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Le blog des profondeurs...
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Fakir needs you !
Fakir (le journal fâché avec tout le monde ou presque), a eu la mauvaise idée (une fois de plus), d'aller fourrer son nez dans les affaires des riches... Le riche du jour étant Mr le PDG du gigantesque groupe Casino, Jean Charles Naouri himself qui a su, malgré la crise, préserver les intérêts des a...

On a caffouillé !
Nos plus plates excuses... Quand vous ouvrirez votre gazette (la 169e du nom), à la recherche d'une pépite de cinéma, il y a un film que vous ne trouverez pas : Les moissons du ciel... Et c'est fort dommage vous en conviendrez. Donc nous vous invitons à lire le texte dudit film sur ce site, ou s...

Séances en compagnie des bébés…
Les séances estampillées « bébé »… sont des séances où les parents peuvent venir avec leurs nouveaux nés… Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras… Les séances sont aussi ouvertes aux autres spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant ...

Pétition pour une radio publique indépendante !
Pour ceux qui étaient en vacances ou qui tentaient de forcer le blocus de Gaza, Stéphane Guillon et Didier Porte ont été licenciés la semaine dernière comme des malpropres, par les seuls vrais « tyrans » de Radio France, Jean-Luc Hees et Philippe Val (voir ou revoir la dernière chronique de Guillon)...

Les petits ruisseaux : vidéo de la rencontre avec Pascal Rabaté
Venez prendre un p'tit coup de bonne humeur !!! Nous avions esquissé un début de retransmission de certains débats avec des enregistrements sonores et nous vous proposons pour la première fois l'image et le son avec la venue de Pascal Rabaté. Et ça tombe plutôt bien car nous sommes très contents de...

Ciné-Psy #3
Alors nous avons un peu tardé, c'est vrai, à mettre ce billet en ligne... Mais ça valait le coup d'attendre... Voici donc ci-dessous l'enregistrement du débat qui a suivi la projection du film Valvert, débat animé chaleureusement par Mr Guy Baillon, psychiatre du secteur de Bondy, ancien chef de se...

YO TAMBIÉN

Écrit et réalisé par Alvaro PASTOR et Antonio NAHARRO - Espagne 2009 1h35mn VOSTF - avec Lola Duenas, Pablo Pineda, Antonio Naharro, Isabel Garcia Lorca, Joaquin Perles, Maria Bravo, Lourdes Naharro, Teresa Arboli... Plusieurs Prix d'interprétation pour les deux acteurs principaux et plusieurs Prix du public dans divers festivals internationaux.

Du 14/07/10 au 24/08/10 à Toulouse - Du 21/07/10 au 24/08/10 à Tournefeuille

YO TAMBIÉNÇa pourrait être une histoire d’amour ordinaire. Avec ses complications habituelles. Avec ses désirs, ses doutes et ses joies simples, avec ses bribes de déception et ses instants de grâce… Ça pourrait… à un petit détail près, un détail aussi minuscule qu’un chromosome et pourtant aussi gros qu’une montagne quand il s’agit de le dépasser, de le mettre de côté. Voilà un film épatant qui aborde de manière frontale un sujet délicat dont le cinéma n’a jamais vraiment voulu s’emparer, ou alors par des chemins détournés, à travers des personnages secondaires, et souvent sous la protection bien pensante d’histoires gentillettes. Yo también a l'audace tranquille de nous interpeller sans détour sur la question de la normalité, sur la façon dont chacun d'entre nous regarde le handicap, sur la manière dont notre société s’accommode (ou pas) de cet autre qui nous met souvent mal à l'aise, preuve de notre inaptitude à accepter la différence.
Et ce qui est formidable, c'est que le film n'est jamais pesant, jamais moralisateur, encore moins misérabiliste : Yo También est pétillant, drôle, tendre et s’il parvient à autant nous faire rire puis l'instant d'après nous bouleverser, c’est qu’il bannit toute approche psychologisante, il vient s’enraciner dans la vie, il s'incarne dans des personnages magnifiques d'épaisseur et de vitalité.

Daniel a 34 ans. Il vit chez ses parents et vient tout juste d’être diplômé. Dans la foulée il a la chance de décrocher un premier job dans un centre social à Séville. Un boulot intéressant dans une ambiance sympa. On le reçoit comme le petit nouveau qui débarque : là le bureau, là la photocopieuse, ici les nouveaux collègues qui l’accueillent chaleureusement. Dans ce centre qui travaille pour et avec les personnes handicapées, sa différence est presque invisible : pas de commisération mal placée, pas de regards qui se détournent, pas de rires moqueurs quand il a le dos tourné… Il faut dire que Daniel a quelque chose en plus : un humour décapant, une intelligence déroutante, un langage vif et élaboré qui feraient presque oublier qu'il a aussi un chromosome en plus… « Presque », car le monde du dehors, lui, ne cherche pas à aller au-delà de son visage de mongolien aux yeux bridés ; le monde du dehors est convaincu que rien de bien vif, que rien de bien intéressant ne peut se loger dans cette tête-là. Et pourtant…
Mais heureusement, il y a Laura. La tornade Laura qui travaille dans le même bureau que lui. Laura, toujours à la bourre, toujours à courir derrière on ne sait trop quoi, Laura et son rire comme une cascade, sa beauté à la fois sauvage et mélancolique. Très vite, ces deux-là se rapprochent et se collent l’un à l’autre, ensemble ils se sentent plus forts. Deux blessés par la vie qui deviennent les meilleurs amis du monde, qui se font complices, dans le tendresse, l’affection… Un homme qui se sent enfin normal face à une femme qui le regarde comme tel. Jusqu'où ira leur relation ? Ils verront bien, et nous aussi…

Tous les personnages autour de Daniel et de Laura sont bien dessinés, bien campés : les collègues de travail, les parents de Daniel, son frère et sa belle-sœur qui animent une école incroyable, qui fait danser ceux que personne ne songe jamais à faire danser, et puis ce couple de jeunes amoureux qui voudraient vivre leur histoire et leur sexualité sans que les autres, soudain embarrassés, s'en mêlent…
Yo también (moi aussi) est une claque salutaire et vivifiante, qui montre à quel point les gens « normaux » n'ont rien d'exceptionnel… L'affiche du film le clame d'ailleurs joyeusement : ça sert à quoi d'être normal ?