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UN PEU PLUS DE SOUTIEN
... du côté des artistes israéliens :
Merci Utopia !
Nous soussignés, citoyens
israéliens, cinéastes, enseignants et ouvriers de la culture, nous
souhaitons remercier le circuit des salles Utopia pour leur décision de
décaler la programmation du film israélien “A 5 heures de Paris” et de
program...
L'« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène
Texte publié par Simone Bitton sur son blog de Rue89
Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film A cinq heures de Paris par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film Rachel - me sont parvenus tardivement, plus d'une semaine après le début de cette étonnante polémiq...
Eyal Sivan : « Utopia, se réveiller »
Lettre d'Eyal Sivan, Paris 14 Juin 2010.
Cela fait des années que les salles du réseau Utopia accueillent à la fois les films et les débats autour d'importants sujets de société dont la France d'en-haut n'aime pas discuter. Les salles Utopia font le lien entre un cinéma indépendant, les réseaux asso...
Lette à Frédéric Mitterand
Monsieur le Ministre,
Nous aimons les films israéliens, nous les diffusons abondamment, qu'ils soient soutenus par des fonds israéliens ou qu'ils soit indépendants de ces fonds dans leur production, et nous avons depuis toujours organisé une foultitude de débats autour de ces films. C'est d...
(Desert Flower) Écrit et réalisé par Sherry HORMANN - GB 2009 2h04mn VOSTF - avec Liya Kebede, Sally Hawkins, Craig Parkinson, Timothy Spall, Juliet Stevenson... D’après les livres autobiographiques de Waris Dirie.
C’est l’histoire éternelle et toujours bouleversante du petit canard noir qui se croyait vilain au pays des cygnes blancs. Ou une version contemporaine de Cendrillon, longtemps humiliée avant de devenir princesse adulée. Un conte de fées remarquablement abouti qui va nécessiter l’achat d’un paquet de kleenex XXL avant de venir à Utopia, pour essuyer le flot de vos larmes d’émotion et de bonheur.
Cette histoire commence comme une tragédie pour une enfant somalienne au fin fond d’un désert où pèse la misère (qui n’est finalement pas moins pénible au soleil, n’en déplaise à Aznavour) et la chape de la tradition imbécile. Une tradition qui veut que toute fillette soit prémunie de tout désir sexuel, et qu’elle soit mariée à 13 ans avec un vieux schnock inconnu. Pour échapper à son destin, au prix d’efforts insensés et d’une bonne dose de baraka, la petite Waris s’est enfuie, surmontant la peine de quitter sa famille. Mais les ennuis ne sont pas finis pour autant car à l’enfer du désert, va succéder celui très policé et secret d’une ambassade londonienne où les petites bergères deviennent esclaves… Jusqu’au coup de bol (peut-être pas pour la Somalie mais pour Wasis du moins) : un coup d’État qui met en fuite ses bourreaux et la laisse, petite Africaine clandestine ne parlant pas l’anglais, seule sur les trottoirs de Londres, soumise à la plus totale précarité. Mais heureusement, des rencontres changent son destin. Une vendeuse fofolle et un tantinet hystérique, mais le cœur sur la main accepte de l’héberger un temps ; puis un photographe de mode, dont les allures de vieux dégueulasse cachent un génie intuitif, fait basculer sa vie. La fleur du désert va éclore sur les podiums et Waris va devenir dans les années 90 un des top-models les plus demandés. Jusqu’à ce que, au faîte de sa gloire, elle livre au monde à l’occasion d’une interview le vrai traumatisme de son enfance, son excision, et devienne en quelques mois la militante la plus connue puis l’ambassadrice officiellement mandatée par l’ONU contre la pire des barbaries faite aux femmes.
Évidemment tout ça est vrai. Waris Dirie existe, elle est au panthéon des femmes les plus courageuses au monde. Sherry Hormann a porté cette histoire à l’écran avec une conviction sans faille et avec des acteurs exceptionnels. La petite histoire veut que le fils de Waris Dirie, visionnant avec sa mère des images de candidates pour interpréter le rôle, ait cru, en voyant la mannequin éthiopienne Liya Kebede, que c’était sa propre mère, vingt ans plus tôt. La ressemblance est stupéfiante, et l’actrice incarne magnifiquement la métamorphose de la chrysalide en papillon, rendant toute la pudeur de la petite clandestine somalienne terrorisée à Londres puis dévoilant toute la sensualité et la grâce de la future star des podiums. Quant à Sally Hawkins, hilarante actrice découverte dans le Be Happy de Mike Leigh, dans le rôle de la bonne copine déglinguée grâce à qui tout arrive, elle apporte la fraîcheur qui permet de passer tout au long du film des larmes au rire. Autre second rôle impeccable, Timothy Spall, acteur fétiche et rondouillard de Mike Leigh : il est parfait en photographe fantasque qui sait mettre en confiance la future modèle. Enfin côté rires, Juliet Stevenson campe une impayable patronne d’agence de mannequins.
Sherry Hormann a su parfaitement traduire la dimension à la fois épique, entre désert somalien et podiums internationaux, du destin de Waris Dirie et la dimension intime. Depuis Peau d’Ane de Jacques Demy on n’avait rien réussi d’aussi touchant pour décrire le retour à la vie d’une jeune fille pour qui a priori tout était écrit. Et ce film est salutaire pour les 150 millions de femmes qui ont subi l’excision et qui espèrent que ce ne sera pour les générations futures qu’un terrible archaïsme du passé.
