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THE STRANGE ONES

Écrit et réalisé par Christopher RADCLIFF et Lauren WOLKSTEIN - USA 2018 1h20mn VOSTF - avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus, Gene Jones, Owen & Tobias Campbell...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE STRANGE ONESDans le soleil couchant d’un été infini, dans un recoin perdu de l’Americana, dans le rêve d’un garçon mutique aux yeux immenses, brûlent d’un éclat poignant les derniers feux de l’enfance. Perdue, égarée, à jamais dissolue dans le regard de Sam, adolescent sans âge qui regarde, impavide, défiler les villages sur le siège passager d’une berline en route pour nulle part. Au volant son ainé, Nick, qu’il présente comme son frère aux étrangers qu’ils croisent mais dont on soupçonne vite qu’il est à la fois moins et peut-être plus que cela : un mystère, un danger… ou un sauveur. Car derrière l’apparente quiétude d’un voyage d’agrément partagé par deux frères le temps d’une escapade, plane l’ombre d’un péril qui hante les songes de Sam : celui d’un incendie, et celui d’un trou noir, qui menace de l’engouffrer dans ses propres ténèbres, tandis que leur voyage au bout de la nuit s’apparente progressivement à une fuite en avant. Mais que ou qui fuient Sam et Nick ? Qu’ont-ils subi… ou qu’ont-ils commis, pour se précipiter ainsi dans cette course éperdue ? La réponse à cette énigme se cache peut-être dans une tasse de café, dans les entrailles d’une grotte tapie aux fins fonds d’une forêt… ou dans les apparitions sporadiques d’un funeste chat noir.

Construit avec la méticulosité d’un puzzle mental hitchcockien, The Strange ones débute comme un road movie classique, prenant le temps d’installer le spectateur dans un cadre qu’il connaît par cœur, avant de mieux le déstabiliser quand il vire imperceptiblement au thriller psychologique, pour finir de le retourner dans le dernier acte, d’une dimension dramatique totalement imprévisible. Pour ce faire, les co-réalisateurs posent leur cadre dans cette Amérique bucolique tout droit sortie des peintures de Norman Rockwell, puis insidieusement le font dériver vers celles, plus inquiétantes, des « diners » esseulés aux néons blafards d’Edward Hopper ; avec un art consommé de l’ellipse et du flash-back, ils délaissent la narration linéaire propre aux règles du road-movie au profit d’un récit labyrinthique, à l’image du chaos tant mental qu’émotionnel dans lequel se débattent les « héros ». Dans ce jeu de piste savamment bâti, laissant tomber des indices symboliques comme autant de cailloux jetés par un Petit Poucet pervers (le motif obsédant du trou noir, les allers-venues d’un chat noir apparaissant aux moments les plus saugrenus…), le doute s’instille et les certitudes vacillent, alors que le périple des deux garçons les entraîne toujours plus loin des villes, des villages et des hommes, les menant hors du monde, vers cette forêt obscure où Sam et Nick affronteront leur destin.

Si par la dureté de son thème, son atmosphère onirique, sa magnifique photographie signée Todd Banhazi et l’envoûtante composition à la flûte traversière composée par Rob Lowry, ce film évoque aux initiés le chef d’œuvre inconnu de Franck Perry The Swimmer (ce qui n’est pas un mince compliment), il le surpasse en au moins un point : l’audace et la délicatesse avec lesquelles il traite la complexité des rapports entre Sam et Nick, qui constituent le cœur d’un récit d’autant plus troublant qu’il est rendu crédible par l’impressionnante prestation des deux acteurs principaux, aux premiers rangs desquels s’impose le jeune James Freedson-Jackson dans le rôle de Sam.
Conte cruel de la jeunesse, de la folie et des crimes passionnels, fable à tiroirs sur l’impossible meurtre symbolique du Père, la perte de l’innocence et les écueils de l’amour, The Strange Ones marque les débuts d’un couple de cinéastes que personne n’attendait ; et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.