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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



WEEK-END

Écrit et réalisé par Andrew HAIGH - GB 2011 1h36mn VOSTF - avec Tom Cullen, Chris New, Jonathan Race, Laura Freeman...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

WEEK-END« La première fois que tu couches avec un inconnu, tu deviens un genre de toile blanche sur laquelle tu peux projeter une image idéale de toi… » dit Glen, amateur d'histoires d'amour éphémères, libre comme le vent. Les recommencements lui plaisent, sans pour autant que ces amours-là soient sans importance, et le film dit avec sensualité et finesse la fulgurante évolution des sentiments le temps d'une brève rencontre : ça commence par un coup de désir, mais si les corps fusionnent, les esprits et les mots font le reste… Il apparaît alors que la notion d'âme sœur n'est pas un concept abstrait quel que soit le genre, quel que soit le sexe et quel que soit le temps dont on dispose.

Ce vendredi soir-là, Russel se sent un peu décalé au milieu de ses amis : pas vraiment envie de rentrer chez lui. Il traîne jusqu'à la fin de la soirée dans un club gay et, juste avant la fermeture, il rencontre Glen, l'invite chez lui. Aventure d'une nuit pense-t-il… Mais au petit matin, Glen n'est pas parti. Il est resté là. Les corps sont à la fête, mais très vite les mots s'imposent dans leurs jeux, autant que les caresses, participant du processus de rapprochement, les attachant l'un à l'autre plus sûrement que n'importe quelle longue vie d'habitudes. Ils étaient deux inconnus et se retrouvent intimes. Intensément intimes. Chacun sensible aux sentiments, aux émotions, aux histoires de l'autre, et chaque instant de plus resserre encore un lien qui, Russel en a très vite la certitude, le marquera pour la vie.

Pour raconter une telle histoire, pour qu'elle apparaisse autant unique qu'universelle, il fallait un doigté, une finesse, un talent particulier. Rien de spectaculaire dans la façon de faire d'Andrew Haigh, ni trémolos ni violons, juste une sensibilité à fleur de personnage, relayée par deux acteurs vibrants, immergés dans une histoire qui leur ressemble, où les mots ont un rôle essentiel. Il est probable que le fait d'avoir tourné le film dans sa chronologie, et sur une petite quinzaine de jours, a densifié la relation : rien n'est en trop et rien ne manque de tout ce qui construit une histoire d'amour forte.
Il n'est pas si facile de parler d'amour, d'en faire sentir les fêlures et les craintes aussi bien que les fulgurances. Cette rencontre est bien au-delà de l'anecdote et fonctionne comme un révélateur de l'âme humaine, au-delà de la pudeur, au-delà de la crainte de ne pas se montrer sous son meilleur angle… L'espace de deux jours, Glen et Russel sont devenus proches jusqu'à ne plus avoir besoin de projeter une « image idéale de soi » et accepter enfin de n'être que soi-même en toute impudeur.

Le film a été tourné sur les lieux mêmes du magnifique film de Karel Reisz Samedi soir, dimanche matin, grand classique du « free cinema » anglais des années soixante, et ce n'est pas un hasard, il y a dans le filigrane de Week-end comme une parenté, un climat qui est plus qu'une forme d'hommage à son prédécesseur. Week-end a récolté plein de prix dans les festivals du monde entier : coup de cœur à Dinar, Grand Prix du Jury et Meilleur acteur à Nashville, Grand Prix à Los Angeles, Meilleur premier film à Londres… Récompenses méritées, le film vaut vraiment le coup d'oeil !