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GUN CRAZY

(Le Démon des armes / Deadly is the female) Joseph H. LEWIS - USA 1950 1h26mn VOSTF - avec Peggy Cummins, John Dall, Berry Krœger, Morris Carnovsky... Scénario de Dalton Trumbo, d’après une histoire de McKinlay Kantor.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GUN CRAZYDepuis son plus jeune âge, Bart Tare éprouve une passion pour les armes à feu. De retour dans sa petite ville natale après plusieurs années d’absence, il rencontre Anne Laurie Starr dans une fête foraine. Elle est la vedette d’une attraction et virtuose de la gâchette, tout comme lui. Coup de foudre. Ils s’associent un temps sous le chapiteau, avant de quitter le cirque et de se marier. Rapidement à cours d’argent, les amants décident d’exploiter leurs talents de tireurs et commettent une série de braquages de plus en plus audacieux à travers le pays.

Une photo extraite de Gun crazy est devenue iconique. Le couple, en imper et lunettes noires, se précipite dans la rue après un hold-up. L’homme agrippe sa compagne pour l’empêcher de tirer, frénétique, sur les passants. Elle, c’est Peggy Cummins, actrice d’origine irlandaise dont la garde-robe déteindra sur Faye Dunaway dans Bonnie & Clyde, et qui campe ici une femme sensuelle et ardente. Déterminée à accéder au bien-être matériel en se servant de ces armes meurtrières adulées par la société, son visage d’ange révèle dans l’action ses tendances homicides. Lui, c’est John Dall, incarnant un homme au tempérament jovial et tiraillé par le sentiment de culpabilité, que la passion charnelle et l’amour fétichiste des flingues entrainent dans une spirale de violence. Traqués par la police, les amants antagonistes sont impuissants à se séparer, irrémédiablement voués à mêler leur destin.

De The Asphalt jungle (Huston) à Panique dans la rue (Kazan) en passant par House by the river (Lang), l’année 1950 fut un bon millésime pour le film noir, et les succès des grands studios rejetèrent dans l’ombre le modeste Gun crazy qui, du fait d’une distribution confidentielle, ne trouva pas son public à l’époque. Une seconde exploitation sous le titre de Deadly is the female n’arrangea pas ses affaires. Il n’en est pas moins devenu un classique du genre, cité par Godard qui en a fait la matrice d’À bout de souffle, sans oublier l’influence qu’il a exercé ouvertement sur des films du Nouvel Hollywood (Badlands ou Bertha Boxcar n’étant pas les moindres).
Produit par les frères King, trois anciens membres de la pègre reconvertis dans de rentables films de gangsters, Gun crazy cumule les traits de génie. C’est d’abord le scénario d’un romancier extrêmement populaire à l’époque, MacKinlay Kantor, que remanie Dalton Trumbo, célèbre pour son roman Johnny s’en va-t-en guerre et un des scénaristes les mieux payés d’Hollywood dans les années 40. Mais après-guerre, Trumbo, victime de la purge anti-communiste, figure sur la liste noire des studios et ne peut travailler à visage découvert. Embauché à vil prix par les pragmatiques King Bros, c’est Millard Kaufman qui lui sert de prête-nom au générique.
Le réalisateur Joseph H. Lewis, un artiste de la série B, est épaulé par le fameux directeur de la photographie Russell Harlan. Le fruit de leur collaboration est un film nuancé, visuellement élaboré, alternant le réalisme quasi documentaire des scènes d’extérieur au caractère onirique des séquences tournées en décor artificiel. Le long plan-séquence du hold-up de la banque de Montrose, embarquant littéralement le spectateur dans la voiture des deux braqueurs improvisant au gré de la situation, est un moment d’anthologie qui a été abondamment commenté.

De par la frénésie de sa mise en scène et le romantisme torride de ses héros maudits, Gun crazy est un formidable film d’action, et avant tout, un grand film d’amour fou.