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VIOLENT DAYS

Écrit et réalisé par Lucile Chaufour - France 2004 1h44mn - Avec Serena Lunn, Frédéric Beltran, Franck Musard, François Mayet et les groupes Flying Saucers, Bad Crows, Hilbilly Cats... Grand Prix du Festival Entrevues de Belfort.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VIOLENT DAYSDétruire un à un ses préjugés contribue à grandement progresser dans la vie. Il y a des cas emblématiques : Yann Arthus-Bertrand, l’ancien adepte du Paris Dakar, est devenu un gourou de l’écologie. L’ancien trotskiste défenseur des classes populaires Julien Dray avoue désormais une passion pour les Rolex… Moi mon préjugé à moi au milieu des années 80, quand j’étais un jeune punk des cités, se concentrait sur les adeptes du rockabilly. Avec leur drapeau sudiste, leur fascination débile pour l’Amérique des années 50 (celle du sénateur McCarthy, de la peur des communistes et des grosses bagnoles qui engloutissaient le pétrole du Tiers Monde), moi et mes potes anars on les prenait vraiment pour des dégénérés alcoolos qui fantasmaient sur des petits noirs brûlant sur des croix du Klu Klux Klan. En fait depuis j’avais gardé au fond ce vieux préjugé un peu édulcoré.

Et puis le merveilleux film de Lucile Chaufour est arrivé. Non seulement le film remet les pendules à l’heure sur la culture rockabilly pour tous les mécréants comme moi, la rendant passionnante sans tomber dans l’angélisme. Et en plus il s’avère être un des films formellement et politiquement les plus passionnants que le cinéma français trop souvent téléphoné nous ait livré ces dix dernières années. Sa trame est aussi simple que surprenante, mêlant de manière inextricable fiction et documentaire. Trois potes parisiens et une fille, sosie diaphane de Marylin, décident d’aller dans leur voiture brinquebalante au Havre assister à un concert que donnent plusieurs groupes rockabilly. Le conducteur conduit comme un malade, parce que le risque en voiture fait partie depuis James Dean et sa Fureur de Vivre de la culture rockab. Arrivés au Havre, la fille insiste pour aller à la plage avant le concert malgré les ronchonnades des garçons. Puis arrive le moment du concert où se retrouve tout ce qui porte une banane, une redingote ou une robe à pois en Haute-Normandie.
Et c’est là que le film devient passionnant. Brisant le rythme porté par la vitesse des voitures et des motos, l’énergie de la musique, ou la tension de la bagarre qui se prépare (que serait un vrai concert sans bagarre ?), Lucile Chaufour réalise des interviews d’authentiques fans de rockabilly havrais, dans une démarche proche du génial réalisateur anglais Peter Watkins (La Bombe, Punishment Park, Edvard Munch, etc.). Et bien au-delà de la romance musicale, Violent days devient un film politique passionnant et une réflexion inégalée sur le rock. On y découvre un monde d’ouvriers qui ne sont pas forcément les pauvres tels que les dominants les espèrent (soumis et fiers de leur condition), des ouvriers qui au contraire gardent une rage jamais éteinte, une rage qui s’exprime le samedi soir, en musique ou en baston. Parce que, faut-il le rappeler, le rock est une musique de losers désespérés qui se détruisent (Gene Vincent, Hank Williams, Eddie Cochran ont tous mal fini).

Lucile Chaufour analyse parfaitement par ailleurs le difficile rôle des femmes et leur lucidité, ces femmes souvent condamnées à jouer les potiches sur le banc au bord de la piste, quand leurs mecs ont un coup dans le nez. Des femmes souvent vraies ou fausses blondes qui font semblant de croire au prince charmant qui ressemblerait à la réincarnation de Gene Vincent. Ce sont d’ailleurs clairement les femmes qui sont les vraies héroïnes de ce film dans un monde encore majoritairement masculin, à l’image de Serena Lunn, qui fait irrésistiblement penser à la Marylin de The Misfits et dont la fascination est renforcée par un noir et blanc splendide.