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EDITO 210
Ya quoi dans le nouveau cartable Utopia ? eh ben pas mal de choses !A peine la saison précédente  terminée, nous étions tout excités à l’idée de vous présenter plein de nouveautés, quand le président, comme tous les ans , a profité de la torpeur estivale pour nous montrer le pire s’il était enco...

UN PEU PLUS DE SOUTIEN
... du côté des artistes israéliens : Merci Utopia ! Nous soussignés, citoyens israéliens, cinéastes, enseignants et ouvriers de la culture, nous souhaitons remercier le circuit des salles Utopia pour leur décision de décaler la programmation du film israélien “A 5 heures de Paris” et de program...

L'« affaire Utopia » autour du film israélien : une polémique obscène
Texte publié par Simone Bitton sur son blog de Rue89 Les échos du brouhaha autour de la déprogrammation du film A cinq heures de Paris par le réseau de salles Utopia - et son remplacement par mon film Rachel - me sont parvenus tardivement, plus d'une semaine après le début de cette étonnante polémiq...

Eyal Sivan : « Utopia, se réveiller »
Lettre d'Eyal Sivan, Paris 14 Juin 2010. Cela fait des années que les salles du réseau Utopia accueillent à la fois les films et les débats autour d'importants sujets de société dont la France d'en-haut n'aime pas discuter. Les salles Utopia font le lien entre un cinéma indépendant, les réseaux asso...

Avant-première exceptionnelle le samedi 10 juillet à 20h30 à St-Ouen L’Aumône

TAMARA DREWE

Stephen FREARS - GB 2010 1h49mn VOSTF - avec Gemma Arterton, Roger Allam, Bill Camp, Dominic Cooper, Luke Evans, Tamsin Greig... Scénario de Moira Buffuni d’après la BD de Posy Simmonds.

TAMARA DREWETous les ans, surtout à la période estivale, on attend, tels des gourmands en manque de cerises à la fin du mois de mai, ou tels des érotomanes des plages qui guettent les premiers monokinis, l’arrivée de la comédie britannique acide et désopilante qui nous déridera une bonne fois les zygomatiques. Car il faut le dire, au titre des lieux communs que vous me pardonnerez en ces périodes de vacances des neurones, l’anglais est généralement bien moins sexy que le brésilien (enfin bon sauf Gemma Arterton) et mange n’importe quoi, mais l’anglais est terriblement, formidablement drôle. Il y a bientôt trois ans vous aviez fait un triomphe à Joyeuses Funérailles, et en 2008 c’était les facéties de l’institutrice délurée de Be Happy du génial Mike Leigh qui vous avaient emballé (patience on vous proposera à la rentrée son injustement boudé au Palmarès cannois Another year, un de nos chouchous du festival).
Pour l’été 2010, celui qui s’y colle, c’est Stephen Frears, brillant réalisateur à tout faire, capable d’émouvoir les sens et l’intellect dans des films sensibles à costumes (des Liaisons Dangereuses à Chéri), d’observer la vie politique anglaise avec acidité (j) mais aussi et surtout d’être un grand maitre de la comédie.

Et pour ce faire il s’est servi d’une géniale BD qui fait rire jaune depuis quelques temps les lecteurs du Guardian, qui ont découvert en série les aventures de Tamara Drewe, décorée depuis en 2009 par le Festival de la BD d’Angoulême d’un Grand Prix largement mérité. Tamara Drewe, c’est le trop joli petit canard qui fout le bordel au milieu des vieilles dindes de la campagne anglaise. Plus précisément une jolie fille du Dorset, cette région carte postale qui sent bon le rosier grimpant, le fumier et l’ennui doré, qui revient au pays après avoir réussi à Londres une carrière de journaliste intervieweuse de stars. Autant dire que sa célébrité et surtout sa capacité à porter le minishort en jeans avec comment dire… une certaine perfection, va entrainer un sacré bouleversement dans la petite société bourgeoise et rurale, tout particulièrement parmi la gent masculine et par ricochet la gent féminine verte de jalousie.
Particulièrement touchée par l’ouragan Tamara, Stonefield, une résidence d’écrivains paradisiaque et barbante, tenu par Beth Ardiment, une mère poule pour talents littéraires ou qui croient l’être, et tout spécialement son mari, Allan, auteur égocentrique de policiers à succès, qui soudainement voit en Tamara un sujet d’inspiration susceptible d’émoustiller sa cinquantaine en manque d’émotions. Mais tournant autour de Tamara, il y a aussi Andy, le jardinier intègre à la musculature de rêve qui a eu une aventure adolescent avec elle, mais regrette sa métamorphose, et Ben, rock star inconséquente de passage, qui provoque des tempêtes équatoriales chez toute adolescente qui se respecte. Ce qui ne plait d’ailleurs pas du tout à Casey et Jody, deux jeunes filles si fans de Ben qu’elle vont tout faire et même le pire pour entraver l’idylle possible de Tamara avec leur idole, plongeant peu à peu la gentille société rurale dans un chaos indescriptible.

Tamara Drewe, c’est, tradition assez rare dans le cinéma anglais, du Chabrol en cent fois plus drôle : une satire au vitriol de la société bourgeoise endormie avec ses petits et ses gros mensonges, pimentée d’une bonne dose de gaudriole (Tamara a une sacrée santé pour épuiser toutes les forces viriles du Dorset), et d’humour noir, avec une scène d’anthologie pour le panthéon de la mort la plus stupide au cinéma.