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L'AUTRE CONTINENT

Romain COGITORE - France 2018 1h30mn - avec Deborah François, Paul Hamy, Vincent Perez, Daniel Martin, Christiane Millet, Aviis Zhong, Nanou Garcia...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'AUTRE CONTINENTIls n'avaient rien pour se rencontrer. Maria a 30 ans, elle est rebelle, indépendante, plutôt volage, et quand elle décide de partir au bout du monde, précisément à Taïwan, pour écrire une sorte d'Into the wild asiatique, elle fait le tour de ses amants pour leur dire au revoir tout en pensant adieu, en protestant de son amour, sans y croire vraiment, lâchant à sa mère, avant de sauter dans l'avion, un « Carpe diem » désinvolte.
De l'autre côté du globe, Olivier est un garçon timide, lent, taciturne, solitaire, polyglotte jusqu'à l'obsession (il parle 14 langues !). Il est guide multilingue dans un des magnifiques temples de Taipei, et quand Maria, qui exerce le même job temporaire (pour elle seulement en néerlandais), l'aborde, visiblement attirée par sa sexitude, il n'a pas franchement les codes de la séduction en tête : il peine à inviter la jolie demoiselle à sortir comme le ferait n'importe quel mâle content de l'aubaine, la fait monter chez lui sans tenter de la retenir, persuadé qu'elle était seulement intéressée par sa bibliothèque, à croire que malgré sa trentaine passée, le jeune homme n'a encore connu personne bibliquement.

Pourtant Maria est irrésistiblement séduite par cet être si différent de tous les hommes qu'elle a connus. Et, assurant tout le boulot des préliminaires, elle va finir par convaincre Olivier des bienfaits d'abord de l'amour physique puis de la vie de couple pleine et sereine. Toute la première partie du film est ainsi la description touchante et drôle d'une histoire d'amour en construction, improbable mais finalement réussie. Vont se présenter ensuite les épreuves, d'abord de l'éventualité de la maternité puis de la maladie, laquelle va obliger les tourtereaux à revenir dans la belle ville de Strasbourg. Avec une question prégnante : comment faire perdurer l'amour alors que la maladie modifie considérablement non seulement l'état physique de l'être aimé mais aussi la personnalité et l'intelligence qui ont fait qu'on en est tombé amoureux ? Une question qu'affrontent à un moment tous les couples vieillissants, mais généralement sur une ou deux décennies, alors que les jeunes trentenaires vont expérimenter cela en accéléré.
Ce qui est très beau, c'est la lucidité avec laquelle cette expérience est décrite, sans épargner les aspects difficiles, quand la faiblesse du malade entraîne des moments peu ragoûtants, quand les désirs inassouvis vous tiraillent et vous poussent à l'infidélité, quand commence à poindre l'interrogation inévitable : doit on sacrifier une partie essentielle de sa vie par amour ? Une question légitime que se sont posés tous les compagnons ou compagnes de malade sans pour autant que cela fasse d'eux des monstres d'égoïsme.

Le récit, fort, est porté par deux acteurs remarquables : Deborah François, révélée à 18 ans dans L'Enfant des frères Dardenne, qui passe magnifiquement de la sensualité et de la légèreté à l'amour et à la gravité, et Paul Hamy, que vous pourrez voir aussi dans Sibyl de Justine Triet, parfait avec sa dégaine de grand enfant dégingandé, l'air rêveur et un peu absent et pourtant si beau. La mise en scène sait se faire ample pour restituer la beauté de paysages qui font écho aux tourments des âmes (autant les forêts tropicales montagneuses de Taïwan que les étendues enneigées vosgiennes où le réalisateur a grandi) et intimiste lorsqu'elle suit au plus près le couple dans son évolution – et même microscopique dans ses visions du sang malade… Ce film surprenant, qui démarre comme une jolie comédie romantique pour se poursuivre en drame métaphysique, est un premier essai accompli pour Romain Cogitore.