MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA - N°284 ( du 31 octobre au 11 décembre 2018) À TÉLÉCHARGER
Couv-284.jpg, oct. 2018 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°284 ( du 31 octobre au 11 décembre 2018) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA - N°283 ( du 26 septembre au 30 octobre 2018) À TÉLÉCHARGER
Couv-283.jpg, oct. 2018 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°283 ( du 26 septembre au 30 octobre 2018) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE DE RENTRÉE DU 15 AOÛT AU 25 SEPTEMBRE À TÉLÉCHARGER ( RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT À 15H45)
COUV-282.jpg, août 2018 ... Lire LA GAZETTE DE RENTRÉE DU 15 AOÛT AU 25 SEPTEMBRE À TÉLÉCHARGER ( RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT À 15H45)...

FERMETURE ESTIVALE - RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT
vacances.jpg, août 2018vacances.jpg, août 2018 ... Lire FERMETURE ESTIVALE - RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT...

CANIBA

Véréna PARAVEL et Lucien CASTAING-TAYLOR - documentaire France/Japon 2018 1h30mn VOSTF - Interdit aux moins de 18 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CANIBA1981 : un fait divers terrifie Paris. Une jeune étudiante de la Sorbonne est assassinée par un camarade d'amphi, Issei Sagawa, un Japonais que son profil chétif rendait a priori insoupçonnable. Mais ce qui donne à l'affaire une dimension encore plus effrayante, c'est que l'homme a découpé sa victime et l'a ensuite cuisinée en sukiyaki (ragoût traditionnel japonais) pour la manger, avant de tenter d'enterrer les restes inutilisés dans le Bois de Boulogne, où il sera arrêté. Face à un tel acte, la justice le déclare irresponsable et le fait interner. Il sera extradé au Japon, avec la promesse d'y être également emprisonné. Il le sera mais seulement pour un court séjour, au grand dam de la famille de la victime. Non seulement Sagawa est libéré mais il devient un monstre de foire qui, dans la grande tradition japonaise du recyclage du pire, lui permet de devenir tour à tour critique culinaire très particulier (on lui demande de temps en temps la recette de son ragoût), acteur porno ou auteur d'un manga trash racontant son crime, sans compter les shows télévisuels qui le reçoivent comme un bon client pour faire frémir la ménagère nippone.

Nous avions été fascinés par le précédent film du duo franco-américain Véréna Paravel et Lucien Castaing Taylor : l'incroyable Leviathan qui, à l'aide d'un dispositif ultra précis mobilisant des dizaines de caméras, explorait les entrailles d'un chalutier et documentait sa dantesque activité. Les deux réalisateurs étaient en résidence au Japon, où ils s'intéressaient au phénomène des pinku ega, ces petits films érotiques tournés en pellicule, tombés en désuétude avec l'avènement du sexe sur internet. C'est ainsi qu'ils entendirent parler de Issei Sagawa, qui fut le « héros » de certains de ces petits films. Depuis, l'homme, très diminué suite à un AVC, vivotait, ne s'exprimant que par haikus mystérieux, hébergé et « materné » par son frère Jun, avec l'aide d'une infirmière.
Les cinéastes, par ailleurs anthropologues, ont cherché comment filmer et faire ressentir intelligemment la folie extrême et le cannibalisme, tabou ultime, souvent tu, volontairement oublié parce que mêlant deux composantes essentielles de l'humanité : la nourriture et le sexe, mêlés ici dans une pratique destructrice. Un défi, d'autant que Sagawa, hanté certes par son crime, l'est toujours aussi par son désir de chair humaine, au point de rêver de finir dévoré lui-même par un autre cannibale ! Alors que le cannibalisme a été souvent l'objet au cinéma d'une vision fantasmatique et exotisante, désignant les cannibales comme venus de civilisations lointaines et archaïques (sauf dans les films de serial killers, mais là les personnages de cannibales sont vus uniquement comme des monstres sans âme), Paravel et Castaing-Taylor ont choisi de plonger au cœur de l'intimité de Sagawa et de son frère, dont on se rend compte au fur et à mesure de cette immersion oppressante qu'ils sont viscéralement proches et que ça remonte à leur plus tendre enfance.

La première partie du film est particulièrement perturbante puisque des moments de flou sur le visage tourmenté de Sagawa, abimé par la maladie, correspondent au trouble respectif des réalisateurs et des spectateurs, alors que peu à peu le frère prend de plus en plus de place et laisse apparaître sa propre folie… Peu à peu, et de façon extrêmement intelligente, la construction de cette folie familiale destructrice se développe pour donner lieu à une expérience cinématographique qui tutoie les limites du dicible, du montrable.