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Le blog des profondeurs...
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Dans la peau de Spike Jonze
La sortie du très attendu Her approchant à grands pas, voici quelques vidéos pour vous replonger dans l’univers si particulier du trop rare Spike Jonze, dont c’est le quatrième film (et le premier qu’il ait entièrement écrit et réalisé). Her a déjà de nombreuses parodies, dont la p...

Festival Tripoteca 2014 (debriefing)
La première édition de Tripoteca fut un succès, promis on remet ça l’an prochain (et peut-être une session de rattrapage cet été, à suivre…), vous pouvez continuer le « voyage » avec ci-dessous quelques photos, une sélection parmi les courts-métrages projetés cette année, et l’...

Les Anonymes (enregistrement de la rencontre avec Pierre Schoeller)
Vendredi 10 janvier, après la projection exceptionnelle des Anonymes, nous recevions Pierre Schoeller, réalisateur du film. Pour ceux qui n’ont pas pu y assister, nous vous en proposons l’enregistrement. Pour l’écouter en podcast, entrez l’adresse suivante dans votre logiciel préféré... Lire Les...

Non mais AlloCiné, quoi !
Youpie ! On serrait un peu les fesses, tant les clameurs négatives montaient des rangs des professionnels du cinéma : pas assez de blockbusters et l’été avait été beaucoup trop sec. On ne le dira jamais assez, la pluie est l’amie des salles obscures et rien ne nous défrise autant qu’un été...

Meilleurs voeux transatlantiques !
Si 2013 est parti en quenelle, l’année 2014 commencera-t-elle en quenouille ? Ça dépend de nous car les élections européennes de mai vont peser lourd dans les négociations du traité commercial entre l’Union Européenne et les États-Unis (TAFTA/TTIP). On vous souhaite une bonne année 2014, ainsi q...

Lycée Bayard : la belle équipe
Quatrième année pour ce partenariat avec le lycée professionnel Bayard et quatrième travail formidable rendu par les élèves autour de la thématique : le monde ouvrier au xxe siècle en France. Trois films au programme : « A nous la liberté » de René Clair (1931), « Avec le s...

LA CASA MUDA

(THE SILENT HOUSE) Gustavo Hernandez - Uruguay 2010 1h25mn VOSTF - avec Florence Colucci, Abel Tripaldi, Gustavo Alonso... Scénario d'Oscar Estevez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA CASA MUDAOn oublie trop souvent à quel point il peut être bon d'avoir peur. Je ne vous parle pas ici de cette anxiété diffuse et quelque peu malsaine transmise chaque soir par les journaux télévisés, mais plutôt de cette terreur qui vous étreint dans le noir et vous fait vous agripper à votre siège, de cette panique qui agite votre corps de sursauts incontrôlés pour finalement vous arracher à son paroxysme un cri aussi irrépressible que libérateur et vous laisse, quand la lumière se rallume enfin, abasourdi sur votre siège, fatigué certes, mais apaisé, comme une douce délivrance après l'horreur… Et, autant vous l'annoncer franchement, cette maison silencieuse, c'est un condensé de peur pure, sans fioritures inutiles ni déluge d'hémoglobine superflu, rien que cette angoisse tenace et assez jubilatoire qui vous prend du début à la fin, avec en prime cette petite dose supplémentaire de malsain qui ne fait qu'accroître son intérêt, et cet état d'apaisement dans lequel on en sort…

L'histoire tient en quelques mots, et ne comptez pas sur nous pour vous en dire plus. Laura et son père Wilson ont été embauchés pour remettre en état une maison de campagne abandonnée, que son propriétaire souhaite vendre. Ils y débarquent donc, alors que le jour commence déjà à décliner, pour s'y installer quelques jours et la retaper au plus vite. Le propriétaire vient les accueillir, leur donner les clés et les dernières instructions, dont une inquiétante mise en garde qui signe pour nous le début du suspense : « quoiqu'il arrive, ne montez pas au premier étage »… Or, dès la nuit tombée, alors que la maison est plongée dans l'obscurité et que Wilson et sa fille n'ont qu'une lanterne pour s'éclairer, Laura entend des bruits de plus en plus forts en provenance de cet étage interdit. Inquiet de la nervosité de sa fille, et déterminé à lui prouver que tout va bien, Wilson décide de monter au premier vérifier ce qu'il en est, laissant Laura seule à l'attendre en bas…

À partir de cette trame simple et a priori éculée, le jeune réalisateur Uruguayen Gustavo Hernandez, armé d'un appareil photo numérique en guise de caméra (Quentin Dupieux a utilisé le même pour Rubber), construit un film au suspense d'une rare efficacité, qu'il se permet en plus d'agrémenter de l'exploit technique de ne l'avoir tourné qu'en un seul plan-séquence. Tout en suggestion, sans jamais avoir à basculer dans le gore ou le slasher, La casa muda, inspiré d'évènements réels, s'attache plutôt à entretenir l'angoisse tout au long du film, n'hésitant pas à piocher et à jouer des références du genre. Le résultat est un film à la fois novateur et ultra-référencé, aussi réaliste que remarquablement stylisé et chorégraphié, et, surtout, terriblement flippant.