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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Donoma remporte le prestigieux prix Louis Delluc du premier film ! Plus qu'une séance pour le voir en salles à Toulouse : mardi 21h45 !
Le Havre, en salles mercredi à Toulouse et Tournefeuille, remporte le prix Louis Delluc du meilleur film !

DONOMA (le jour est là)

Un film conçu par Djinn CARRENARD et interprété par Emilia Derou-Bernal, Vincente Perez, Salomé Blechmans, Matthieu Longatte, Laura Kpegli, Sékouba Doucouré, Lætitia Lopez, Djinn Carrenard, Marine Judeaux... - France 2011 2h13mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DONOMA (le jour est là)C’est l’histoire free-style de la relation conflictuelle entre une prof d’espagnol en LEP et un cancre blessé, qui croise la rencontre muette d’une photographe triste et d’un inconnu, qui s’insinue dans l’expérience mystique qu’une jeune fille pas du tout croyante tente de partager avec un fidèle – mais ce n’est pas sans lien avec le lycéen et la prof… Ils s’appellent Analia et Dacio, Dacio et Salma, Salma et Dama, Dama et Chris, Raïné et Salma. Ils sont jeunes, de tous les milieux, aux prises avec des problèmes d’adultes, en quête d’aide, de contact, de réponses… Il y a beaucoup d’ombres, beaucoup de nuits dans ces questions, mais Donoma nous le dit en langage sioux : le jour est là.

Des films tournés à l’arraché, avec deux euros en poche, une passion dévorante et vingt mètres de pellicule dans le magasin de la caméra, on en a vu défiler quelques uns. Pas tous ratés. Rarement suffisamment « géniaux » pour même trouver le chemin des vrais cinémas aux beaux jours. C’est vous dire que ce Donoma, avec son drôle de titre et sa longue durée, on y allait on ne peut plus prudemment. De fait, 2h15 plus tard, au contact revigorant d’Analia, Dacio, Dama, Chris, Raïné et Salma, après avoir accompagné leurs trajectoires à la fois étroitement enchevêtrées et incroyablement fluides et claires, notre scepticisme avait volé en éclat.

Pas que Donoma se veuille d’une violente originalité : des histoires simples d’amour, d’attirance, de doute, d’expérience, de désir, d’incompréhension – et trois beaux portraits de femmes autour desquelles se nouent trois intrigues qui vont les faire se croiser, s’entrapercevoir, si loin, si proches… Un pur « film choral », mais la différence essentiel, c’est qu’il fut choral dès la conception et le tournage : chacun a été tout à la fois acteur, co-producteur, assistant caméra, costumier, maquilleur, co-auteur du film. Difficile de ne pas ressentir la tension à fleur de peau, de déterminer la part d’écriture et la part d’improvisation des comédiens. Embarqués dans la « production-guérilla », sans fric, sans piston, hors de tout circuit, en liberté totale, ils se sont collectivement laissés aller à donner, comme rarement au cinéma. Et en retour le film leur rend justice : à des années-lumière de toute caricature, chaque rencontre, chaque situation est filmée avec une attention soutenue, avec respect. Et surtout, comme dans la vie, ne donne lieu à aucune conclusion, aucun jugement.
Tourné en un rien de temps avec trois bout de ficelle, pas mal d’ingéniosité, un culot infernal et surtout beaucoup d’idées, Donoma, le jour qui se lève pour les enfants grandis trop vite dont il raconte les destins douloureux, est aussi l’aube d’un cinéma français, vif, frais, et surtout bourré de talent.

Abdelatif Kechiche : « Donoma est un film magnifique, intelligent et sensible. Il a quelque chose de très libre et de très maîtrisé. Le scénario est complètement fou, en même temps qu’orchestré avec maestria. Il ose aborder des problématiques intérieures, difficiles au cinéma. Il y a une grande aisance et beaucoup de finesse dans la mise en scène. Avec des acteurs, tous exceptionnels ! C’est une chose tellement rare au cinéma, des acteurs aussi bons ensemble. Aussi généreux, et qui ressentent un grand bonheur d’être là. C’est vraiment une oeuvre à part qui laisse présager une nouvelle ère pour le cinéma français.
« Lorsque j’ai vu le film, je venais de monter ma propre structure de production, et je me disais, justement, que j’allais chercher de jeunes réalisateurs pour les aider à monter leur film. Et je me suis rendu compte en fait, que Djinn Carrénard n’avait pas besoin de moi. Ni d’aucun producteur, d’ailleurs. Et en ce sens, c’est une véritable révolution. Donoma est un film fait sans producteur. Un film d’artiste pur. »