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Le blog des profondeurs...
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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Samedi 10 mars à 10h à Tournefeuille, petit déjeuner suivi d’une rencontre avec Thierry LEVY (apportez les brioches on offre le thé). Présentation de ses ouvrages et signature organisée par la librairie A JUSTE TITRE et Myriam. Avec le soutien du Groupe Local de Concertation Prison qui organisera une rencontre avec le film A l'ombre de la république à Tournefeuille au mois d'avril. Le CLIC sans papiers proposera une soirée avec LE CIMETIÈRE DES VIVANTS également sur la prochaine gazette.

VENDREDI 9 MARS : 17h30, rencontre autour du livre NOS TETES SONT PLUS DURES QUE LES MURS DES PRISONS à la LIBRAIRIE TERRA NOVA ; 20h30, rencontre autour du film A L'OMBRE DE LA RÉPUBLIQUE à Utopia Toulouse.

LA RAGE ET LE RÊVE DES CONDAMNÉS

Jean Pierre KRIEF - documentaire France 2001 67mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA RAGE ET LE RÊVE DES CONDAMNÉSC’était le 18 septembre 1967, il avait 23 ans, était beau comme un ange. Désigné par les médias comme le plus féroce criminel de l’époque, l’Écosse entière avait poussé un soupir de soulagement quand Jimmy Boyle avait été condamné à perpète. Enfermé, cet inadapté social, ce violent, ce forcené qui entraînait si bien les autres, fut mis au pire des mitards, laissé nu des années durant, dans une cellule vide, constamment éclairée, et les gardiens glissaient sous la porte la gamelle du jour : on le traitait comme un fauve dont personne n’espérait rien et il avait désespéré de tout… Jusqu’à ce jour où une poignée d’incurables optimistes obtinrent la bénédiction des autorités et quelques sous pour tenter une expérience, bien dans l’air du temps de l’époque. Ca bougeait du côté de la psy, ça bougeait du côté des prisons…
Quand les quelques irréductibles, choisis pour l’expérience, arrivèrent dans leur nouvelle prison, on leur dit bienvenue et on leur proposa « thé ou café », ce qui parut à Jimmy Boyle la chose la plus ahurissante qu’il ait jamais entendue de sa vie et signa le point de départ de, je vais dire un gros mot : sa rédemption… « Je me suis rendu compte, très tard, que j’avais une intelligence ».
On va le retrouver tout au long du film racontant avec plus de trente ans de recul comment il devint peu à peu écrivain, poète, sculpteur, fut célébré par tous, puis finit par quitter la prison au grand dam des médias qui s’indignèrent du laxisme de la justice. À cause de la campagne médiatique qui suivit, il fut mis fin à l’expérience alors que le taux de récidive était tombé à 2% chez les prisonniers ainsi pris en compte.

Si Jimmy Boyle est le fil conducteur de ce film enthousiasmant, formidable, on est bien au delà de son cas particulier. On passe d’une prison française à l’autre : de Fleury à Moulins, à Châteaudun, Saint Maur… Les prisonniers parlent des moyens qu’ils se donnent pour évoluer, résister à la pesanteur mutilante de l’univers carcéral et comment ils s’inventent dans le plaisir de créer de belles choses, des raisons de vivre, de s’estimer : peinture, marqueterie, sculpture… « Très important de n’être pas une âme morte dans un endroit mort ». On est époustouflé par la vitalité des œuvres et on réalise que ce Jimmy n’est pas un cas si particulier, que l’être humain a plus de ressources qu’on pourrait le croire et que nous serions bien coupables de ne pas entendre cet espoir que le film nous donne et les questions qu’il pose sur l’efficacité et la pertinence du système carcéral actuel.

Thierry LEVY : quand on a cherché un avocat pour représenter Utopia contre Moix et le Figaro, il y a deux ans, un de ses confrères nous avait dit avec une admiration dont l'intensité nous avait intrigués, « chacune de ses plaidoiries est un diamant noir ». Le bonhomme est impressionnant et pourtant ne donne pas dans les effets de manche, rien à voir avec les gesticulations médiatiques de la plupart de ses confrères, il parle avec une concision rare, mais chacun de ses mots pèse, fait sens. Il en va de même pour ses écrits, pas épais mais si intenses que chacun vous marque durablement. On avait évoqué l'idée d'organiser une rencontre, elle se concrétise autour de deux films qui nous tiennent à cœur. Une occasion rêvée de présenter ses bouquins et d'aborder le thème de l'enfermement, vaste hypocrisie sociale qui ne résout rien.
Thierry Levy a présidé l'Observatoire international des prisons de 2000 à 2004. À lire : Eloge de la barbarie judiciaire (Odile Jacob) ; Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons (Grasset) ; Lévy oblige (Grasset) ; co-écrits avec Jean Denis Bredin, Convaincre, dialogue sur l'éloquence (Odile Jacob) et Plutôt la mort que l'injustice : Au temps des procès anarchistes (Odile Jacob).