MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif). PASS CAMPUS : 3,50 euros. Paiement CB, Chèque ou Espèces.

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA DU 3 NOVEMBRE AU 14 DÉCEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA DU 3 NOVEMBRE AU 14 DÉCEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)...

LA GAZETTE UTOPIA DU 22 SEPTEMBRE AU 2 NOVEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA DU 22 SEPTEMBRE AU 2 NOVEMBRE 2021 ( À TÉLÉCHARGER)...

LA GAZETTE UTOPIA DU 18 AOÛT AU 21 SEPTEMBRE ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA DU 18 AOÛT AU 21 SEPTEMBRE ( À TÉLÉCHARGER)...

LA NOUVELLE GAZETTE UTOPIA DU 7 JUILLET AU 3 AOÛT ( À TÉLÉCHARGER)
  ... Lire LA NOUVELLE GAZETTE UTOPIA DU 7 JUILLET AU 3 AOÛT ( À TÉLÉCHARGER)...

COMPARTIMENT No6

Juho KUOSMANEN - Finlande / Russie 2021 1h46mn VOSTF - avec Seidi Haarla, Yuriy Borisov, Julia Aug, Dinara Drukarova... Scénario d’Andris Feldmanis, Livia Ulman et Juho Kuosmanen. GRAND PRIX, FESTIVAL DE CANNES 2021.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COMPARTIMENT No6Sauvage, maladroite et solitaire, c’est ainsi que le réalisateur décrit son héroïne… Et c’est ainsi que Laura nous apparaît, mal à l’aise d’être prise pour le centre du motif par sa logeuse et néanmoins amante Irina, qui l’exhibe fièrement plus qu’elle ne la présente à son aréopage moscovite lors d’une soirée bon ton. La pétillante russe n’a de cesse de présenter sa « petite Finlandaise » comme on brandit un trophée à la chair tendre et à la cuisse ferme, exquise friandise. Étrangement Irina, qui a tout de la féministe intellectuelle libérée, semble loin de réaliser qu’elle ne se comporte pas mieux qu’un vieux macho dominant, égoïstement rassurée de démontrer qu’elle peut séduire plus jeune qu’elle. Laura quant à elle, aveuglément enamourée, bade son inaccessible hôtesse, qui semble trôner sur un invisible piédestal tandis que le fond musical polyglotte taquine la destinée : Roxy Music balance son Love is the drug dans les hauts parleurs, avant que la voix de la chanteuse Desireless ne réponde par son Voyage, voyage… », comme un appel à l’évasion qui par ailleurs finit de dater l’intrigue dans les années 90, celles de la fin de l’ère soviétique.

Voyager, c’est donc ce que va faire Laura, sacrifiant ses désirs pour Irina à son envie de partir à la découverte des célèbres pétroglyphes vieux de dix mille ans que mentionnent ses cours d’archéologie. La voilà qui s’embarque seule pour un singulier périple, un rail movie au long cours, à bord d’un train d’un autre âge qui la conduit vers la mer de Barents et les solitudes enneigées. Si ce n’était que cela… Elle pourrait à loisir écouter battre son cœur, rêver discrètement de sa belle… Mais la cabine où se situe sa couchette, occupée par un importun, ne sera pas un havre de paix. Fi de son intimité ! C’est fou comme un seul être peut devenir plus envahissant qu’une horde barbare. La rencontre est malaisante. Le rustre, déjà pas très discret à jeun, s’avère désagréablement insistant et irrespectueux une fois imbibé de vodka. Laura a beau adopter une posture bravache, elle n’en mène pas large. Elle se résout à réclamer une autre couchette à la contrôleuse de ces wagons-lits un brin miteux. La gorgone ne lui fera pas de cadeau, jaugeant de haut cette étrangère mal fagotée, qui ne fournit aucune explication. Laura serait-elle condamnée à rester prisonnière d’un étouffant huis-clos ? L’envie lui prend de rebrousser chemin vers son lieu de départ, vers Moscou, son amoureuse…
Mais laissons-là le récit gorgé d’humour qui bascule, par petites touches, entre deux rasades d’alcool et quelques poignées de cornichons marinés, dans un feel good movie au charme discret mais bien réel. Décidément, les voies ferroviaires sont impénétrables. Sous le vernis policé de l’âge adulte se dissimulent une infinité d’émotions contradictoires, une animalité instinctive, blessée, une forme d’innocence capricieuse, enfantine. Ici nul n’est ce qu’il parait être, du moins jamais complètement. Les acteurs excellent à ce jeu de dupes, campant des personnages tout en maladresse, aux écorchures mal dissimulées, véritables bras cassés de la communication, des sentiments, incapables de s’ouvrir aux autres. Décidément, il leur faudra apprendre à se comprendre au-delà des mots qui ne viennent pas, qu’ils ne possèdent pas.

Seidi Haarla qui interprète Laura est de tous les plans, une véritable révélation. Elle donne de l’étoffe à son personnage pas forcément aimable, brut de décoffrage, dont la beauté atypique n’est pas une évidence. Au fil de ses étapes on découvre une Russie de l’arrière-ban, sans fard. Et cela confère une véracité, une authenticité, une vraie originalité à ce film d’un cinéaste qu’il ne faudra pas perdre de vue…