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ROSIE DAVIS

Paddy BREATHNACH - Irlande 2017 1h26mn VOSTF - avec Sarah Greene, Moe Dunford, Ellie O’Halloran, Ruby Dunne, Darragh McKenzie, Molly McCann... Scénario de Roddy Doyle.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ROSIE DAVISRosie Davis, retenez bien ce nom, avant qu’il ne devienne celui d’une de ces invisibles qui s’évanouissent dans l’indifférence des puissants. Tout acharnée qu’elle est à se battre, Rosie est la digne héritière des héroïnes anonymes de Ken Loach. Dans sa voix la détermination, dans son regard l’humour qui surnage, dans ses gestes la tendresse. Une jolie personne qui avance vaillamment dans le peu d’espace pour l’espoir qui lui est laissé. « Carpe Diem - Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain », l'expression est belle mais à l'usage des nantis ! Quand on patauge dans les galères du présent, on n’a d’autre choix que de s’agripper au lendemain pour éviter de tomber plus bas. Le lendemain, c’est devenu le combat quotidien de Rosie qui n’a d’autre horizon que cet avenir immédiat. Pourtant, hier encore, toute la maisonnée vivait somme toute heureuse : elle, son gentil mari, ses quatre gosses et le fameux Peachy, le silencieux doudou de la petite dernière, qu’il faut toujours garder à l’œil pour éviter le drame de l’oublier quelque part ! Puis il y eut cette fin de mois, encore moins rose que les autres, où il fallut quitter le modeste pavillon en rang d’oignon avec pour tout bagage le peu qui rentre dans une voiture. Rien de superflu : quelques fringues entassées dans des sacs poubelles, les cahiers de classe, quelques jeux en plastique, Peachy forcément, une grosse goulée de courage et celle dont on se serait passé : la honte. La honte de ne pas réussir à satisfaire un des besoins fondamentaux d’une famille : avoir un toit sur la tête…

Rosie ne se résigne pas à cesser d’appeler les centres sociaux, les hôtels pour un hébergement d’urgence. « Pour 3 nuitées, ce n’est vraiment pas possible ? Pour une alors ? Nous sommes six… Et demain ?… » Demain, il faudra recommencer. Plus de temps pour autre chose, plus de temps pour penser, encore moins celui de rêver ni même d’espérer. De toute façon, parfois l’espoir fait mal, quand il se solde irrémédiablement par des échecs. Pourtant, et en cela Rosie est admirable, elle garde toujours la tête haute, droite dans ses bottes, fière comme un chêne, refusant la lâcheté des compromissions, quel que soit le prix à payer. Trichant devant les maîtresses d’école qui la convoquent, refusant de faire pleurer dans les chaumières, de supplier, de plier l’échine face à un système trop fort pour elle ou face à sa mère qui lui demande de travestir le passé. Pour Rosie, tout le confort matériel du monde ne vaut pas le prix de la dignité. Et s’il faut dormir entassés dans la berline familiale, il restera la chaleur humaine pour ne pas trembler de froid.
Que fait-on pour tomber si bas ? Rien de spécial… Il suffit de travailler dans un pays où les loyers et le coût de la vie augmentent sans cesse. Cela ne vous rappelle rien ? Dès lors, on a beau faire partie de l’Irlande qui se lève tôt, être prêt à traverser toutes les rues de la ville pour trouver un boulot… D’ailleurs, un travail, John Paul, le mari de Rosie, en a un. C’est là tout le paradoxe d’une société qui prend plus qu’elle ne donne désormais à nombre de ses citoyens.

Elle s’appelle Rosie. Elle pourrait s’appeler Jeanne, Aïcha, Carla… Elle est unique, elles sont uniques, elles sont des centaines de mères de familles dont la réalité se perd dans les statistiques. C’est donc la chronique d’un quotidien ordinaire, deux jours à peine dont on ressort émus, remontés comme une pendule, avec l’envie de descendre dans la rue, l’envie d’aller rabattre l’arrogance des puissants et de leur rappeler la phrase de Gandhi : « La grandeur d’une nation peut-être jugée à la manière dont elle traite les plus faibles des siens. »