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BOY FROM HEAVEN

Écrit et réalisé par Tarik Saleh - Suède-France-Finlande-Maroc 2022 2h05mn VOSTF - Avec Tawfeek Barhom, Fares Fares, Mehdi Dehbi, Mohammad Bakri, Makram Khoury... Prix du scénario Festival de Cannes 2022.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BOY FROM HEAVENSouvenez-vous : Tarik Saleh nous avait séchés sur place en 2017 avec Le Caire Confidentiel, polar nerveux et haletant qui évoquait à juste titre le L.A. Confidential de James Ellroy. Le réalisateur nous y faisait plonger profondément dans le monde très sombre des turpitudes du Caire et sa police corrompue jusqu’à la moelle. C’était ample, c’était rugueux, très finement écrit et brillamment réalisé. Corruption, turpitudes, rugosité, ampleur, finesse et beauté de la mise en scène : on retrouve tout ça dans Boy from heaven – en changeant de décor, le cinéma de tarik Saleh n’a rien perdu de son charme ni son écriture de son éclat. Au petit jeu des comparaisons prestigieuses, il aurait pour ce nouvel opus simplement troqué l’influence d’Ellroy contre celle d’Umberto Eco – et serait passé des références à L.A. Confidential à celles, plus feutrées, au polar médiéval Le Nom de la rose. Et comme dans ce dernier, qu’on soit fin connaisseur ou totalement ignorant des concepts et préceptes religieux (hier le christianisme, l’Islam dans le cas qui nous préoccupe), le talent de conteur du réalisateur parvient à en faire comprendre l’essentiel pour nous embarquer sans coup férir dans une enquête passionnante au cœur d’intrigues plus tortueuses que les ramifications des meilleurs thrillers d’espionnages.

La prestigieuse Université islamique Al-Ahzar du Caire, une ville dans la ville, est une sorte de phare intellectuel pour l’Islam sunnite mondial qui rappelle les heures glorieuses de l’islam médiéval des Mille et une nuits. Al-Ahzar est aussi, surtout, un lieu de pouvoir essentiel, où les élites se forment, où tout se joue, tout trame – un peu l’équivalent des universités d’Oxford pour les britanniques ou de Harvard pour les Américains. Autant dire que l’imam d’ Al-Ahzar est un des principaux hommes de pouvoir du pays. Et que quand il décède brutalement, sa succession est un enjeu essentiel non seulement pour l’Université mais pour tous ceux qui à l’extérieur ont intérêt à avoir la main ou du moins l’information sur ce que s’y trame. C’est à ce moment là qu’arrive le jeune Adam, un fils prodigue d’un modeste pêcheur qui a miraculeusement obtenu une bourse pour y étudier. Rapidement repéré, le candide est recruté par la Sécurité Intérieure égyptienne pour jouer « l’ange », joli mot pour désigner une taupe afin de renseigner les services de l’État. Qui n’a de cesse, l’État, d’imposer son candidat dans la guerre de succession. Jeux de pouvoir entre islamistes radicaux et plus modérés, sombres affaires de mœurs et d’enfants cachés, le jeune Adam fait le chemin de la connaissance mais aussi celui de la vie dans ses aspects parfois les plus sombres alors qu’il va croiser moult personnages ambigus qui, espionnage et contre-espionnage oblige, n’en finissent pas de se perdre dans les arcanes pas toujours si subtiles de leurs doubles et triples jeux.

Tarik Fares déroule avec beaucoup d’élégance une intrigue digne de John Le Carré, qui enchaîne les rebondissements à un rythme soutenu, portée par deux acteurs remarquables – dont une révélation, Tawfeek Barhom (l’Ange qui va perdre peu à peu son innocence) et le génial Fares Fares (déjà à la manœuvre dans Le Caire Confidentiel) qui incarne là un inquiétant colonel de la Sûreté, aux faux-airs débonnaires de lieutenant Colombo (imper défraîchi inclus) mais visiblement prêt à tout. Tout cela dans une mise en scène qui magnifie l’université Al-Ahzar, véritable 3e personnage du film, imposante, secrète, puissante, splendide… En réalité, Al-Ahzar est « interprétée » dans le film par la mosquée Süleymanye d’Istanbul où a été tourné le film – on n’est guère surpris que le film et son intrigue n’aient pas franchement enthousiasmé les autorités égyptiennes. Passionnant thriller paranoïaque, commentaire politico-religieux haletant, réflexion philosophique et théologique, Boy from heaven est plus que la confirmation d’un talent de réalisateur égyptien : une réussite majeur du cinéma mondial.