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Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
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C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



CARANCHO

Pablo TRAPERO - Argentine 2010 1h50mn VOSTF - avec Ricardo Darin, Martina Gusman, Carlos Weber, Jose Luis Arias, Loren Acuña... Scénario d'Alejandro Fadel, Martin Mauregui, Santiago Mitre et Pablo Trapero.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CARANCHOVoilà un pays pourtant moderne et très occidentalisé qui filerait de sacrés frissons tout autant à nos tenants de la sécurité routière qu’à ceux, syndicalistes ou professionnels de santé, qui tentent de défendre notre modèle de sécurité sociale.
Carancho est basé sur un constat qui fait froid dans le dos : en Argentine, chaque année, on dénombre plus de 8000 morts et plus de 120 000 blessés dans des accidents de la route. La dernière décennie a laissé 100 000 morts. Les millions de pesos dont ont besoin les victimes et leurs familles pour affronter les frais médicaux et légaux, très mal remboursés, induisent un énorme marché, soutenu par les indemnisations des assurances et la fragilité de la loi. Le malheur des uns fait la richesse des autres, du moins leur assure un moyen de gagner leur vie… À partir de cette situation tragique vécue comme une sorte de fatalité, Pablo Trapero construit un film noir d’une intensité rare, qui commence par aligner les faits, les éléments quasi-documentaires pour monter crescendo et virer au thriller implacable, qui culmine en un final haletant.

Un « carancho », c’est un rapace, un charognard. Un bel oiseau beaucoup plus gracieux que son cousin vautour et qui pourtant se nourrit, le long des immenses routes de la pampa, des nombreux animaux renversés par les voitures. Charognard, Sosa en est un. Avocat véreux, en rupture de barreau, il s’est spécialisé dans la « défense » des victimes d’accidents de la route, espérant bien se « sucrer » sur les indemnités qu’il parviendra à arracher… Il court les hôpitaux, il hante les services d’urgence, il poursuit les ambulanciers et les policiers à la recherche de nouveaux clients. Pour l’heure, il travaille pour une soi-disant fondation d’aide aux victimes, qui est en réalité la façade humanitaire d’un cabinet juridique plus que trouble. Sosa fouine, Sosa recrute des blessés ou des familles en état de faiblesse, Sosa manipule les témoins, les preuves, s’arrange avec la police, les juges, les assurances. Il va même, pour les clients les plus en mal d’argent, jusqu’à organiser leur propre accident si besoin. Sosa, c’est Ricardo Darin, le brun incandescent qui vous a fait craquer dans (entre autres) Dans ses yeux…
Lujan est une jeune médecin urgentiste, récemment arrivée à la ville, qui consacre son temps à secourir les accidentés, en établissement comme à l’extérieur. Seule dans Buenos Aires, s’abandonnant à un rythme de travail qui lui laisse à peine le temps de dormir, elle est en permanence à la limite de la rupture, border line. Lujan, c’est la magnifique Martina Gusman, déjà héroïne de Leonera, précédent film de Pablo Trapero. Un soir, Sosa et Lujan vont se rencontrer. Elle essaie de sauver la vie d’un homme, il essaie d’en faire son client. Leur histoire commence là, dans la rue, la nuit… Dieu lui-même ne sait pas où ni comment elle finira…

En Argentine, Trapero a réussi un double tour de force : réaliser un film d’action qui a conquis un large public tout en imposant au devant de la scène un problème social brûlant. À tel point que, suite au film, une loi « anti-carancho » est en préparation. Déjà, après Leonera, une loi avait été votée pour permettre à certaines mères incarcérées d’élever leur enfant hors de la prison grâce à un bracelet électronique. Comme quoi, parfois, le cinéma peut vraiment changer la vie.