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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



SANTIAGO 73 POST MORTEM

Écrit et réalisé par Pablo LARRAIN - Chili 2010 1h38mn VOSTF - avec Antonia Zegers, Alfredo Castro, Marcelo Alonso, Amparo Noguera, Jaime Vadell...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SANTIAGO 73 POST MORTEMLes films historiques ne sont jamais aussi forts que quand ils interrogent la Grande Histoire par le petit bout de la lorgnette, par le destin de citoyens lambda et anonymes qui subissent les faits et deviennent ou pas des héros (ou des anti-héros). Car les grands conflits, les révolutions et autres événements qui bouleversent le monde ne sont que l’addition des interactions entre les actes héroïques de quelques uns et l'inaction voire la lâcheté du plus grand nombre.
Nous sommes en septembre 1973 au Chili, et face à une crise économique majeure, l’agitation contre le gouvernement socialiste d’Allende, élu en 1970, s'intensifie, animée par des classes moyennes et des syndicats instrumentalisés, activement soutenue par les Etats Unis. A l’opposé, des contre manifestations menées par les forces de gauche tentent de protéger le pouvoir contre un coup d’Etat militaire imminent.

Mais Mario, quinquagénaire plus qu’ordinaire, est loin de tout ça… Son petit univers étrange est l’unité de médecine légale où il est greffier, et où il enregistre scrupuleusement les conclusions des médecins : il voit ainsi défiler toutes les turpitudes de la vie des autres qui ont conduit les corps de ces malheureux sur la table en alu de la morgue… En dehors du boulot, sa vie est désespérément morne : il se fait une omelette en célibataire, il va de temps en temps au cinéma, conduit sans but sa jolie petite Fiat 600 rouge. La seule chose qui pourrait réveiller sa vie, c’est sa voisine, Nancy, une danseuse de cabaret exubérante mais qui ne parvient pas à garder son travail à cause de sa maigreur (mais justement, Mario aime sa maigreur) et de son mauvais caractère envers ses salauds d’employeurs. Un peu minable, il la scrute dans ses allers et venues, puis finit par prendre son courage à deux mains pour lui offrir des fleurs dans sa loge à l’issue de son spectacle, la console alors qu’elle est virée, la raccompagne. Mais quand un bellâtre aux cheveux longs surgit d’une manif et lui enlève sans façons la belle, il ne résiste même pas. Tant qu’à être minable, autant l’être jusqu’au bout.
Les événements qui vont changer définitivement l’histoire du Chili auraient pu se passer sans lui. Mais le bellâtre et la famille de la belle sont communistes et quand Mario est réveillé par des bruits et des cris qui viennent de chez sa voisine, il se garde bien de venir à son secours… Il se précipite une fois les militaires partis pour constater la disparition de la belle, et non par conviction politique mais par obsession amoureuse, retrouver la victime de l’oppression devient son but.
Parallèlement le boulot devient plus intense au fur et à mesure que le nombre d’admissions à la morgue augmente de manière exponentielle, par camions militaires chargés de cadavres, avec ce moment incroyable qui fait basculer Mario dans la Grande Histoire quand il assiste à une autopsie littéralement extra-ordinaire et qu'on vous laisse le choc de découvrir… Avec ces changements, Mario, invisible par sa soumission zélée, va acquérir du pouvoir au milieu du chaos, sur ses collègues et sur celle qu’il dit aimer.

Pablo Larrain, cinéaste clinique qui avait admirablement décrit dans Tony Manero le parcours dingo d’un danseur de disco psycho-killer, va toujours aussi loin dans les tréfonds sombres de l’âme humaine… Le coup d’Etat de Pinochet n’aurait sûrement pas pu avoir lieu sans la complicité largement répandue de tous les Mario…