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À LA FOLIE

Écrit et réalisé par Audrey ESTROUGO - France 2021 1h22mn - avec Virginie Van Robby, Lucie Debay, Anne Coesens, Théo Christine...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

À LA FOLIEElles sont sœurs, elles ont 25-30 ans. Emmanuelle, l’aînée, est partie vivre sa vie à Paris, tandis que Nathalie est restée avec sa mère – laquelle veille sur elle, et se débrouille seule, comme elle peut, avec les épisodes de schizophrénie qui traversent sa fille. C’est le temps des retrouvailles pour ce trio de femmes, prétextant l’anniversaire de la mère pour passer du temps ensemble. D’emblée, se retrouver n’est pas simple. L’atmosphère est tendue, les frangines se cherchent, s’asticotent, s’envoient des piques, le climat est électrique. Rapidement sur la défensive, « Manu » tient sa garde. D’emblée, son corps traduit sa réaction épidermique : pour elle, revenir dans la maison familiale, et se jeter dans l’œil du cyclone, cela s’accompagnera nécessairement de violence, alors elle se protège. Sans fard, on ressent de sa part l’urgence de l’action, l’urgence charnelle de vivre, d’être… Nath, elle, est complètement impulsive, elle se montre mordante, dure, désinhibée. C’est un électron libre, difficile à appréhender. Les situations basculent d’un coup : à un moment elle va bien, et en un quart de seconde, comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, elle vrille et donne à voir sa face obscure.

Et entre ces deux forces qu’on dirait contraires, il y a la mère, magnifique Anne Coesens. D’une grande douceur, d’une retenue presque excessive, elle se montre résignée et s’emploie constamment à arrondir les angles. Elle est le paratonnerre qui prend sur elle les éclairs des orages qui grondent entre ses rejetonnes. Convaincue d’avoir fait le bon choix pour sa fille cadette en la gardant auprès d’elle, elle ne croit pas en l’institution, elle s’efforce d’accompagner Nathalie, malgré les crises de plus en plus fréquentes. Son refus de la thérapie revient à nier le fait que la situation pourrait être différente. Comme si les protections qu’elle a mises en place pouvaient durer toujours – une sorte d’aveuglément volontaire face à l’extrême souffrance de sa fille qui lui saute quotidiennement aux yeux.

Fragiles, complexes, ces femmes n’ont de cesse de crier leur amour et leur impossibilité à s’aider mutuellement. La beauté du film réside dans cette proximité qui s’installe avec les personnages, portés par des comédiennes formidables. Virginie Van Robby (Manu), pour la première fois à l’écran, dégage une présence d’une grande intensité. Lucie Debay (sa sœur Nath) a une énergie et une personnalité incroyables. Pour la réalisatrice, « Virginie et Lucie se complètent très bien, comme le Ying et le Yang ». Et on n’oublie surtout pas Anne Coesens, déjà citée, tout en retenue et en subtilité.
La caméra nous donne la sensation de coller à leur visage, la quasi totalité du film se passe dans la maison familiale, un personnage à part entière évoquant l’enfermement mental et physique, en écho à l’incommunicabilité qui règne entre les membres de cette famille déstructurée. Et qui s’avère destructrice, chacune retranchée dans le silence, vivant les choses seule. Les événements affontés, les fragilités et les blessures ont paradoxalement soudé le trio, uni par un grand amour. La traversée familiale, nécessaire, va mener tout ce petit monde sur un chemin différent où chacun aura fait comme il a pu. La force de vie de Nathalie illumine la fin du film, bouleversante et pleine d’espoir.