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C’EST TOI QUE J’ATTENDAIS

Stéphanie PILLONCA - documentaire France 2020 1h27mn - Scénario de Stéphanie Pillonca et Astrid de Lauzanne. Enquête de Stéphanie Pillonca, Inès Kalfsbeek, Stéphane Munda et Fabrice Brault.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

C’EST TOI QUE J’ATTENDAIS« Je me sens bien seule et je ferme ma gueule quand, autour de moi, toutes les cigognes frappent aux portes, sont passées par là. J’ai envie de hurler, j’ai envie de pleurer, je m’accroche à ton cou. Qu’est-ce qu’ils font les autres ? Qu’est-ce qu’ils ont les autres de plus que nous ? » Directement évoquée par l’un des protagonistes du film, cette chanson du duo Brigitte, Je veux un enfant, résonne avec une poignante acuité au cœur de C’est toi que j’attendais, le film documentaire de Stéphanie Pillonca.
Sentiment censément universel dans nos civilisations, le désir d’enfant peut générer une écrasante tension quand il se heurte aux obstacles qui peuvent l’entraver, car il est un lien très intense entre passé, présent et avenir, renvoyant chacun aux ressorts les plus instinctifs de son histoire intime et démultipliant les charges émotionnelles. C’est à ce croisement où s’enchevêtrent joies et souffrances, espérances et désillusions, miroirs de qui l’on est et de qui l’on sera, que la réalisatrice a choisi de se placer, privilégiant une approche plurielle à travers quatre trajectoires d’adoption.

Côté pile se trouvent deux couples engagés dans un processus d’adoption, l’un encore aux prémisses, dans l’anxiété des entretiens et des visites évaluant sa candidature (« c’est une aventure qu’on espère belle, mais vous ne savez pas jusqu’où vous pouvez aller et personne ne peut vous le dire »), l’autre ayant déjà reçu un agrément mais attendant depuis près de trois années qu’un enfant lui soit confié (« au début, les gens nous demandent des nouvelles toutes les semaines et on leur explique que le jour où on aura des nouvelles, ce sera le jour où ce sera oui et que ce jour n’arrivera peut-être jamais »). Deux couples qui racontent des parcours personnels touchants (voire très émouvants) les ayant amenés jusqu’au désir d’adoption.
Côté face, le film donne la parole à une mère ayant accouché sous X : récit bouleversant d’une adolescente anglaise de 16 ans tombant enceinte à son premier rapport sexuel, réussissant à cacher sa grossesse, accouchant seule dans l’appartement des vacances de ski familiales en France et, en état de choc, convaincue par ses parents de renoncer à son bébé. Elle rêve de retrouver ce fils près de 30 ans après (« j’aimerais savoir où il est, s’il est heureux, ce qu’il fait ») pour apaiser son âme débordante de culpabilité et d’amour maternel inassouvi. Une volonté poignante de renouer le lien qui est aussi celle d’un père de famille français menant une enquête difficile sur la femme inconnue qui lui a donné naissance sous X en 1972 (« c’est beaucoup de questions auxquelles j’aimerais bien avoir des réponses »).

C’est toi que j’attendais est donc un documentaire de témoignages mais la cinéaste sait parfaitement le faire respirer par une mise en scène subtile et inspirée. Et si la puissance des personnages est forcément inégale – tant certaines trajectoires sont émotionnellement terrassantes – le parti-pris des quatre visions, des quatre paroles du film se justifie totalement car un enfant, au fond, c’est une combinaison complexe d’affects, une projection et une réalité, à la fois un tout et un tous.

(d’après F. Lemercier, cineuropa.org)