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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LA VIDA ÚTIL

Federico VEIROJ - Uruguay 2011 1h07mn VOSTF - avec Jorge Jellinek, Manuel Martinez Carril, Paola Venditto... Scénario de Federico Veiroj, Gonzalo Delgado et Arauco Hernandez Holz. Prix du jury international, Festival de La Roche sur Yon - Meilleur film, Festival de La Havane.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA VIDA ÚTILOn le comprend et on l'aime tout de suite, Jorge, le héros débonnaire de cet épatant petit film uruguayen. Et pour cause : c'est un monomaniaque du cinéma, une passion qui le prive quasiment de la lumière du jour, qui lui fait chercher des réponses à ses questions existentielles dans un vieux Lubitsch ou dans un plan fixe de Manuel De Oliveira, qui le fait frémir au moindre bruit métallique inhabituel dans les rouages d'un vieux projecteur mourant. Une passion qui le conduit à présenter inlassablement, semaine après semaine, des projections devant un public qui connaît par coeur ses introductions répétées maintes fois comme les répliques de vieux acteurs de boulevard.

Pour Jorge, c'est pas la joie : la Cinémathèque de Montevideo, qu'il s'évertue à programmer et animer (c'est un grand mot) sous la direction de Martinez, redoutable théoricien du 7ème art, est plongée depuis bien longtemps dans la morosité. Déjà l’architecture des lieux n’incite pas à la franche rigolade, le bâtiment ressemblant plus à un délire stalinien pour amateurs mortifères qu'à une salle de cinéma conviviale. Et puis tout va à vau-l’eau : les projecteurs hors d'âge tremblotent de partout, leurs fenêtres et leurs objectifs sont usés, leurs lampes faiblardes. Quant aux finances, déjà au plus mal, elles deviennent carrément catastrophiques quand la fondation qui les soutenait depuis toujours, désireuse comme tout le monde de rentabilité, retire ses billes. Et ce n’est pas le public clairsemé qui va remonter le moral de Jorge, pas plus que les quelques réalisateurs qui viennent plus par fidélité obligée que par conviction dans l’importance du rôle de la Cinémathèque… Un rayon de soleil pourrait être apporté par Paola, cette professeure qui vient toujours seule aux séances… mais Jorge n'arrive même pas à l'inviter à prendre un café…

Cette étonnante comédie mélancolique développe, avec un humour à la Droopy terriblement incisif, le portrait d’un monde qui disparaît et de ses héros dont tout le monde se fout. Un monde qui croyait en l’universalité du cinéma, convaincu qu'il pouvait aider à mieux comprendre les choses, sinon à les changer. Et on ne peut que ressentir une profonde tendresse pour ces hommes entre deux âges qui sont devenus accro à leur vie de rats de cinémathèque, dont on se dit qu'ils ne pourraient s'en sortir qu'en suivant des cures de désintoxication, en participant à des réunions des cinéphiles anonymes… Ces scènes d’émissions de radio totalement absconses, de débats ratés avec des réalisateurs, ça nous fait rire et ça nous angoisse un peu, en nous renvoyant parfois à nos propres foirages.
Heureusement le film s’échappe de son univers claustrophobe dans la deuxième partie, Jorge le vieux garçon s’adonnant, une fois licencié, aux plaisirs insolents de la vraie vie, notamment dans cette scène hilarante où il se substitue par malice à un prof de philo absent pour faire à des étudiants un éloge du mensonge, repris d'un monologue magnifique de Mark Twain. Il connaît bien la question, Jorge, le cinéma étant le premier des arts du mensonge !
La mise en scène est classieuse et intrigante, avec son cadre presque carré (magnifique standard) et son noir et blanc indémodable, avec aussi quelques clins d’œil cinéphiles comme cette superbe échappée dans la ville qui rappelle L’Aurore de Murnau.

À voir aussi en Vidéo en Poche, quatre films présentés dans les éditions précédentes des Rencontres Cine Latino : LA NANA, de Sébastian Silva (réalisateur des Vieux Chats présenté cette année durant les rencontres) ; LES TOILETTES DU PAPE (également programmé à Tournefeuille du 23 au 27 mars) ; MUNDO GRUA, prix de la critique à Venise en 2000, premier film bouleversant de Pablo Trapero, un habitué des Rencontres ; FAUSTA la teta asustada, Ours d’Or à Berlin en 2009. Plus d’infos sur les films sur www.videoenpoche.info. Venez au ciné avec votre clé USB et repartez avec les trois films pour 15€ et sans DRM ! (ou 5€ chacun).