécassine, « Ils sont fous ces Bretons ».
De fait, nos croisés régionalistes s'en prennent, sans avoir vu le film, au symbole qu'a représenté le personnage imaginé par Joseph Pinchon : une représentation péjorative des femmes, bretonnes en l'occurence, mais aussi normandes, qui rejoignirent la capitale pour travailler comme bonnes à tout faire chez les bourgeois au début du xxe, contribuant à stigmatiser ces femmes dans l'imaginaire collectif de l'époque. Factuellement, avec un siècle de retard, ils n'ont pas tout à fait tort. On a fait le même procès à Hergé, avec les stéréotypes douteux qu'il véhicule dans les premières aventures du petit reporter en URSS ou au Congo par exemple.

Mais n'ayez crainte, chers parents, Bruno Podalydès dans Bécassine ! – c'est l'intelligence et le charme de son film – ne fait pas dans la reconstitution historique, il fait du Guignol, du théâtre, du saltimbanque, du cinéma populaire et intelligent. C'est Jacques Tati et son Monsieur Hulot. Bécassine, chez Bruno Podalydès, n'est pas une arriérée. C'est au contraire le véritable alter-ego du réalisateur – une jeune femme positive et énergique, qui avance dans la vie en n'y voyant que le beau, l'étrange, le merveilleux, le bon. Elle n'est pas du monde des cyniques et des adultes. Elle a la fraîcheur, la naïveté d'une enfant. C'est cette position, légèrement « à côté de la plaque », ce point de vue décalé qui révèlent les turpitudes et les insuffisances du monde tel qu'il est. Sans avoir recours à la grosse artillerie des effets spéciaux, faisant confiance à son art et à celui de ses comédiens tous formidables, convoquant les artifices simples du théâtre et du cinéma, Bruno Podalydès intègre sans complexe Bécassine ! dans son univers si particulier, fait d'œuvres tendres, burlesques et malicieuses, aux côtés de Liberté-Oléron, Bancs publics, Adieu Berthe, Comme un avion…
On peut sans doute y lire aussi le portrait poétique, un peu nostalgique mais surtout joyeusement fantaisiste de son enfance, des sensations qu'il en a gardées et qu'il nous restitue en nous racontant cette histoire de Bécassine.