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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Lundi 31 janvier à 20h30 à Toulouse, séance unique suivie d'une rencontre avec le réalisateur Mehran Tamadon, Sadegh Keyhani, président de l’association Sabalan et d’un membre du comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens. Cette soirée est organisée en collaboration avec des étudiants de l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse avec le soutien des associations L’Oeil d’Hermès et Sabalan qui tiendront une permanence dans le hall du cinéma à partir de 18h30 et le Théâtre de la Digue. Pour cette soirée, achetez vos places à l'avance à partir du 22 janvier aux tarifs habituels.

BASSIDJI

Mehran TAMADON - documentaire Iran / France / Suisse 2010 1h54mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BASSIDJIIl y a deux manières d’évoquer dans le cinéma documentaire le quotidien d’un régime répressif. La plus courante, tout à fait louable, est de donner la parole aux victimes ou leurs proches pour qu’elles témoignent de leurs souffrances, de leur combat pour la liberté. Bien sûr c’est un travail nécessaire et généralement on ne peut que ressentir de l’empathie pour les personnes interrogées, leur cause devient la nôtre au fur et à mesure que l’indignation grandit face à ce que révèle leur prise de parole. Mais pour nous qui sommes formés à un certain idéal démocratique propre à être quelque peu simplificateur, souvent cette démarche ne répond pas à des questions essentielles : comment en est-on arrivé là ? Comment des hommes ou des femmes ont pu, sans même céder à ces habituels ressorts du mal que sont la soif de puissance ou de biens matériels, se retrouver du côté des oppresseurs, capables de ruiner la vie de leur prochain voire de la supprimer ?
Aussi une autre démarche consiste à prendre son courage à deux mains, s’asseoir sur ses préjugés et tenter de rencontrer, de comprendre sinon de justifier ceux que l’opinion courante désigne comme les méchants, les affreux, les infréquentables complices des régimes autocratiques.

Avec une apparente légèreté déconcertante, le cinéaste franco-iranien Mehran Tamadon l’a fait pour les bassidji. Ces hommes souvent inconnus du public occidental sont apparus au grand jour lors de la terrible répression qui a accompagné les dernières élections présidentielles en Iran. Simples jeunes hommes issus des classes populaires, les bassidji furent créées en 1980 pour être les malheureuses recrues de la guerre terrifiante que livra l’Iran de l’ayatollah Khomeiny à l’Irak de Saddam Hussein. Huit ans plus tard, ceux qui n’étaient pas devenus des « martyrs » d’une guerre qui fit près d’un million de morts (un chiffre qui donne le tournis et explique encore bien des choses dans la géopolitique religieuse de la région entre sunnites et chiites), furent réaffectés pour êtres les garants, quartier par quartier, de l’ordre social dans chacune des grandes villes, accomplissant des tâches humanitaires (ils réussirent en quelques jours à faire vacciner tous les enfants d’Iran), mais veillant aussi au respect des vertus islamiques, traquant les jeunes femmes rétives au voile ou les jeunes gens suspects de mœurs occidentales.
Au lieu de condamner sans appel ces cafteurs embrigadés par le régime d’Ahmadinejad, le réalisateur, fils d’exilés communistes récemment retourné en Iran, parvient à discuter courtoisement avec eux, sans rien pourtant cacher de son cursus. Il se présente à eux comme un Iranien occidentalisé non marié, mais aimant les femmes, ne dédaignant pas l’alcool. On pense qu’il va finir dans une arrière-cour et puis non : les bassidji, entre fascination et tentation de prosélytisme, acceptent sinon de se livrer au moins de détailler – parfois avec humour – leurs motivations, leur conception de la vie et leur idéal pour la nation. On découvre ces hommes totalement obsédés par l’invasion occidentale au sens strict, l’ennemi semblant pour eux tout le temps à leurs portes, comme au sens figuré à travers la culture mondialisée qui s’immisce dans les classes bourgeoises. Et même face aux questions embarrassantes posés par des Iraniens anonymes, ils sont à la fois d’une sincérité et d’un aveuglement désarmants.

« L'essentiel est de comprendre ce qui se passe dans la tête de ces jeunes, dans leur imaginaire […] par le martyre, ils sacralisent leur désespoir de vivre la modernité par leur exclusion du champ politique mais aussi de la consommation […] Lorsque le martyre révolutionnaire est pris en charge par un État islamiste, il se transforme en entreprise de légitimation d'un pouvoir qui manipule cette mort sacrée pour dominer la société. »
Farhad Khosrokhavar, l'Islamisme et la mort : le martyre révolutionnaire en Iran (L'Harmattan, 1995)

L’Œil d’Hermès est une association de jeunes reporters dont l’objectif principal est de témoigner de la magie des rencontres. Elle apporte un soutien aux jeunes ayant un projet de reportage quel qu’en soit le support et partage ses expériences autour de la création documentaire. L'association Sabalan, rassemble les cultures iranienne et française et s'inspire de ces deux civilisations, ce qui lui permet de porter un regard spécifique sur le monde.