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Séance surprise le 8 janvier pour la galette des rois
On vous réserve une petite surprise après les séances de dimanche matin pour les petits : Ma de courgette (10h30), Le Gruffalo (10h40), Le petit Gruffalo (10h50), Julius et le Père Noël (11h).... Lire Séance surprise le 8 janvier pour la galette des rois...

AMERICAN HONEY

Écrit et réalidé par Andrea ARNOLD - GB 2016 2h43mn VOSTF - avec Sasha Lane, Shia Labeouf, Riley Keough, Shawna Rae Mosley, Arielle Holmes, Crystal B. Ice... Prix du Jury, Festival de Cannes 2016.

Du 08/02/17 au 07/03/17 à Tournefeuille

AMERICAN HONEYRéalisatrice viscéralement anglaise (on se souvient de Red road et de de Fish tank, profondément ancrés dans le quotidien britannique, sans oublier sa version radicale des Hauts de Hurlevent, tous films programmés à Utopia), Andrea Arnold réalise son premier film « américain » et ajoute une dimension épique à son style réaliste, nous entraînant dans un road-movie sauvage et sensuel qui donne envie de danser autant qu'il vous passe le cœur à l'essoreuse.
On découvre Star, une adolescente qui tente de survivre entre un beau père violent et libidineux et une mère démissionnaire et alcoolo, se retrouvant en charge de ses petits frères et sœurs. Pour remplir un frigo trop souvent squatté exclusivement par les canettes de bière, elle fait les poubelles des supermarchés à la recherche de produits périmés. C'est d'ailleurs au cours d'une de ses tournées de survie qu'elle va croiser la route de Jake, un bonimenteur de charme à la tête d'une joyeuse bande d'improbables vendeurs ambulants qui parcourent le pays dans leur van brinquebalant pour vendre des abonnements à des magazines. Le coup de foudre est immédiat, et Jake fait naître chez Star l'espoir de fuir son quotidien sinistre. Et même si l'avenir s'annonce difficile, fait de porte à porte laborieux voire dangereux, l'aventure et la liberté sont au rendez vous.

Andrea Arnold s'est inspirée d'une enquête du New York Times sur ces étranges cohortes de vendeurs plus ou moins illégaux, souvent très jeunes, étudiants désargentés, hobos des temps modernes, qui parcourent des milliers de kilomètres, passant leurs journées à arpenter banlieues pavillonnaires chic ou camps d'ouvriers du pétrole avant d'échouer le soir à faire la fête dans des motels miteux. De vrais tribus plus que des collègues de travail. D'ailleurs, hormis Shia Labeouf et Riley Keough, magnifique dans le rôle de Krystal, la boss et maîtresse de Jake, Andrea Arnold a choisi des acteurs non professionnels, jouant pour certains presque leur propre rôle. Même l'interprète principale Sasha Lane, révélation sidérante de justesse et d'énergie, a été sélectionnée parmi des étudiantes lors d'une enquête sur les spring breaks au Texas. Et c'est le même groupe de non professionnels qui a choisi la bande son, omniprésente et essentielle à l'ambiance du film, entre titres country (dont le fameux American honey tout en ironie que l'on entend à la fin du film) et excellent hip hop ou RNB (vous ne pourrez pas oublier l'obsédant titre Choices de E40).
Andrea Arnold brosse avec une énergie débordante le portrait d'une jeunesse portée par la soif de vivre, de danser, de baiser, mais gangrénée par l'âpreté sans pitié d'une Amérique vorace qui fabrique à la chaîne des laissés pour compte, qui impose ses rituels cruels : malgré l'ambiance familiale du groupe, les moins bons vendeurs sont humiliés chaque soir, le mensonge et l'arnaque règnent autant dans la vente que dans les sentiments entre les personnages.

Mais American honey est aussi une palpitante histoire d'amour contrarié et, à travers elle, le récit de la construction de l'identité d'une jeune femme. Semblant faire écho à la chanson de Rihanna I founded love in hopeless place, le film nous dit que, même dans les lieux et les situations les plus désespérés, l'amour peut être une réponse à la cruauté du monde.