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SIX PIEDS SUR TERRE

Karim BENSALAH - France / Algérie 2023 1h36mn - avec Hamza Meziani, Magdalena Laubish, Kader Affak, Souad Arsane, Mostefa Djadjam... Scénario de Karim Bensalah et Jamal Belmahi.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SIX PIEDS SUR TERREUn premier film lumineux, comme ses personnages ! Un petit bijou dans un écrin d’humour tendre, drôle, touchant, plein de finesse et d’intelligence. Il pose des questions essentielles à notre société, sur ses tendances à ranger ses citoyens dans des cases trop étroites. Celles des origines, des coutumes, des religions. Avec tous les fantasmes réducteurs que trimbalent ces étiquettes. Sur un ton de comédie réjouissante, Six pieds sur terre (au titre si bien pensé) nous tend un miroir salutaire !

Belle gueule passablement tête à claque, un attachiant de première ! Ainsi pourrait se réduire en quelques mots la personnalité de notre jeune héros, Sofiane. Un Calimero perpétuellement en train de surfer sur des excuses pour expliquer ses échecs, pourtant liés à son manque flagrant de suite dans les idées. Pur produit de notre monde hyperconnecté, Sofiane peine à se concentrer sur des études et trouver un job est bien le cadet de ses soucis. Alors il danse ! Alors il boit ! Alors il drague ! Quelque chose le contrarie ? Il y pense, et puis il oublie. Sa seule philosophie ? La vie et la légèreté à tout prix ! Oui mais justement : à quel prix ? À n’avoir aucun cap précis, on ne sait où les éléments vous portent. On se doute bien qu’à ce rythme-là, notre grand dadais risque de connaître quelques déconvenues…
Et en voilà une magistrale qui lui tombe dessus : un arrêté d’expulsion ! Un mois pour quitter la France dans laquelle il a toutes ses attaches. Tout fils d’ex-diplomate algérien soit-il, à force de sécher les cours et de faire l’impasse sur les examens, le verdict est catégorique, non négociable. Dans un mois, on le renvoie dans un pays qu’il ne connaît qu’en touriste. Évidement, le soir venu, autour de la tablée familiale, il se lamente, il essaie de faire pleurer dans les chaumières en trouvant des milliards d’arguments aussi hauts en couleur qu’en mauvaise foi. En face tous le regardent blasés… On a beau l’aimer, on sait inutile d’essayer de le raisonner et tous semblent tétanisés à la perspective qu’il monte une fois de plus sur ses grands chevaux. Ce qui ne va pas louper…

Mais rien n’y fera cette fois : il lui faut choisir entre la case charter et la case boulot. Lui qui se faisait surnommer « Souf » pour gommer ses origines va devoir en rabattre. Sans diplôme, ni expérience, et avec son « faciès », le seul boulot pour lequel il peut être pistonné… c’est celui d’employé des Pompes funèbres musulmanes ! La lose ! Voilà notre bel insouciant réduit à faire le croque-mort… On ne miserait pas un loukoum sur la réussite de son « insertion professionnelle » ! De fait ses premiers pas sont rudes. D’autant plus rudes qu’on le confie à Hadj, le plus expérimenté mais aussi le plus taiseux des experts de la mise en bière, qui va vite… le mettre en boite. Car si Hadj est l’incarnation de ces sages paroles : « Si tes mots ne sont pas plus beaux que le silence, ne dis rien », il n’en a pas moins un sacré sens de la répartie. Son regard perçant est tellement plus parlant que les fanfaronnades de cet apprenti qu’on lui impose. Avec l’impassible, avec l’imperturbable Hadj, les techniques habituelles de Sofiane pour se défiler (se réfugier dans les textos, monter sur ses ergots, répondre de manière hautaine…) n’ont aucune prise. Alors pourra peut-être naître entre les deux quelque chose d’indéfinissable… On découvrira à travers leur relation tâtonnante le poids des racines et des déracinements. Entre les silences, les gestes et rituels attentionnés, se construit une forme de respect d’autrui, de spiritualité. Qui n’a pas grand-chose à voir avec la religion. Quelque chose de plus grand que les petitesses humaines et qui donne du sens au monde, aux actes, même les plus humbles…