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Le blog des profondeurs...
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« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

Message du Théâtre de l'Usine : « En attendant de vous retrouver ! »
Chères spectatrices, chers spectateurs,Suite aux décisions prises par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le Théâtre de l’Usine reste fermé jusqu’à nouvel ordre afin de protéger la santé de chacun d’entre nous. L’ensemble des représentations programmées sont à ce jour annu...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film »
Jérôme Soubeyrand, comédien, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en décembre 2014 pour la présentation de son film Ceci est mon corps en compagnie de son actrice Laetitia Lopez. Ceci est mon corps est mis en visionnage libre toute cette semaine (dans les films confinés, liens dans la c...

JOURNAL DE BORD D'UN CINÉMA FERMÉ
  LE FACEBOOK UTOPIA95 Mercredi 1er avril 2020 ou comment apprendre à vivre avec le Covid 19(on a raté les 18 épisodes précédents, c’est pour ça qu’on n’y comprend rien) Chers amis utopiens confinés, A l’heure où quelques écrivain(e)s se confi(n)ent  dans des journaux plus ou moins intimes (on v...

TU MÉRITES UN AMOUR

Écrit et réalisé par Hafsia HERZI - France 2019 1h40mn - avec Hafsia Herzi, Djanis Bouzyani, Jérémie Laheurte, Anthony Bajon, Sylvie Verheyde, Samir Guesmi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TU MÉRITES UN AMOUR« Tu mérites un amour qui balaierait les mensonges et t’apporterait le rêve, le café et la poésie… » Poème de Frida Kahlo

Il y a douze ans, en 2007, une actrice débutante nous mettait une énorme claque. À 20 ans, elle explosait dans La Graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche, en jeune femme prête à tout pour aider son père adoptif, ouvrier marseillais fatigué, décidé à monter un restaurant dans un vieux bateau. Elle crevait l'écran par son jeu instinctif, qui lui valut un prix à Venise et le César du meilleur espoir féminin.
Depuis, Hafsia Herzi est devenue une actrice confirmée. Mais elle avait toujours gardé à l'esprit la volonté de passer derrière la caméra. Déjà réalisatrice d'un court métrage, ayant en projet un film sur sa mère courage marseillaise, elle a, avant cela, fait le grand saut sans attendre les résultats des filières habituelles de production et de financement du cinéma français : en cassant sa propre tirelire, en rassemblant tous les amis derrière et devant la caméra qui ont accepté de donner de leur temps et de leurs compétences techniques et artistiques.
Avec ce premier film directement sélectionné par la Semaine de la critique du Festival de Cannes, Hafsia Herzi nous touche au cœur en traitant avec une force hors du commun un thème essentiel : la déchirure amoureuse. Elle y incarne elle-même Lila, qui aime encore Rémi qui vient de la quitter, tout en lui laissant quelques espoirs puisqu'il prétend avoir besoin de faire le point à l'occasion d'un voyage solitaire en Bolivie. Lors d'une première scène emblématique, Lila parcourt les rues de Paris d'une allure empressée pour débarquer chez son ancien amant, bien décidée à le prendre en flagrant délit de duplicité. Pendant tout le film, entourée d'un entourage amical disparate – avec notamment un génial copain de soirées pyjama, un peu folle sur les bords mais toujours de bon conseil, qui lui enjoint avec des arguments très imagés d'oublier le connard qui lui vrille le cerveau –, elle va dérouler toutes les étapes de la séparation amoureuse avec un pervers narcissique plus ou moins assumé.

Hafsia Herzi – dont on se demande quelle part d'autobiographie elle a pu mettre dans ce récit pour le rendre à ce point authentique – sait nous faire partager avec émotion et aussi beaucoup d'humour tous les états de son personnage : le désenchantement, la tristesse profonde, l'espoir un peu niais quand elle veut se raccrocher au moindre signe venu de l'égoïste visiblement inconséquent qui l'a pourtant laissée tomber comme une vieille serpillière, la folie douce quand elle se raccroche à un soi-disant marabout qui aurait travaillé pour Sarkozy et Carla Bruni, les rencontres plus ou moins sans lendemain avec des garçons parfois pathétiques, parfois touchants (en particulier le jeune photographe superbement interprété par Anthony Bajon, découvert il n'y a guère dans La Prière), et autres expériences sexuelles éventuellement libertines…
Au final Lila s'impose comme un personnage fort, à l'image de celle qui l'incarne et réalise le film : une femme libre, intelligente et drôle, qui se fait tout naturellement sa place de créatrice dans le monde du cinéma et qui se place sans forfanterie sous le signe de la géniale Frida Kahlo.