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LEUR ALGÉRIE

Lina SOUALEM - documentaire France / Algérie 2020 1h12mn -

Du 20/10/21 au 22/10/21

LEUR ALGÉRIEC’est un film formidable, sur les réalités de l’exil, sur la transmission entre générations, sur le temps qui passe trop vite et qui risque d’enterrer à jamais les histoires trop longtemps tues.
Le film commence par un enchaînement d’images hésitantes mais très parlantes. D’abord, un film familial datant du début des années 90 avec derrière la caméra Zinedine Soualem – comédien connu et apprécié pour ses nombreux rôles marquants, notamment dans les films de Cedric Klapisch. On y voit les parents de Zinedine donner à manger à leur petite fille Lina, 4 ou 5 ans à l’époque et future réalisatrice de ce documentaire. Zinedine Soualem s’étonne en direct de ce que ses parents parlent en français et non en arabe. Un des premiers sujets est posé… Et puis on découvre une discussion vidéo enregistrée près de trente ans plus tard : Zinedine est dans le même salon, désormais totalement vide, et parle avec sa fille. Il finit de déménager la maison familiale, puisque ses parents, après presque 60 ans de mariage, ont décidé à la surprise générale de se séparer pour habiter à 100 mètres l’un de l’autre, dans deux immeubles se faisant face dans la même rue.

Lina Soualem, qui a grandi dans le monde du cinéma – tant du côté de son père que de sa mère, la grande comédienne palestinienne Hiam Abbass –, avait décidé de s’éloigner du milieu pour faire des études de journalisme et d’histoire. Elle réalisa à cette occasion qu’elle ne connaissait rien ou si peu de l’histoire de ses aïeux algériens et découvrit à quel point le silence sur le passé avait été la règle dans le foyer de ses grands parents, et dans une moindre mesure chez son père. La séparation inattendue de Mabrouk et Aïcha a été le déclic pour tenter de recueillir auprès d’eux cette mémoire enfouie. Elle a donc pris la route de Thiers dans le Puy-de-Dôme, ville natale de son père, pour passer un mois avec ses grands parents, les filmer et les écouter. Au départ ils se débrouillent pour esquiver la discussion, Aicha partant dans un fou rire à chaque question dérangeante, Mabrouk, lui, préférant détourner le regard. Mais petit à petit, Lina Soualem, petite fille et cinéaste, va faire craquer le vernis de chacun, une carapace forgée durant des décennies.
Lina s’incruste donc, faisant accepter en douceur sa caméra et ses questions, suivant son grand père dans son rituel immuable qui le voit hanter la galerie commerciale voisine une grande partie de la journée, l’accompagnant dans la forge abandonnée où il a mené toute une vie de labeur, alors que la commune auvergnate ne conserve quasiment aucune mémoire de ses ouvriers algériens. En parallèle, elle filme Aïcha, beaucoup plus ouverte à la vie, toujours prête à rigoler, adhérente active d’une association de femmes du quartier. Et continuant, malgré la séparation, à s’occuper de Mabrouk, traversant quotidiennement la rue pour lui apporter ses repas… À un moment, Lina montre à ses deux grands-parents les photos de leurs aïeux, dont elle découvre que la séparation il y a plus de 60 ans hante leur souvenir comme si c’était hier… Et c’est assez bouleversant d’entrevoir leurs blessures cachées, dont on imagine qu’elles sont celles de nombreux Algériennes et Algériens qui ont tant donné à la France, loin de leur terre natale…

Lina Soualem devrait maintenant réaliser un film sur sa famille maternelle palestinienne : Bye-bye Tiberiade. On a hâte de le découvrir.