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TERRA FRANCA

Léonor TERRES - documentaire Portugal 2018 1h22mn VOSTF -

Du 24/10/18 au 30/10/18

TERRA FRANCADans le magnifique Terra Franca, il y a deux paysages qui nous captivent presque immédiatement. Le paysage intérieur émanant de l’intrigant et superbe visage d’Albertino, un pêcheur portugais d’une cinquantaine d’années, un travailleur taiseux dans ce pays de labeur, un visage tanné par le soleil méridional et les vents de l’Atlantique. Et l’autre paysage omniprésent, c’est celui qu’Albertino regarde presque chaque jour : l’embouchure du Tage, d’une largeur impressionnante, surplombée par l’immense pont Vasco de Gama et ses 17 kilomètres pas moins, qui en font un des plus longs ponts européens surplombant un fleuve. La jeune réalisatrice Leonor Teles, native de la ville côtière de Villa Franca qui donne la moitié de son nom au film, filme merveilleusement, par petites touches impressionnistes, toute la subtilité, toute l’humble poésie du quotidien ordinaire des gens ordinaires qui vivent aux abords du Tage.
Tous les jours c’est le même rituel : Albertino se lève aux aurores et sort de son modeste pavillon coincé entre la ville et le fleuve. Il rejoint sa femme Dalia, qui cuisine dans son petit café ouvrier des beignets pour les travailleurs matinaux… Puis il passe la journée en solitaire sur son bateau alors que le soleil levant irise les flots et que la brume se dissipe peu à peu, ramassant les quelques coquillages qui lui permettent de survivre, comme bien des générations de pêcheurs solitaires l’ont fait avant lui.

Il se trouve que Leonor Teles est arrivée à un moment où la vie d’Albertino bascule, avec la double perspective d’une situation angoissante et d’un moment de grand bonheur : d’un côté on lui a saisi ses filets parce que son secteur de pêche passe en zone protégée (comme pour les pêcheurs de saumon irlandais, les premières victimes des restrictions au Portugal sont les pêcheurs artisanaux et non les armateurs des bateaux-usines qui dépeuplent les fonds marins et fluviaux), et de l’autre sa fille aînée s’apprête à se marier…
Leonor Teles parvient à faire se côtoyer, dans un superbe écheveau, un regard social sur une classe ouvrière ancestrale victime des décisions d’en haut et qui n’en finit pas d’être déclassée, et une vision intime de ces quinquagénaires au tournant de leur vie, qui affrontent l’usure de la banalité et de l’habitude et qui, tout en s’aimant, se demandent s’ils ont fait les bons choix de vie et regrettent parfois leur jeunesse sacrifiée. Ce qui est très beau dans la mise en scène – qui a valu à la toute jeune réalisatrice la reconnaissance de nombreux festivals –, c’est sa capacité à tout raconter à travers chaque plan, dans un film où souvent les personnages sont relativement taiseux, sauf quand les émotions et les ressentiments finissent par déborder. Il suffit de voir le regard d’Albertino sur son fleuve pour comprendre son rapport indispensable et fusionnel à l’eau, celui parfois désabusé de sa femme pour voir la déception, l’inquiétude, mais aussi l’amour qui perdure. Il suffit de voir les deux époux sur le pas de leur petite demeure pour deviner qu’ils ne pourraient jamais quitter cette vie, alors même qu’ils en avaient probablement espéré une autre. Il suffit de voir cette procession de barques fleuries pour comprendre l’essence et la poésie de la tradition portugaise qui réjouira les amoureux et les nostalgiques du pays.