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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Rencontre avec Alain Refalo !
Dimanche 14 février à partir de 14h dans le coin cheminée d'Utopia Tournefeuille, rencontre avec l'auteur de En conscience, je refuse d'obéir : résistance pédagogique pour l'avenir de l'école, paru aux Éditions des îlots de résistance. Alain Refalo, enseignant du primaire à Colomiers, initiateur...

Quelques explications… tardives, j'en conviens.
Il y a un peu plus d'un mois, le 13 décembre, vous étiez peut-être présent à Tournefeuille pour la projection du film Un racisme à peine voilé. La projection était suivie d'une rencontre avec le réalisateur et le collectif Générations spontanées, collectif féministe militant entre autres contre la ...

Non à la censure de Walter dans la commune de Saverdun !
Jean-Luc, habitant la commune de Saverdun en Ariège, nous informe de la censure exercée par M. Calléja, maire de Saverdun, à l'encontre d'une projection-débat de Walter, retour en résistance, qui devait avoir lieu le 6 février (M. Calléja est tête de liste UMP pour l’Ariège aux élections régionales…...

Utopia sur les bancs d'infamie… (la suite)
« Ça vous en bouche un coin ! Voilà Utopia rangé par certains dans la catégorie des affreux antisémites (les Brazillach d’aujourd’hui, en pire)… ne riez pas, c’est du sérieux, même que nous voilà embarqués dans deux procès : l’un fait à Utopia Avignon par l’Association culturelle Juive des...

Séances en compagnie des bébés…
Les séances estampillées « bébé »… sont des séances où les parents peuvent venir avec leurs nouveaux nés… Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras… Les séances sont aussi ouvertes aux autres spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant ...

Les films de l'année
2010 est arrivé, et j'ai comme une envie qui me prend de revenir sur une année cinématographique très riche en émotions et découvertes de toutes sortes. J'aimerais partager avec vous les films qui m'ont fait vibrer. Étant donné que je ne suis pas infaillible, et que je n'ai malheureusement pas eu l'...

ANVIL

(THE STORY OF ANVIL) Sacha GERVASI - documentaire Canada 2009 1h20mn VOSTF - avec Steve « Lips » Kudlow, Robb Reiner, leurs potes, leurs femmes, leurs enfants, leurs fans... Prix du Public au Festival du film de Los Angeles • Prix du Public au Festival du film de Sydney.

Du 03/02/10 au 02/03/10 à Toulouse

Comment expliquer que l’équipe d’Utopia, qui partout en France représente l’incarnation du bon goût et de l’élégance (rassurez-vous, c’est de l’autodérision), s’enflamme pour les aventures et mésaventures de deux vieux hard-rockers métalleux canadiens oubliés ? Il faut en préambule vous rappeler combien parfois notre métier tient, pour notre bonheur, de celui de chercheur d’or. Parmi tous les petits films inconnus qu’on visionne (entre nous tous, une bonne quinzaine par semaine), on traque toujours la perle rare, la trouvaille qu’on aura envie de partager illico avec vous. A priori, on ne peut pas dire que l’enthousiasme nous a étreints quand on nous a proposé de découvrir un documentaire sur un groupe de heavy metal de Toronto ayant eu son heure de gloire dans les années 80… Mais bon, la distributrice, qu’on connaît et aime bien, nous serinait que c’était super, et qu’il fallait absolument qu’on le voie et qu’après on lui en dirait des nouvelles… Alors donc on l’a vu et paf ! Ce qui nous est arrivé, c’est le coup de la pépite taille XXL dans la rivière asséchée, le coup des lingots d’or cachés dans le matelas de mémé, le coup de la citrouille qui reste carrosse même après minuit : Anvil est un film tout simplement emballant, qui n’est surtout pas destiné exclusivement aux fans de metal (même si eux aussi y trouveront leur bonheur). C’est un merveilleux film humaniste sur la passion jamais éteinte (qu’elle soit pour le rock ou pour les maquettes de bateaux, peu importe), sur la foi en l’avenir malgré tous les vents contraires et sur l’amitié qui tangue, qui gueule mais jamais ne meurt. Le tout porté par une énergie et un humour contaminants.

Il faut dire que les deux héros y sont pour beaucoup : Steven « Lips » Kudlow et Robb Reiner – sans oublier leur entourage : les épouses, les enfants, les soeurs sont extraordinaires – sont de vrais personnages de cinéma sans jamais l’avoir su. Le chanteur aux mimiques incroyables et son acolyte batteur taciturne et un chouïa dépressif ont enflammé les stades au début des années 80, aux côtés de groupes comme Aerosmith, Whitesnake, Motley Crue et autres stars du heavy metal. Leur jeu de scène, leur technique imparable, leur inventivité musicale (on leur doit le premier titre de speed métal, un sous-genre énervé) ont forcé l’admiration de générations de jeunes gens à cheveux longs, ceintures cloutées et jeans trop moulants mais aussi de leurs pairs, comme on le voit via les témoignages de Lemmy de Motorhead ou de Slash de Guns and Roses. C’est à cette période que le réalisateur les a connus et accompagnés en tant qu’assistant et fan dans une tournée. Mais alors que les autres groupes vendaient des millions de disques, un concours de mauvaises circonstances les a fait plonger dans l’oubli. Même Sacha Gervasi les avait perdus de vue. Et puis la curiosité a poussé le réalisateur à les retrouver 25 ans plus tard… Et c’est incroyable : ils ont la cinquantaine, ils ont femme et enfants, ils assurent crânement le quotidien en faisant la livraison des cantines d’un quartier de Toronto… mais ils n’ont pas changé d’un iota ! Toujours la même flamme, toujours ensemble à faire la même musique, et croire indéfectiblement que la prochaine tournée, le prochain album seront les bons.
Et c’est à la fois hilarant et bouleversant. Hilarant quand une improbable fan italienne improvisée manageuse leur organise la tournée la plus catastrophique de l’histoire du rock’n roll (avec notamment un concert en Transylvanie dans un stade de 5000 places où ils sont face à moins de 100 fans). Bouleversant parce qu’on voit l’amitié fusionnelle et parfois chaotique entre Steve et Robb se craqueler au fur et à mesure que les échecs s’accumulent puis redémarrer au premier mea culpa de l’autre. Pour un peu ils nous feraient chialer (on peu bien vous l’avouer : en fait ils nous ont vraiment fait chialer).

La morale du film, c’est que rien n’est jamais perdu et Anvil est une énorme, une joyeuse baffe au pessimisme et aux préjugés. À ce titre, la séquence finale est énorme et, amateur méfiant de clavecin bien tempéré au début de la projection, on quitte le film en fan inconditionnel du groupe de métal le plus injustement méconnu de l’histoire du rock !