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Séance exceptionnelle «  Nouvelle Orléans » vendredi 2 novembre à 20h30 à Utopia St-Ouen suivie d'une rencontre avec David Montana big chief de la tribu Washitaw, organisateur du Mardi Gras de la Nouvelle Orléans, musicien hors pair en collaboration avec l'association France Louisiane.
• A partir de 19h30 apéro Mint Julep ( délicieux mélange de menthe et de Jack Daniel's ) et amuse-bouches cajuns ( + 5 euros sur place ) au profit du CSIA ( Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques )
• Possibilité de voir le film seul •

BLACK INDIANS

Jo BÉRANGER, Edith PATROUILLEAU et Hugues POULAIN - documentaire France 2017 1h32mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BLACK INDIANS« Le Mardi Gras indien était là avant le jazz, bien avant que Louis Armstrong souffle dans sa trompette. Enlève ça et le jazz et il n’y a plus de Nouvelle Orléans. » Chief David Montana

Le flux incessant des images et des informations donnent peu l’occasion au cinéma documentaire de nous plonger dans un univers méconnu. Et là bingo ! Pour l’immense majorité d’entre nous, La Nouvelle Orléans, c’est un joli mélange de clichés composé d’architecture coloniale évoquant Autant en emporte le vent et ses grandes propriétés de riches planteurs, de culture francophone et évidemment de ses fameux jazz bands de rue, la ville étant indissociablement associée à ce courant primitif du jazz né à la fin du 19ème siècle, remis au goût du jour dans les années 30 par Louis Armstrong ou Sydney Bechet, tous deux natifs de la ville. Mais voilà : bien avant la naissance du jazz, les esclaves puis descendants d’esclaves, qui ont façonné l’histoire de la Louisiane, ont développé une fascinante tradition, celle des Black Indians et de leur Mardi Gras. Il y a 300 ans, de nombreux esclaves en fuite ont pu trouver refuge dans des tribus indiennes qui avaient survécu au génocide. Certains se sont intégrés, il y eut des unions dont sont nés de nombreux métis afro-amérindiens qui se sont eux-mêmes constitués en tribus et qui, lors du célèbre Mardi Gras préparé durant toute l’année, se vêtissent d’authentiques costumes indiens pour célébrer les souffrances de leurs frères d’oppression. Et bien au-delà du caractère étonnant et exotique de la chose, les Black Indians, en faisant perdurer leurs traditions, sont un symbole fort de l’union des opprimés face à une Amérique toujours plus WASP.

La réalisatrice Jo Béranger, tristement disparue avant la fin du tournage, a été directement inspirée par le documentaire de Pierre-Yves Bourgeaud Retour à Gorée. Le grand musicien sénégalais Youssou N’Dour s’y employait à faire venir des musiciens américains sur l’île d’où étaient partis des centaines de milliers d’esclaves. Parmi eux le musicien Idris Muhamad qui, dans le film, montrait intimidé une photo de lui recouvert de plumes lors du Mardi Gras de la Nouvelle Orléans. Pour Jo Béranger, qui avait réalisé Voyages en terres indiennes sur l’ethnocide des peuples autochtones du Canada, ce fut le déclic. Elle s’est adjointe l’aide d’Edith Patrouilleau, présidente du Comité de Solidarité avec les Indiens d’Amérique, pour nous offrir un voyage envoutant à la rencontre de personnages étonnants qui font la richesse de la culture afro-amérindienne de la Nouvelle Orléans. Un voyage fait de longues observations de la préparation de l’événement mais aussi d’interviews passionnantes, notamment de David Montana, le chef de la tribu Wachita, et enfin bien sûr d’images du Mardi Gras, avec ces extraordinaires séquences de « call and response », ces joutes verbales où le chef remet en quelque sorte son autorité en jeu au milieu d’un délire visuel de plumes de toutes les couleurs.