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NOS TARIFS :
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CARNET D'ABONNEMENT : 48€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Réveillon de noël à Utopia Tournefeuille à 21h (préparation et mise en place du hall dès 20h…)
Le 24 décembre, pour ceux qui ne vont pas manger la dinde en famille, on organise une petite veillée en attendant minuit. Ceux qui veulent se joindre à nous sont les bienvenus. C'est à la bonne franquette… Apportez quelque chose d'un peu classe à grignoter, à boire, à partager et aussi un petit cad...

Avant la séance de Timbuktu le 10 décembre à 20h, venez déguster un bon thé préparé selon la tradition sénégalaise!
Moussa de l'association  Barada Ak Kass tiendra une table et vous proposera un moment de convivialité. La cérémonie du thé au Sénégal consiste en une dégustation de trois thés successifs « Les 3 Normaux ». Elle permet d’expérimenter un vécu culturel, de partager des valeurs et de renforcer...

Bonne nouvelle : à Utopia les prix baissent !
Il y a une petite épicerie associative bio à Massat, magnifique petit village ariégeois dont on vous recommande la fréquentation, qui nous avait sidérés il y a deux ans en annonçant, puisque leur bilan était bénéficiaire, qu’ils allaient en faire profiter leurs adhérents et annonçaient la bais...

Install-party à Tournefeuille samedi 13 décembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Rencontre avec le nouveau collectif toulousain CASA NOVA : « les premiers pas d'une nouvelle ère démocratique ? »
Jeudi 11 décembre à 19h à Utopia Toulouse, rencontre avec le nouveau collectif toulousain CASA NOVA Toulouse Métropole : « les premiers pas d’une nouvelle ère démocratique ? » (entrée et participation libre : réservez vos places en écrivant à l’adresse contact@casa-nov...

Le précédent film de Rolf De Heer, 10 canoes, 150 lances et 3 épouses, qui avait fait en son temps la couverture de la gazette, est disponible en Vidéo en Poche !

CHARLIE’S COUNTRY

Rolf De Heer - Australie 2014 1h48mn VOSTF - avec David Gulpilil, Peter Djigirr, Luke Ford, Peter Minygululu, Jennifer Budukpuduk Gaykamangu... Scénario de Rolf De Heer et David Gulpilil.

Du 17/12/14 au 13/01/15 à Toulouse - Du 17/12/14 au 13/01/15 à Tournefeuille

CHARLIE’S COUNTRYUn peu partout dans le monde, repoussés dans les lieux les plus inhospitaliers de leurs terres ancestrales ou parqués dans des réserves arides, survivent une partie de ceux que l'on peut considérer comme les victimes de l'Histoire. Alors qu'eux-mêmes utilisaient bien souvent pour nommer leurs sociétés l'équivalent dans leur langue du mot signifiant « les hommes », les termes que nous employons pour les désigner n'ont cessé d'évoluer – vaines tentatives de policer les mots utilisés pour signifier une forme de respect disparue dans les faits. Peuples primitifs, originels ou natifs, puis peuples indigènes ou populations autochtones, ils sont encore des millions, représentant plus de cinq mille groupes différents. Ce sont les Amérindiens, les Inuits, les Mapuches ou les Guaranis en Amérique, les Pygmées, les Massaïs ou les Berbères en Afrique, les Hmongs en Asie, les Maoris ou les Aborigènes en Océanie… Tous ces peuples ont vu les limites de leurs terres sans cesse repoussées par l'envahisseur européen, qui a fini par les occuper en totalité. Ne restait alors pour les survivants qu'un simulacre de choix : se battre encore pour préserver des territoires déjà extrêmement réduits et menacés, s'adapter ou mourir. Beaucoup de ces cultures sont donc passées à la moulinette de l'assimilation, leurs langues et leurs modes de vie disparaissant peu à peu au profit des cadeaux fait par l'occidentalisation : sédentarisation forcée et contrôlée, dépendance aux aides gouvernementales comme seule compensation à la spoliation de leurs terres (qui étaient aussi leur moyen de subsistance), découverte de l'alcool comme remède au déracinement et à l'ennui… Et même si certaines situations évoluent, la plupart des populations autochtones sont encore aujourd'hui sous domination culturelle, économique, sociale et politique d'un ou de plusieurs autres peuples, réduites à n'être souvent qu'une minorité au sein d'États qui ne les reconnaissent pas en tant que peuples distincts.

Ainsi le pays de Charlie n'est plus vraiment le sien… Si sa terre d'Arnhem, au Nord de l'Australie, a été relativement épargnée par la colonisation et proclamée Réserve Aborigène, permettant ainsi de sauvegarder une partie de la culture traditionnelle, elle n'en est pas moins régie par l'intervention du gouvernement australien qui y fait strictement appliquer ses lois. La police patrouille et surveille en permanence les faits et gestes des habitants de la petite communauté aborigène reconstituée ici. Charlie s'accommode tant bien que mal de cette situation, choisissant de conserver un sens de l'humour qui semble chez lui inné, rusant pour tromper la vigilance des autorités et parvenant même à plaisanter avec les policiers. Mais au fond de lui, la colère gronde. Et dans son regard volontiers malicieux transparaît parfois une étincelle de haine vis-à-vis de tous ceux qui l'empêchent de vivre comme il le voudrait, comme vivaient ses ancêtres et comme lui-même à vécu dans son enfance. Alors quand la police se fait plus présente et sa frustration trop grande, Charlie décide de quitter la communauté et de retourner vivre dans le bush pour y retrouver son ancien mode de vie, commençant alors une longue errance qui réveillera ses vieux démons…

Prenant comme point de départ la vie de David Gulpilil, acteur principal et co-scénariste du film, Charlie's country est une fable – d'abord légère et même franchement drôle devenant peu à peu mélancolique, mais jamais désespérée – sur le déracinement, la perte de repères, et sur toute cette communauté qui se sent aujourd'hui étrangère sur ses propres terres. Une œuvre dure et poétique, belle et amère, qui doit beaucoup à l'incroyable puissance expressive de son acteur principal. Et à travers le difficile chemin de Charlie vers l'apaisement et vers sa propre rédemption, Rolf De Heer, sans jamais être didactique ni moralisateur, nous donne à réfléchir sur la situation des Aborigènes d'Australie, et nous fait ressentir l'intensité et la complexité de leur « mal du pays ».