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FAHIM

Pierre-François MARTIN-LAVAL - France 2019 1h47mn - avec Gérard Depardieu, Isabelle Nanty, Assad Ahmed, Mizanur Rahaman... Scénario de Pierre-François Martin-Laval, Philippe Elno et Thibault Vanhulle, d’après le livre Un roi clandestin de Fahim Mohammad, Xavier Parmentier et Sophie Le Callennec.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FAHIMVoilà un joli conte de fées moderne, un « feel good movie » comme on dit chez les Franglais, familial de surcroît, qu’on aurait tort de louper en ces temps automnaux où il fait bon se retrouver entre générations dans la chaleur des salles de cinéma. Et en plus tout ou presque dans ce film est inspiré d’une histoire aussi incroyable que bien réelle.
Au départ, l’avenir immédiat ne se présente pas franchement sous les meilleurs auspices pour Fahim et son père Nura. Nous sommes au début des année 2000 à Dacca, capitale du Bangladesh, pays tristement célèbre pour sa surpopulation urbaine et l’esclavage de ses ouvrières (d’ailleurs ne ratez pas sur cette même gazette le très chouette Made in Bangladesh ), qui triment pour que nous puissions tous avoir des vêtements de marque au moindre prix, et sa démocratie pour le moins approximative. Nura fait justement partie des opposants au régime, et sa vie est menacée, celle de sa famille aussi, évidemment. La décision est prise : quitter le pays et rejoindre l’Europe comme les millions de malheureux qui fuient les guerres et les calamités. Pour enjoliver la situation, on a raconté à Fahim, passionné d’échecs et jeune champion de son pays, qu’il allait rencontrer à Paris un maître de l’échiquier…

Mais la réalité est tout autre, c’est celle de tous les clandestins : la difficulté pour le père de trouver un boulot sous-payé, l’obligation de rassembler chaque jour de quoi payer des chambres insalubres louées à des prix exorbitants par des marchands de sommeil sans scrupules. Mais Fahim n’a pas oublié son objectif et il va trouver sa voie dans un club improbable, niché au bas d’un immeuble de Créteil et dirigé par Sylvain, un entraîneur aussi génial que caractériel. Entre le jeune Bangladais qui ne maîtrise ni le français ni la ponctualité, et le maître bougon (euphémisme), le courant ne va pas passer tout de suite. Mais chacun va comprendre peu à peu que l’autre est la chance de sa vie, le jeune Fahim espérant grâce à Sylvain accéder au meilleur des échecs, et Sylvain ayant l’opportunité grâce à Fahim de porter enfin la renommée de son club au plus haut après des années de déceptions. Le problème, c’est que pendant ce temps, la situation administrative et matérielle du père de Fahim va se dégrader…

La grande réussite du film est de conjuguer la narration et la montée de l’émotion propres au conte et une grande authenticité documentaire dans la description de la vie de Fahim et de son père. Aucune volonté d’édulcorer les choses dans le début du film qui retranscrit (avec même des images d’archives) la répression policière à Dacca, pas plus que dans la description des conditions de vie terribles des migrants dans les camps autour du périphérique parisien. On ne peut que tirer son chapeau au réalisateur d’avoir inclus cette réalité dans un authentique film populaire. Il faut dire que la préparation du film a été menée d’un bout à l’autre avec le vrai Fahim et avec le véritable entraîneur Xavier Parmentier, malheureusement brutalement décédé peu avant la fin du tournage, qui a su rendre crédibles et palpitantes toutes les compétitions d’échecs. Xavier Parmentier, Sylvain dans le film, est magnifiquement incarné par un Gérard Depardieu qui a de toute évidence été très ému par le projet et le destin de Fahim – et n’oublions pas Isabelle Nanty, son alter ego plus tendre et sensible. Pierre-François Martin-Laval a réussi un très joli conte social, comme il n’y en pas tant dans le cinéma français qui a la fâcheuse tendance de s’auto-centrer sur les drames sentimentaux germanopratins… Mais soyons justes et optimistes : en l’espace de quelques mois, Les Invisibles, La Lutte des classes, La Vie scolaire… ça bouge !