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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



MEDIANERAS

Écrit et réalisé par Gustavo TARETTO - Argentine 2010 1h35mn VOSTF - avec Pilar Lopez de Ayala, Javier Drolas, Inés Efron, Rafaele Ferro, Carla Peterson... Prix du Public, Rencontres Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse 2011.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MEDIANERASOn peut aujourd’hui compter ses amis et s’en vanter. On peut discuter sans parler, on peut draguer sans se voir. On peut rêver, s’évader et s’enfuir sans bouger de sa chaise ; on peut amener à soi du beau, de l'horrible, du drôle, du violent, du sexy, de l’absurde, du vrai, du faux, bref, le monde tout entier rien que pour soi, comme s’il pouvait tenir au milieu de son salon. On a des téléphones qui sont plus intelligents que nous et des débits toujours plus hauts mais nos rêves ont rétréci pour rentrer dans un écran 17 pouces.
Martin et Mariana sont deux de ces spécimens de trentenaires qui ont grandi en même temps que la technologie et ont pu suivre la naissance, puis le développement fulgurant de la bulle internet. En bon citadins occidentaux, ils se sont connectés et ont branché leur existence sur l’écran, la souris, le clavier. Mais paradoxalement, Martin et Mariana, chacun à sa façon, sont des endommagés du lien social. Quelque chose dans leur rapport aux autres a bugué, un programme s’est mal enclenché, un virus s’est incrusté… Agoraphobie, claustrophobie, hypocondrie, confusion mentale… : à tous les deux, ils forment un joli tableau clinique regroupant un paquet de névroses plus ou moins solubles dans les petites pilules, sur le divan d’un psy, ou plus simplement au bout du mégot.

Martin et Marina habitent Buenos Aires, parmi quelques trois millions d'autres humains. Ils ne se connaissent pas encore mais vivent dans le même quartier, fréquentent les mêmes endroits, se loupent à chaque coin de rue. Ils se sont sans doute déjà frôlés, peut-être même observés, sans le savoir.
Martin et Mariana vont se trouver, on le sait, c’est à la fois le point de départ du film et son point d’arrivée. Ces deux héros sont comme les petits personnages de ce livre vendu dans le monde entier où il faut retrouver le garçon au pull marin rayé rouge et blanc (en France il s'appelle Charlie, en Argentine Wally) au milieu de la foule, entre les voitures, le camion-poubelle, la mamie qui promène son chien, la poussette, le vélo. L’important n’est pas de trouver, mais de chercher et de voir les trajets, les fausses-pistes, les erreurs d’aiguillage qu’il nous faudra emprunter pour arriver au but, le type au pull rayé.
Pour finir par se trouver, Mariana et Martin devront se coltiner quelques rencontres ratées, attrapées dans les filets de leur réalité ou dans ceux, virtuels, de la toile : un amoureux transi rêvant d’un dîner en tête-en tête, une promeneuse de chiens auteure de pièces de théâtre expérimentales, une polyglotte super canon sur la photo mais très fatigante en vrai…
Entre eux deux, la ville, immense, trop immense, bétonnée, câblée, quadrillée, placardée… Une mégalopole qui se raconte sur les murs de ses buildings et laisse entrevoir, à qui veut bien ouvrir les yeux, les fissures où l'humain glisse une main, mais aussi les petits bonheurs fugaces et les éclats discrets de poésie volés au béton.

C’est frais, romantique sans niaiserie très joliment filmé et raconté par une voix off malicieuse… Ça donne envie de délaisser le clavier, la souris, l’écran pour aller cueillir l’essentiel : le gars ou la fille au pull marin rayé rouge et blanc.
« Medianeras », ce sont les murs mitoyens, ceux qui ne servent à rien. L'avant et l'arrière d'un bâtiment sont souvent décorés, s'ornent de fenêtres, de balcons, de portes, mais les parois latérales ne sont que des espaces morts, de grandes surfaces tout naturellement utilisées comme espaces publicitaires, indiquant un supermarché à 50 mètres à gauche ou vantant le nouveau produit branché dont on ne saurait se passer…