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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



EL CHINO

Écrit et réalisé par Sebastian BORENSZTEIN - Argentine 2010 1h40mn VOSTF - avec Ricardo Darin, Muriel Santa Ana, Ignacio Huang... Prix du public, Festival international de Rome 2011.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EL CHINOQue ça fait du bien de rire ! Hoy, Roberto ! Un regard enjôleur se cache sous son masque de grincheux permanent ! Bon, certes, c’est pas flagrant pour tout le monde. Le postier qui lui porte son courrier tous les jours sait qu’il y a des questions à éviter et s’aventure rarement en zone interdite, comprenant bien qu’il aura tôt fait de se faire rabrouer. Il n’y a bien que Mari, sa belle sœur, tout droit sortie de sa campagne, pour oser imaginer sous l’anthropophobie de Roberto un grand élan d’humanité et de générosité. À se demander si elle n’est pas un peu siphonnée, celle-là, à force de vivre loin de tout : une vie de solitude entre vaches, chiens et brins d’herbe. À croire qu’elle en fume, malgré ses airs si sages ! Mais non, c’est juste que son cœur a ses raisons que la raison ne saurait voir. De manière intuitive, elle attend patiemment le moment où se faufiler dans l’antre de cet ours bourru.

Faut dire que l’ours en question ne laisse pas beaucoup de portes d’entrée et qu’il n’y a aucune part laissée au hasard dans sa vie bien huilée. On a peine à imaginer la bouillonnante Buenos Aires sous le ronron de sa pimpante quincaillerie venue d’un autre temps, et qui semble avoir traversé les âges sans une once de poussière. Faut dire aussi que notre quincaillier est d’une méticulosité exaspérante et cocasse : à compter, recompter le moindre boulon, ce qui lui donne un excellent prétexte pour râler contre ses fournisseurs dès qu’il manque une vis dans une boîte de mille annoncées ! Une vie réglée à la seconde, comme le tic tac de son vieux réveil. Rassurante, sans mauvaise surprise, avec pour seule fantaisie le vrai plaisir de compléter sa collection au fil des jours et des articles de presse.
Et quelle collection ! Roberto est un découpeur en série de faits divers sordides, d’amours brisées en plein vol par des morts ridicules. Il en jubile, en rêve, se met en scène à la place des victimes. C’est comme un pied de nez à la camarde, à ses propres peurs qui semblent partir en éclats durant quelques instants de rire enfin libéré, débridé. À propos de « bridé », voilà qu’un jour, aussi mauvais que mon jeu de mots, un Chinois tombe sur sa vie comme une tuile. Une grosse tuile même, avec laquelle il est impossible de s’entendre. Barrière des langues, chocs des cultures et des tempéraments. Un chinois ne parlant pas un mot d’espagnol, expulsé de sa Chine natale par un de ces faits divers que Roberto affectionne : une vie brisée par un lancer de vache. Mais ça, Roberto ne le comprendra que bien plus tard. Pour l’instant son urgence, c’est de se débarrasser de l’indésirable, du grain de riz qui fait dérailler sa routine.
Mais n’est pas misanthrope qui veut. Il a beau s’attacher à être cynique, avoir toutes les raisons de détester l’intrus, Roberto n’arrive pas à abandonner notre Chinois aussi facilement. Il va devoir se le fader un temps, lui, ses jérémiades, son nez qui coule comme celui d’un morveux de 8 ans (alors qu’il en a 25 !). Adieu les petits repas tranquilles en solitaire, adieu la routine confortable. Et l’autre dinde de Mari qui continue de faire le pied de grue devant son cœur et sa boutique, comme s’il avait quelque chose à lui offrir ! Ah ! J’vous jure !

On peut aborder cette comédie hilarante, douce-amère par bien des bouts, elle recèle sous ses rires plus de finesse qu’on ne croit. Et quand Roberto refuse le cadeau qu’on lui fait d’un paquet de forets « anglais », c’est bel et bien que ces derniers ont laissés de vilaines traces dans sa vie, comme la guerre des Malouines.

À voir aussi en Vidéo en Poche, quatre films présentés dans les éditions précédentes des Rencontres Cine Latino : LA NANA, de Sébastian Silva (réalisateur des Vieux Chats présenté cette année durant les rencontres) ; LES TOILETTES DU PAPE (également programmé à Tournefeuille du 23 au 27 mars) ; MUNDO GRUA, prix de la critique à Venise en 2000, premier film bouleversant de Pablo Trapero, un habitué des Rencontres ; FAUSTA la teta asustada, Ours d’Or à Berlin en 2009. Plus d’infos sur les films sur www.videoenpoche.info. Venez au ciné avec votre clé USB et repartez avec les trois films pour 15€ et sans DRM ! (ou 5€ chacun).