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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Mercredi 26 février à 20h30 à Tournefeuille, la séance sera suivie d’une rencontre animée par Patrick Kirchner, président de l’association Solidarité Paysans 31, et Jacques Dandelot, membre du Comité de Soutien aux Faucheurs Volontaires d’OGMMardi 3 mars à 20h à Borderouge, la séance sera suivie d’une rencontre animée par Patrick Kirchner (places disponibles aux tarifs habituels dès le 18 février dans vos cinémas préférés).

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes

Rodolphe MARCONI - documentaire France 2019 1h25mn -

Du 26/02/20 au 24/03/20 à Toulouse (Borderouge) - Du 26/02/20 au 24/03/20 à Tournefeuille

CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettesLorsque le réalisateur Rodolphe Marconi rencontre Cyrille, un peu par hasard, c'est sur une plage de la Côte Atlantique, loin de ses bêtes et de son Auvergne. Le jeune trentenaire avance dans les vagues mais seulement jusqu'aux genoux. A 30 ans, Cyrille, qui n'a jamais appris à nager, découvre l'océan et prend des vacances pour la première fois. Son meilleur et à vrai dire seul ami lui a offert le camping, son frère a exceptionnellement accepté de garder ses vaches pendant 15 jours et son père va lui battre froid pendant trois semaines parce que, selon lui, les vacances c'est pour les fainéants ! Bouleversé par l'histoire du jeune paysan, le réalisateur décide de le suivre caméra au poing dans son Allier natal pour filmer son quotidien. Et témoigner de la réalité d'un monde rural à la fois indispensable à la société (c'est lui qui la nourrit) et ignoré, laissé pour compte par elle, ses institutions, ses politiques. Raconter la détresse des petits agriculteurs, les plus faibles, pris à la gorge et dans des engrenages qui les dépassent.

Loin de l'Auvergne de carte postale qui expose en quadrichromie la chaine des Puys dans les pages glacées des brochures touristiques, à des années-lumières des publicités pour les fromages du Cantal ou de Saint Nectaire, le film nous entraîne dans des terres plus rugueuses, plus âpres, mais aussi beaucoup plus réelles et généreuses. Celles où Cyrille enchaîne des journées harassantes et répétitives : lever à 6 h, traite des vaches, travaux des champs et soins aux bêtes jusque tard dans la nuit, quand Cyrille doit baratter lui même son beurre dont il vend quelques dizaines de barquettes sur le marché hebdomadaire local pour quelques dizaines d'euros. Et ce rythme, Cyrille le tient 7 jours sur 7, toute l'année durant, ignorant dimanches et jours fériés. Un combat inlassable pour la survie de son exploitation. Perdu d'avance ? Cyrille a dû emprunter pour s'installer : 250 000 euros pour l'aire de stabulation de ses vaches. Mais voilà, les recettes n'arrivent jamais à compenser les charges, les factures des fournisseurs, les honoraires du vétérinaire, les notes du mécanicien pour sa moissonneuse… Et les dettes s'accumulent. Et comme il n'a pas les moyens d'enrichir leur alimentation l'hiver, les 20 vaches produisent trop peu pour que la coopérative accepte d'acheter son lait une partie de l'année : malgré ses bénéfices confortables, la structure collective refuse de se déplacer pour moins de 300 litres deux fois par semaine.
Et le cercle vicieux s'installe, Cyrille ne peut pas se verser un salaire, et reste tributaire de son père pour le logement et la nourriture. Mais il tient le coup, il s'obstine, il s'accroche, étranger à l'amertume, repoussant la rancœur, refusant la colère, bien aidé par l'intervention de l'association Solidarités Paysans, qui soutient les petits agriculteurs surendettés.

Rodolphe Marconi dresse le très beau et très émouvant portrait d'un homme particulièrement attachant, dont on découvre aussi l'impasse de la vie sentimentale, quand tout son univers social est réduit à son village, ses marchés, sa très (trop ?) proche famille. On pense évidemment au récent Au nom de la terre, mais le documentaire s'avère plus subtil, plus nuancé que la fiction, tout en dressant le même constat sur les difficultés de plus en plus insurmontables rencontrés par des agriculteurs pourtant compétents et passionnés mais broyés par la logique infernale de l'agro-industrie.

Les Faucheurs Volontaires participent modestement au soutien des paysans en difficulté, s’opposant au modèle agricole actuel mis en avant, sous couvert de « modernisme », par le syndicat agricole majoritaire et qui ne sert qu’à masquer l’agriculture intensive qu’il prône et qui broie les paysans.