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LUNE DE MIEL

Ioana URICARU - Roumanie 2018 1h28mn VOSTF - avec Mălina Manovici, Dylan Smith, Steve Bacic, Milan Hurduc... Scénario de Ioana Uricaru et Tatiana Ionascu.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LUNE DE MIELQuand on est Roumaine, venue travailler aux États Unis et qu’on s’est trouvé un potentiel mari natif américain, on est immédiatement suspectée de tricher pour intégrer à tout prix le pays de l’oncle Sam. Surtout si on est jolie, que le mec claudique un peu et n’est pas tout à fait un prince charmant. La suspicieuse administration yankee a tôt fait de venir farfouiller dans vos affaires, persuadée que tous les coups sont permis pour obtenir une green card. Ce qui n’est pas forcément faux par ailleurs, car l’humain a cette fâcheuse tendance à se battre pour survivre et tendre vers une vie meilleure. Mais dans le cas de Mara et Daniel, il est clair que ces deux-là s’aiment, ça se voit mieux que le nez de Cyrano au milieu de sa figure. Leur couple fraîchement constitué fait plaisir à voir. Attentifs l’un à l’autre, francs, avec l’envie de s’épauler longtemps, fidèles. D’humain à humain, la bénédiction leur est immédiatement accordée… mais pas d’humain à fonctionnaire du bureau de l'immigration… Celui qui les reçoit l’un après l’autre n’a pas l’air bien commode. C’est au tour de Mara, peu rassurée, malgré les encouragements de Daniel. La voilà qui pénètre dans le bureau impersonnel pour un premier tête à tête. « Et comment vous êtes-vous rencontrés ? Et au lit, ça va comment, au lit ? » Je force le trait, mais à peine : la frêle souris tétanisée qui joue sa vie face au matou bien nourri qui la scrute, guette les moindres failles, prêt à bondir. Obligation est faite de répondre, avec la peur au ventre de faire un faux pas ou que ses propos soient dévoyés, tout en restant polie devant le tout puissant représentant de l’état, quoi qu’il puisse insinuer. Et tout ça, évidemment dans une langue qui n’est pas la sienne. Mara s’en sort formidablement bien : sa diction est fluide, son petit accent roumain est plus charmant que gênant, elle développe même ses explications dans un vocabulaire qui dépasse celui du Ricain pur jus qu’elle a en face.

C’est que depuis des mois, elle exerce sa profession d'infirmière dans un hôpital de la ville, prévenante, dévouée, tellement à l’écoute et attentive à ses patients qu’elle a fini par être séduite par l’un d’eux : Daniel évidemment. Dont elle est tombée amoureuse… mais pas avant d'être convaincue d'avoir tiré le bon numéro !
Le rendez-vous administratif se termine, ce devrait être le dernier puisque tout est en règle… Mais on découvrira bientôt que son interlocuteur est un sacré tordu qui va se servir de son pouvoir pour ferrer sa proie. Que faire quand celui qui possède la clef de votre tranquillité est un type abject ?
Mais pour l’instant, Ioana quitte le bureau de l'immigration le cœur en paix. Il est temps d’aller chercher Dragos, son fils de 9 ans, à l’aéroport. Après les mois de séparation, les retrouvailles sont aussi émues que joyeuses. On pleure et on rit. Daniel se débrouille comme un chef, se montre patient, n'en fait pas trop, et très vite une belle complicité va naître entre lui et Dragos. La famille est en bonne voie de (re)construction. C’est tendre. C’est beau. C’est sans compter l’ombre du fonctionnaire qui plane…

Pour son premier film, la réalisatrice Ioana Uricaru raconte quelque chose qui lui est essentiel. À travers l’histoire de Mara, elle décrit le difficile parcours des exilés dans un pays devenu paranoïaque. Elle parle avec justesse de la vulnérabilité des immigrées dont elle fit partie, du sentiment d’injustice. Un point de vue d'une rare sensibilité, qui nous vient de l’intérieur et parle d’un sujet rarement abordé, presque tabou. Les exploiteurs sont parfois planqués au cœur du système démocratique qu'ils sont censés représenter…