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LE PROGRAMME UTOPIA 298 - DU 19 AOÛT AU 29 SEPTEMBRE 2020 (À TÉLÉCHARGER)
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FERMETURE ESTIVALE
FERMETURE.jpg, août 2020 ... Lire FERMETURE ESTIVALE...

EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020
UTOPIA-297 ... Lire EN ATTENDANT LA VERSION PAPIER LE PROGRAMME DE RÉOUVERTURE - DU 1ER JUILLET AU 4 AOÛT 2020...

« Seul(e) sur une île déserte, confiné(e) avec un film » : Guillaume Brac
Guillaume Brac, réalisateur : nous avons programmé tous ses films depuis Le naufragé / Un monde sans femme (2012), Tonnerre (2014), Contes de Juillet (2018) et L’île au trésor (2018). Guillaume Brac est venu présenter ce dernier documentaire autour de la Base De Loisirs Cergy et son film Tonnerr...

PORT DU MASQUE :

Le port du masque est OBLIGATOIRE dans les zones de circulation du cinéma et donc quand vous êtes en mouvement (entrées et sorties, toilettes, hall). Dans la salle et donc pendant la projection, le port du masque demeure RECOMMANDÉ pendant la séance. Ce qui est OBLIGATOIRE par contre, c'est la distanciation (un fauteuil libre de part et d'autre pour vous ou votre famille). Merci de votre compréhension.

ÉTÉ 85

Écrit et réalisé par François OZON - France 2020 1h40mn - avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge, Valeria Bruni-Tedeshi, Melvil Poupaud, Isabelle Nanty... D’après le roman d’Aidan Chambers, Dance on my grave (en France La Danse du coucou, Editions Points). Sélection Festival de Cannes 2020.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ÉTÉ 85Il y a du Rimbaud dans la bouille d’Alexis, pardon, Alex, il préfère. Il n’aime pas son prénom. Le cheveu blond en bataille, le tee-shirt sans manches, accro à la musique de The Cure, Rod Stewart… qu’il écoute sur son baladeur à cassettes… nous sommes en 1985 et les vacances commencent à peine tandis que rien de très clair ne s’annonce pour l’année qui suit : continuer ses études comme le lui conseille son perspicace prof de lettres, qui lui devine un brin de talent pour l’écriture ? Son père docker le pousserait plutôt à plonger dans la vie active… Quant à sa mère – « pourvu que tu sois heureux ! » – elle le couve de sa bienveillance…

Cet après-midi-là, son copain Chris n’est pas dispo pour une balade en mer, mais il lui prête son petit voilier. A peine au large, Alex, tout à sa musique et au plaisir de se laisser aller à la caresse du soleil, entend trop tard l’orage qui approche, panique et, maladroit, se retrouve à la flotte, quille en l’air… Heureusement pour lui un voilier guère plus gros rapplique… David a deux ans de plus, mais il assure et, en le moquant un peu, ramène Alex à terre, puis l’entraine chez lui, remplace ses fringues mouillées tandis qu’il barbote dans un bain chaud…
Si Alex est novice côté cœur, David a visiblement plus d’expérience, et il trouve bien à son goût ce jeune éphèbe un peu incertain qui se laisse subjuguer par une assurance qui lui en impose et qui le trouble, sans qu’il cherche à résister à l’exultation des sens qui l’emporte… Ils vont faire les fous en boite, des virées en moto, ils vont s’aimer… La très charmeuse et envahissante mère de David, trop contente que son fils ait trouvé un ami, manifeste sa satisfaction avec un poil d’ambiguïté, facilement familière… Orphelin depuis peu, David a laissé sans regret ses études et travaille avec elle dans la boutique de matériel marin léguée par le père disparu…
Dans la fulgurance de cet été tout neuf, Alex, fasciné, s’abandonne totalement à ce qui devient vite un amour possessif et jaloux. David est plus joueur, plus volage sans doute, nullement prêt à se laisser enfermer dans une relation exclusive…
C’est donc l’été 1985 et dès le début du film on est frappé par le grain des images, qui semblent nous arriver du passé, elles ont le chaud parfum du souvenir, d’une histoire embellie par le temps, d’un retour sur les premières émotions amoureuses qui s’imposent comme une évidence et personne ne semble s’interroger une seconde sur les interdits d’une époque pourtant pas toujours lumineuse…

À l’origine du film, il y a un roman anglais, lu par François Ozon alors qu’il avait l’âge d’Alex et commençait à réaliser des courts métrages : « Trente-cinq ans plus tard, après Grâce à Dieu, j’ai relu le livre par curiosité et j’ai eu un choc, car j’ai réalisé que beaucoup de scènes ou de thèmes du livre, je les avais déjà filmés… Ce livre que j’avais lu adolescent avait nourri mon imaginaire, mais je n’avais jamais fait le lien… Dans ce film, il y a à la fois la réalité du livre et mon souvenir de ce que j’ai ressenti en le lisant ».
Sans doute il fallait que le temps passe pour que cette histoire d’amour s’inscrive dans un contexte où chaque personnage, même secondaire, existe, pour que le regard de l’adolescent d’alors s’enrichisse du recul d’un auteur talentueux qui a muri et pose un regard bienveillant sur ses émotions adolescentes. François Ozon réalise ainsi un de ses plus beaux films, maitrisé de bout en bout, profondément sincère et émouvant, porté par deux jeunes acteurs formidables.