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L'ANGE

Écrit et réalisé par Luis ORTEGA - Argentine 2018 2h VOSTF - avec Lorenzo Ferro, Chino Darín, Daniel Fanego, Mercedes Moran, Malena Villa, Cecilia Roth...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ANGELucifer était beau, on l’oublie trop souvent. Dans un monde qui s’entête à ne jurer que par les apparences, c'est souvent la laideur qui paraît suspecte. Pourtant…
Buenos Aires, 1971. Carlitos est un fils de bonne famille, bien éduqué, presque timide. Le soir il rentre vite à la maison, impatient de manger les bons petits plats de maman. C'est l'enfant unique idéal, sur lequel repose la confiance absolue de ses parents. Il n’a aucune patte blanche à montrer pour qu’on lui accorde spontanément le bon dieu sans confession.

Ce bel éphèbe à gueule d’ange va pourtant bousculer les préconçus populaires et les croyances imbéciles… À l’époque sévissent les théories du célèbre médecin légiste et criminologue italien Cesare Lombroso. Il reconnait les criminels à la longueur « excessive » de leurs bras simiesques, leur denture anormale, ou encore le fait qu’ils aient des doigts en trop ! Non mais, je vous jure ! Non seulement ils sont laids, cons, mais ils sont pauvres ! Faciles à repérer ! Le coupable idéal a donc une sale tronche, pas celle d’un chérubin. Autant dire que nul policier digne de cette fonction n’imaginerait la perversion sous les traits du gracile Carlitos, 17 ans, « des boucles blondes de mannequin pour Petit bateau et une bouche de griotte humide, aussi attractive que répulsive, qui s’ouvre sur un sourire auquel personne ne résiste » comme le décrit si bien Guillemette Odicino dans Télérama. De sa beauté vénéneuse il fera une arme de persuasion absolue sans que personne ne soupçonne de prime abord le monstre qui se tapit sous ses traits.
Il lui en faudra peu pour basculer de l’attitude de lycéen angélique à celle de cambrioleur, braqueur au sang froid : une simple rencontre, avec un camarade de bahut, fils d’un caïd du coin, le troublant Ramon, son alter ego en version brune et virile. Voilà notre damoiseau introduit dans une tribu familiale sans foi ni vergogne. En un clin d’œil le blondinet s’acclimate, tel un poisson trop longtemps privé de son élément et qu’on remet à l’eau. Il se révèle capable de mentir comme il respire, plus violent encore que ceux qui l’affranchissent, parvenant même à leur faire froid dans le dos… On sentirait Ramon presque jaloux de celui qui, progressivement, devient un élément moteur de leurs combines minables. Cet être solaire, magnétique, capable de pianoter sur le clavier des airs aériens, se révèle absolument, profondément, irrémédiablement amoral. Sa vie défile comme si chaque étape n'était qu’une immense farce illusoire. Les filles qu'il trousse, les villas qu’il détrousse, les balles qui fusent du gros calibre qu’il trimballe partout désormais, tel un grigri protecteur.

Chaque scène du film est baignée d’une lumière soyeuse, sirupeuse, presque kitsch, tel un mauvais rêve trompeur qui hante et nous désoriente. Un cauchemar coloré, orgiaque, dont nous devenons tout autant spectateurs que Carlitos l’est lui-même de ses propres jours, comme si tout y était factice. Décors de carton pâte, figurants gisants prêts à ressusciter. On dévore les scènes d’une brutalité décalée mais absolue, comme hypnotisé par leur réalité surréelle, hypnotique. On ne sait jusqu’où cette spirale infernale nous entrainera. Dans la réalité, elle entraîna Carlos Eduardo Robledo Puch, tueur en série de son état, dans les geôles les mieux gardées d’Argentine, où il continue d’effectuer la plus longue peine jamais infligée dans ce pays. Inspiré – mais néanmoins très éloigné – de la véritable histoire, ce thriller palpitant et glaçant est une véritable réussite. Les deux acteurs principaux, Lorenzo Ferro et Chino Darín (le fils de) sont absolument justes et bluffants…